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B.A.T.

Amiga, Computer's Dream / Ubi Soft - 1989


B.A.T. Amiga

INFORMATIONS

Titre Alternatif :

BAT (Bureau Des Affaires Temporelles)

Genre :

Action/Aventure

Sortie :

1989

Editeur :

Ubi Soft

Développeur :

Computer's Dream

Langue :

Français

Autres Supports :

Amstrad CPC, Atari ST, DOS,

PEGI :

PEGI 7
CONCEPTION

Graphiste :

Olivier Cordoleani
TELECHARGEMENT
En cours de construction
REFERENCES MAGAZINES
Amiga Format Issue #18 [janvier 1991]
LES JEUX COMPUTER'S DREAM
RECOMMANDATIONS
[1992] B.A.T. II : The Koshan Conspiracy
[1997] Blade Runner
[1989] Final Command
[1989] Mean Streets
[1996] Pandora Directive
[1990] Rise of the Dragon, The
[1998] Tex Murphy Overseer
[1994] Under a Killing Moon
COMMENTAIRES

Avant gardiste est le premier terme qui me vient à l'esprit en me souvenant de B.A.T. Imaginez donc en 1989 un jeu d'aventure multi-fenêtrage combinant romans d'anticipations, films de sciences-fictions et qui se déroulent dans une mégapole inter-planètaire carrefour de civilisations. Ajoutez à tout cela une pincé de jeu de rôle et de simulateur, et vous avez un jeu qui restera graver à tout jamais dans la mémoire des joueurs, et en étant un peu chauvin, je dirais aussi réalisé par des français ^_^

Début de XXII ème siècle, la Terre, bouleversée par divers événements était au bord de l' agonie. La déstabilisation des pouvoirs, l' exploitation humaine, le rendement et surtout l' ingérence scientifique obligèrent les politiques à réagir et à freiner les trusts. Ainsi un gouvernement mondial fut formé : la CFG (ConFédération des Galaxies).Pour lutter contre ces mesures, "les milliardaires" décidèrent de quitter la Terre en emportant leurs mega-cités, une partie de la population et les meilleurs scientifiques vers d'autres voies lactées. Vous faites partie de l' organisation secrète B.A.T (Bureau des Affaires Temporelles), chargé de maintenir l'ordre et la justice dans toute la galaxie, c'est alors qu' un fou dangereux nommé Vrangor projette la destruction d'une planète, Selenia dont le sous-sol contient du dytroxyne et du licox, composants essentiels du carburant servant pour les voyages planétaires (appelé Kergol). Alors quand il n'y a plus aucun espoir, on appelle qui ?

Que l'attente fut longue avant de pouvoir avoir entre ces mains un exemplaire de ce jeu que j'avais découvert dans la presse spécialisée, les quelques images des preview me faisant saliver. Il faut dire que comme à l'accoutumé les éditeurs avaient tendance à vendre leur produit avant qu'il ne soit finalisé, certains même avant que la programmation ait commencé comme pour Iron Lord ou Sukiya
 
Et B.A.T ne déroge pas à la règle, car déjà en octobre 1988 on pouvait contempler les premières images de ce chef d'oeuvre c
réé par une toute jeune équipe Computer's Dream composée essentiellement de Philippe Derambure, Olivier Cordoleani (graphiste) et Hervé Lange (programmeur), ces 2 derniers ayant déjà travaillé ensemble sur Fer & Flamme sur Amstrad pour Ubi Soft, et une version Atari ST qui ne vit malheureusement jamais le jour justement car ils réfléchissaient déjà à ce qui devriendra le futur jeu B.A.T. Leur idée était de développer un jeu de rôle-aventure dans un univers futuriste complet et non linéaire de style cyberpunk. Simple à dire mais ce fut une autre paire de manche pour le réaliser, il a fallu tout d'abord se pencher sur le scénario et mettre en place toute l' histoire découlant jusqu'à la menace de Vrangor. Un scénario très bien ficelé, inspiré des romans dits d' anticipation comme celui de Philip K. Dick "Do Androids Dream of Electric Sheep ?" qui a donné le film Blade Runner. On y retrouve une certaine moralité humaine, la recherche du mal (incarné ici par Vrangor) et une certaine dégénérescence de la société (La violence de Terrapolis, la ville est plongé dans une pénombre constante). D'ailleurs le scénario est écrit comme un vrai préambule de roman et pour accentuer ce réalisme, un extrait des "Chronique Terriennes" vous dévoile comment l' exploitation humaine, le libéralisme économique et l' ingérence scientifique (la génétique...) ont conduit à la perte de tout pouvoir du gouvernement face aux Trusts industriels; Aussi par crainte d' une crise planétaire, il fut décider de créer des quotas et des lois de contrôles de ces Trusts, qui finirent par quitter le sol terrestre vers des horizons plus "libéraux" comme Selenia planète du système B-15, on se croierai presque un sujet d'actualité. Vous trouverez même un glossaire du monde de B.A.T, une mini-BD, des croquis sur le style vestimentaire du futur et un fac sur un extrait de journal sur l'explication sur la théorie du pont Einstein-Roben ou plus communément "le voyage inter-stellaire".    

Programmer le B.O.B c'est n'importe nawak

Le jeu commence par une phase de création des caractéristiques de votre personnage, phase bien connue des amateurs de RPG et qui est souvent négliger par le joueur mais pourtant indispensable pour avancer. Le choix de vos armes, vos capacités intellectuelles, la force de persuasion seront des atouts pour délier les langues face à cette population austère et assez peu bavarde. Ce qui impressionne au premier abord c'est la liberté de mouvement presque totale donnée au joueur. Vous êtes livré à vous même dans cette ville digne d'un Space-Opera.

Par contre j'ai été vite rebuté par la complexité et la difficulté du jeu. Complexe car tout d'abord on n'est pas habitué par une telle interface, le graphisme occupant la totalité de l'écran c'est le curseur qui change de forme pour indiquer une action possible dans le lieu actuel, au début vous vous retrouverez souvent dans un menu différent à celui désirer car il se peut qu' au moment où vous avez cliqué, le curseur ait changé de forme. Il vous faudra donc un petit temps d' adaptation.

J'avais aussi trouver le jeu difficile car à peine arriver sur Selenia, si vous restez trop longtemps en place, vous pouvez être la cible d'un robot tueur envoyé par l' ignoble Vrangor et mourir finalement assez vite. D'où une nécessité absolue de bien lire le manuel, de savoir manier l' interface (surtout pendant les combats, apprenez à fuir ou vous protégez très rapidement) ainsi qu' à utiliser judicieusement le B.O.B, un mini ordinateur implanté dans votre bras. Sa programmation devenant inévitable, la négliger mettrait votre vie en péril et rendrait votre tâche plus ardue voir impossible à finir. Toutes vos fonctions vitales, vos besoins y sont enregistrés : faim, soif, blessure, maladie, accélérer/décélérer votre rythme cardiaque lors de phase cruciale pour la suite du jeu comme charmer Lydia, combattre Merigo ou Vrangor. Cet objet anodin au premier abord vous rendra bien des services en cas de problème. Comme tout bon jeu d'aventure vous pourrez interpeller les passants et Terrapolis n'en manque pas. Le choix des questions étant assez limité "Vrangor", "Merigo" ou sur "La ville", les réponses le sont tout autant et reviendront sans cesse des "Je ne connais pas ce type" ou "Mêlez-vous de vos affaires", par contre il est fort dommage que le jour et l'heure ne soient pas une donnée affichée constamment, ce qui vous oblige à poser fréquemment cette question. 

Pour donner du plaisir c'est un coup à gauche, un coup à droite... au joystick. What did you expect ?

La touche artistique ne déroge pas à la règle des films auxquels le jeu s'inpire, atmosphère lourde de claustrophobie et d'angoisses parfaite harmonie des dessins de Moebius et de Metropolis de Fritz Lang, le tout dans un style très BD. Les graphismes furent créer originalement sur Atari ST avec Degas Elite, ils occupent la totalité de l'écran ST (320x200) mais pas sur Amiga (qui a par défaut du 320x256) avec une finesse rarement vu pour l'époque. Certaines images ont l'air issu de digitalisations par leur qualités mais heureusement sans leur défauts, de nombreuses petites animations viennent aussi égayer chaque écran : un extra-terrestre qui passe en bougeant sa tête, un insecte qui gigote, un robot qui va et vient donnant ainsi vie à tout ce petit monde de Terrapolis. La version ST sortit la première, suivie quelques mois plus tard de celle Amiga (faisant rendre jaloux les amigaiste) puis celle PC quasi semblable à cette dernière.

La version ST comportait une particularité de plus : la fameuse carte MV-16 améliorant les capacités sonores de la machine (cf explication ci-bas), faisant de B.A.T LE jeu le plus difficile à pirater, non seulement à cause du dongle particulier qui dérive le système sonore atariste, moyen quasi inviolable d'en faire une copie utilisable sans cette carte, mais surtout le manuel indispensable pour profiter pleinement du scénario et espérer s'en sortir vivant après quelques minutes de jeu. Je ne pourrai pas émettre d'avis sur la musique ST ne l'ayant pas entendu mais celle Amiga s'en sort donc plutôt bien, par contre les bruitages sont quasi-inexistants. On pourra noter quelques différences entre les versions ST/Amiga dû certainement au délai supplémentaires qu'a subit la version Amiga, ainsi l'éditeur de programmes du B.O.B est plus maniable sur cette dernière grâce à la visualisation en même temps de 4 mots clés et l'édition de 6 messages (contre 2 et 4 sur ST), je trouve aussi que le son Amiga est vraiment très bon hormis les bruitages trop discret à mon goût.   

Les souterrains de Selenia dans ce Dungeon Master like

Concernant le système non linéaire appelé par ses auteurs "dynorama", il est construit sur des actions de bases appelées noeuds reliés ensemble par des arcs, formant un "réseaux de neurones", censé représentait le cerveau humain et très connu en intelligence artificielle. Le chemin menant à un noeud n'est pas unique mais certaines actions sont nécessaires pour débloquer d'autres actions et ouvrir des chemins. Par exemple il vous sera impossible de vous procurez un pass d'accès technicien à un skunk dans le musée si vous n'avez pas parlé avant à une femme dans un bar vous menant à ce même individu. Et de surcroît la solution change à chaque partie, pas pour la trame générale mais pour quelques détails comme un numéro de téléphone, des coordonnées ou des rendez-vous que l'on vous fixe à des horaires précis.

Tel le jeu dans le jeu, B.A.T en comporte plus d'un car si l'aventure commence par une création de son personnage façon RPG, la majorité du jeu se déroule comme un jeu d' aventure classique en vue subjective mais pas seulement car différentes étapes vous emmèneront à danser sur un podium dans une phase d'arcade en cliquant sur les boutons de la souris pour donner du rythme, l' exploration des souterrains de Selenia façon Dungeon Master plus light que like et le survol de Selenia à bord du Drag arborant des graphismes mi 2D/3D.

Et oui B.A.T comporte aussi des phases en 3D, en 1989 c'est assez innovant

Personnellement je n' ai pas trouvé ces 2 phases indispensables et leur réalisation aurait pu être peaufiné, il est quasi-ment impossible par exemple de faire un plan des souterrains, quant à la phase à bord du Drag ca ressemble fortement à Captain Blood quand on se pose sur les planètes avec un peu de 3D pour les vaisseaux, le pilotage n'est vraiment pas évident et il faudra vous accrocher pour trouver Vrangor, le pilonner et entrez dans la station, sauvegarde émulateur recommandé.

Et c'est peut être là le défaut de B.A.T, par la multitude de jeux hétéroclites que l'on y trouve, certains aventuriers n'aimant pas trop les RPG ou d'autres détestant les phases arcades dans un jeu d'aventure. Il vous faudra donc savoir vaincre vos réticences et acquérir certains réflexes que vous pensiez être perdu à tout jamais, par exemple je ne compte pas le nombre de fois que j'ai dû réitérer la danse avec Lydia pour qu' elle puisse me suivre. Le principe d'agiter le manche à balai pour réussir une phase d'arcade étant certainement l'invention la plus frustable, inutile et destructrice (Paix pour toutes mes Speedking qui ont trépassé) que l'on ait inventé dans le monde ludique, à l'époque d'ailleurs il ne faisait déjà pas l'unanimité. Fort heureusement il ne s'agit que de 2-3 phases sur la totalité du jeu... oufff !!!
 
Tout comme Dungeon Master ou Maupiti Island mais dans d' autres catégories, il est difficile de ne pas se souvenir de B.A.T. Sa relative complexité et la programmation du B.O.B a pu en rebuter plus d'un dont je faisais aussi parti, il faut dire que le jeu s'adresse surtout un public plus mature qu'à l'accoutumé (voir scène torride dans le Night Club). B.A.T est un jeu avant-gardiste, plein de bonnes trouvailles avec une réalisation très soignée. Si vous l' avez connu mais êtes resté sur un échec alors aujourd' hui pourquoi ne pas laver cet affront, pour les nouveaux alors tout est maintenant plus simple avec le manuel en ligne et bien sûr, il faut bien le dire une certaine fierté, le guide qui vous mèneraà l'ultime combat contre Vrangor.

EN CONCLUSION

ON AIME...
+ L'ambiance
+ La liberté de mouvement et l' I.A
+ Les graphismes et la musique
ON AIME MOINS...
- La difficulté
- Les bruitages trop pauvres
- Les souterrains difficiles et pas très logiques
- Le simulateur 3D un peu gadget

B.A.T demeure encore de nos jours un jeu unique par son ambiance, son scénario et réussi le pari fou de mélanger les genres sans toutefois égaler les meilleurs jeux qu'il essaye de réunir. On pourra lui reprocher une prise en main trop longue et grande difficulté dans les souterrains de Selenia, la durée de vie n'en est que plus élevé et on a en pour son argent. Pour fini B.A.T a reçu maintes récompense et eut un énorme succès, qui engendra en 1992 une suite appelée B.A.T II - The Koshan Conpiracy toujours avec la même équipe. Un an plus tard, une superbe version PC CD-Rom vit le jour avec à la clé des vidéos, des musiques qualités CD et des graphismes en 256 couleurs rien que ca :-).

Review sur ATARI ST
La fameuse carte MV16 sans quoi impossible de jouer au jeu sur ST
La version Atari ST de B.A.T a fait beaucoup parlé d'elle sans doute à cause de sa fameuse carte MV-16 qui était censé donner un son unique à l'Atari ST, la bande sonore était ainsi écoutable soit par casque soit sur chaîne hi-fi. Sur le plan hardware, la cartouche était composée d'un convertisseur numérique/analogique sur 12 bits, un filtre passe-bas et un mini amplificateur, le tout enveloppé dans un boîtier en carton mou d'une fragilité indéniable. A noter que la version anglaise de B.A.T semble posséder une routine tout autre qui permet d'émuler le son sans cette carte.
 
Rendez-vous compte sur le papier on annonçait 16 voies indépendantes monophonique en 8 bits, 4 voies en 10 bits ou encore 1 voie en 16 bits. Pourtant le résultat ne fut pas aussi convainquant pour être exploiter par d'autres titres car seul, à ma connaissance, B.A.T II ou Music Master l' ont aussi utilisé. Reste un formidable procédé anti-pirate qui aujourd'hui encore ne permets pas faire tourner le jeu avec le son même sur émulateur.
Review sur DOS
seule la page de présentation est plus colorées sur PC
Graphiquement quasi-identique à la version Amiga, hormis quelques subtilités comme le pilotage du drag ou l'état de fatigue. La page de présentation est légèrement plus colorée avec un beau logo Computer's Dream mais malheureusement le reste du jeu reste en 16 couleurs... dommage car on aurait bien aimé un B.A.T en VGA 256 couleurs, affront heureusement corrigé dans sa suite.
Review sur AMSTRAD CPC
Une version 8 bits très fidèle à l'originale

Difficile à croire qu'un jeu ayant déjà besoin d'un méga-octets sur ST, Amiga puisse être adapté sur Amstrad CPC. La première fois que j'en ai entendu parler je me suis dit tiens c'est purement marketing, on essaie de vendre un jeu merdique qui n'a rien à voir avec B.A.T en jouant sur la notoriété du jeu 16 bits. Et bien ce n'est pas le cas et vous serez surpris en jouant à cette version 8 bits qui est très fidèle à son ainé. Programmation du B.O.B, fenêtrage graphique en 16 couleurs par contre je n'ai pas pu aller jusqu'au Drag ou dans les souterrains de Selenia, qu' importe les possesseurs CPC ont dû être comblé à l'époque. Seul petit hic, le joystick remplace la souris.