
En 1990, Infomédia ne vous vend pas le rêve d’être une vedette. Il vous installe de l’autre côté du décor, derrière le bureau de celui qui règle les factures. Dans Rock Star transforme le show-business en jeu de stratégie, puis ajoute des dialogues, des contrats, un studio, des clips, des classements, des concerts et même les petites combines qui font grimper un disque.
Mais avant de remplir un stade, il faut trouver un chanteur prometteur, signer un contrat, convaincre des musiciens, emprunter de l’argent à un banquier qui n’a rien d’un mécène, amadouer la presse et garder assez de liquide pour payer la tournée.
Créé par Jean-Marc Grignon, professeur des écoles passionné d’informatique et de musique, Rock Star n’est pas l’œuvre d’un débutant. Avant d’imaginer cette simulation économique consacrée au monde du show-business, il a déjà signé les graphismes de Ripoux et composé les musiques d’Explora I et II. Avec Rock Star, il pousse cette double passion un peu plus loin et donne naissance à un jeu assez unique, que l’on pourrait presque qualifier de premier « soft-opéra ».
Alors, si l’univers de la Star Academy ou de Popstars vous attire, si vous vous sentez prêt à dénicher de futurs artistes, les produire en studio, financer leurs tournées et transformer quelques inconnus en vedettes, il est temps d’enfiler le costume de producteur. Et si, en plus, vous êtes Rock, alors Rock Star est fait pour vous.
Votre vieil oncle Jones, figure installée du show-business, décide de prendre sa retraite et vous confie sa maison de production. L’héritage ressemble moins à une fortune bienvenue qu’au début d’une jolie galère comptable : 10 000 francs, quelques titres en attente et un carnet d’adresses qui ne paye pas de mine. Ce dernier vaut heureusement plus cher que le mobilier qu’il vous a légué. Il contient les coordonnées de chanteurs, musiciens, techniciens, journalistes, animateurs, financiers et autres créatures nocturnes dont dépend une carrière. À vous de transformer ce réseau en succès, puis un succès en tournée internationale, sans découvrir trop tard qu’un disque d’or ne rembourse pas un chèque sans provision.
Avec le succès d'Explora et Explora II, Infomédia cherche de nouvelles idées. Ainsi sera mis en chantier un jeu de gestion de conception de voitures "Cars" par Laurent Ramon qui ne vit jamais le jour malgré une version bêta et "Rockstar - I wanna be a..." un jeu de gestion de carrières musicales par Jean-Marc Grignon connu pour avoir travaillé sur les graphismes de Ripoux pour Cobrasoft, pour avoir fait la cover de la boite d'Explora et aussi la musique d intro.
Concernant la création de Rockstar, Jean-Marc Grignon nous explique l'origine du projet :
Au début de l'été 1988, devant le succès d'Explora je me permettais de proposer aux boss un projet de jeu tournant autour du monde du Rock et associant musiques , simulation économique et dialogues "psychologiques".
avec l'idée d'offrir au client une cassette des musiques (voire un CD pour la promo).
A la fin de l'été une ébauche de scénario était prête cumulant:
- une phase de choix et d'entrainement des artistes (genre "Star academy" avec 14 ans d'avance mais sans TV!)
- une progression de carrière pour l'artiste de la région vers l'international (avec pub, sponsors et autres promotions)
- une phase de "performance" "on stage" en évitant les aléas d'un concert mouvementé (partie arcade)
- des dialogues pour convaincre tout le petit monde du show-biz (qui pouvait générer une côte en or)
- etc...Projet ambitieux donc...qui devait durer quelques semaines et tenir sur 2 disquettes et qui dura plus d'un an et demi et prit 4 disquettes! Les distributeurs du produit demandant toujours plus de possibilités (par exemple: à l'origine le jeu devait se jouer contre l'ordinateur mais ils demandèrent qu'on puisse se mesurer entre copains) et le scénario s'étoffant au fur et à mesure , le va-et-vient était permanent entre les programmeurs (talentueux mais surmenés) J-Marc Cazalé sur Amiga et Laurent Ramon sur ST. En parallèle je créais 8 ou 9 chansons(assez variées pour choisir son style et assez courtes pour ne pas rendre la phase arcade ennuyeuse) d'abord enregistrées sur 8 pistes puis retranscrites sur Amiga puis ST.
Jean-Marc Grignon, créateur de Rockstar
Ah ce vieil oncle Jones, qu'à t-il bien pu cacher sur son bureau ? Une chose est sûre son petit carnet d'adresse vous sera bien utile. Commencez donc par passer quelques coups de fils pour vous faire connaître comme le successeur de ce cher oncle, profitez en pour connaître le milieu et les goûts de chacun (4), l'oncle n'a pas été avare : interprètes, musiciens, ingénieurs du son, banquier... tiens il y a même une call-girl pour faciliter les signatures difficiles. Enchaîner donc par une audition (3) afin de trouver le meilleur interprète. Une fois trouvé votre bête de scène et le contrat signé avec une part max pour vous bien sûr, direction les studios (2) pas très luxueux au départ. Mais entouré de bons musiciens et d'un excellent ingénieur du son, votre titre risque de cartonner dans la presse et les charts. Ensuite rien de tel qu'un bon concert remplit de groupies (1) pour doper les ventes d'un single. Sachez que chaque personnage a ses humeurs, ses rancunes , ses jalousies, ses états d'âmes, etc ..... il vous faudra donc faire preuve de tacts et de psychologie.
Moins connu que la série Explora du même éditeur, "Rock Star" a été conçu presque entièrement par Jean-Marc Grignon. Il aura fallu 2 ans pour le peaufiner et à le finaliser. Le jeu rencontra un certain succès surtout sur Amiga (beaucoup moins sur Atari ST), mais moins que ce qu'Infomédia en attendait peut être. Le scénario est original mais le jeu est assez complexe et le manuel ne vous aide pratiquement pas, par exemple lors d'un concert il est très difficile de manipuler tous les paramètres de la table de mixage et souvent la fin de votre carrière est au bout mais rappelez-vous que nous sommes en 1990!
Les personnages rencontrés ont réellement une attitude et une personnalité qui leur est propre allant de l'alcoolique non repenti au dépressif chronique en passant par la journaliste croqueuse d'homme. Bref il vous faudra peut-être vous y prendre à plusieurs fois avant de trouver le moyen d' amadouer un personnage. Pour ce qui concerne les critiques ou la popularité de votre dernier bébé (donc les ventes de vos productions) sachez que la qualité de votre enregistrement dépendra de plusieurs paramétres : musiciens (évidemment), ingénieur du son, interprète.... mais aussi une rencontre fortuite avec un journaliste du milieu pourra influencer les critiques en votre faveur.
Il vous faudra enchaîner concert sur concert pour faire connaître votre titre car plus les semaines passent, plus le titre risque de baisser dans les ventes. Côté réalisation l'enchaînement des actions est assez complexe comme indiqué ci-dessus à cause de manque d'explication claire du manuel. Certains graphismes à base de digitalisations ont assez mal vieilli sans compter qu'ils sont mélangés avec d'autres graphismes non digitalisés (cf table de mixage ci-dessus). Ils ont été conçu pour être converti facilement sur Atari ST donc en 16 couleurs, néanmoins cela reste très correct. La phase des concert est certainement la plus difficile car elle nécessite beaucoup de réflexe. Vous devrez gérer en même temps : L'éclairage, la sono, la sécurité et le cadrage vidéo bref ce n'est vraiment pas du gâteau. Il vous faudra donc pas mal d'essai avant de mieux maîtriser cette phase. Perso sous Winuae je ralenti le jeu ce qui me permet d'anticiper les changements d'éclairage ou de sono. La presse est assez intransigeante , elle a bien sûr le pouvoir de faire chuter la vente de votre disque.
En exclusivité voici le clip introuvable créé pour la sortie du jeu, musique composée et interprêté par Jean-Marc Grignon himself
A noter qu'en 2002, TF1 multimedia a sorti Rock Manager un jeu sur PC qui rappelle fortement Rock Star par le principe.
En conclusion Rock Star reste un bon jeu pour l'époque même si sa prise en main reste assez difficile et le jeu renvoie un sentiment de non fini. J'ai particulièrement apprécié le panel très large de gestion, beaucoup moins le mélange de graphismes digitalisés, pas trop réussis et de dessins, le contraste entre les deux est trop fort. Aujourd'hui le jeu peut paraitre un peu dépassé mais l'idée reste très novatrice. Finalement on regrette qu'une suite plus aboutie, plus facile d'accès ne pu être mise en chantier.
Rock Star étant un jeu de stratégie donc non linéaire, les divers personnages peuvent réagir différemment selon vos actions par rapport à la solution proposée ci-dessous. Un conseil, faites attention aux chèques sans provision.
Cette version est identique à la version précèdente sur le plan graphique. Côté musique par contre, cette derniére est de moins bonne facture. Néanmoins quelques améliorations propres à cette version ont été incluses afin de ne pas pénaliser les 2 versions, rendez vous dans le manuel afin de les connaître.















