
Confortablement installé dans une voiture du prestigieux train à grande vitesse, vous traversez la campagne paisiblement, bercé par le roulis régulier des wagons et le défilement hypnotique des paysages. La destination : la Capitale. L’ambiance est feutrée, presque trop calme. Une sérénité trompeuse, comme un silence avant la tempête.
Soudain, l’équilibre se rompt : un passager s’effondre. Il ne respire plus. La victime n’est autre qu’Albert Pérignac, un sénateur influent.
Malaise cardiaque ? Accident ? Ou meurtre soigneusement maquillé ? Très vite, le doute s’installe, les soupçons s’aiguisent. Et si quelqu’un, ici même, avait voulu sa mort ?
À vous de mener l’enquête, indice après indice, question après question. Et souvenez-vous : dans ce train, tout le monde pourrait avoir quelque chose à cacher.
Ceux qui ont connu l'âge d'or des jeux d'aventure sur les ordinateurs 8 bits se souviendront avec une certaine nostalgie de la série Meurtres de Cobra Soft. Imaginée par Bertrand Brocard, le fondateur du studio, cette collection d’enquêtes policières se distinguait par une approche aussi novatrice qu’ingénieuse : l’intégration d’indices physiques directement dans la boîte du jeu. Une idée toute simple, mais diablement efficace. Non seulement elle renforçait l’immersion, nous plongeant dans un univers quasi palpable, mais elle s’avérait aussi une formidable parade contre le piratage — et un excellent argument marketing.
Aujourd’hui, les titres de la série Meurtres sont devenus de véritables trésors recherchés des collectionneurs. Témoins d’un certain âge d’or du jeu à la française, ils incarnent une époque où la narration et le mystère primaient sur la technique, et où le joueur enquêtait tel un véritable détective.
La série s’étala de 1985 à 1990 et comprend cinq épisodes :
• Meurtre à Grande Vitesse (1985 - Oric, MO5/TO7, MSX, Amstrad CPC, Commodore 64, EXL100)
• Meurtres sur l'Atlantique (1985 - Amstrad CPC, MO5/TO7, Commodore 64)
• Meurtres en Série (1986 - Amstrad CPC, Atari ST, PC)
• Meurtres à Venise (1988 - Amstrad CPC, Atari ST, Amiga, PC)
• Murders In Space (1990 - Atari ST, Amiga, PC)
Si le cadre et l’époque changent d’un épisode à l’autre — d’un train lancé à toute allure à une croisière transatlantique, d’une Venise menacée par une attaque terroriste à un huis clos spatial — la mécanique reste la même. Résoudre l'enquête consiste à interroger tous les suspects, fouiller les lieux, cartographier l'environnement, noter tous les événements intriguants, et bien sûr décrypter tous les indices mis à votre disposition.
Reprenant le design emblématique de la première gamme des produits Cobra Soft — un boîtier blanc au format VHS, habillé d’un visuel vert pomme — la boite du jeu renferme treize indices indispensables à la résolution de l'énigme. Durant la partie, leur découverte est signalée par trois « X » à l'écran. Si les indices sont là pour vous guider vers la vérité, encore faut-il en saisir toute la portée.… Car loin de livrer facilement leurs secrets, chacun d’eux se révèle être un véritable casse-tête intellectuel. Ici, chaque élément trouvé — une lettre codée, un listing informatique, un message griffonné à la hâte — peut être aussi bien la clé de toute l’intrigue… qu’une fausse piste habilement glissée pour vous égarer. Comble du machiavélisme, certains ne prennent sens qu’une fois un autre indice élucidé, tel un enchevêtrement logique où chaque révélation en appelle une autre. Terminer l'enquête exige des heures et des heures de jeu, parfois bien plus. Et rares sont ceux qui sont parvenus à en démêler tous les fils jusqu’au bout. Un défi intellectuel aussi stimulant que redoutable.
Parmi les nombreux indices soigneusement glissés dans la boîte du jeu, l’un d’eux retient immédiatement l’attention. Un simple bout de papier, griffonné à la va-vite, sur lequel figure une phrase en apparence anodine :
« LE MOTEUR DU TGV PESE LOURD DANS LA SOLUTION ». Un ami qui vous veut du bien
Ces quelques mots, lourds de sens, incarnent à eux seul toute la philosophie de Meurtre à Grande Vitesse. Loin d’être anecdotique, cette affirmation énigmatique a hanté bien des joueurs, semant le doute, éveillant des théories, laissant sous-entendre que la clef de l’énigme — ou du moins une partie essentielle — pourrait bien se cacher là, dans ces mots, apparemment jetée au hasard.
C’est précisément cette approche, où chaque détail peut devenir une obsession, qui fait toute la force (et la frustration) du jeu. Le moindre bout de papier, la plus discrète annotation, peut receler une complexité inattendue.
Alors, ce jeu est-il réellement insoluble ?
À bien y regarder, sa difficulté est exigeante, mais pas insurmontable. Moins tortueux que ses successeurs, ce premier volet pose cependant les bases d’une série où la rigueur d’analyse, la patience et l’intuition deviennent les seules armes du joueur. Et c’est peut-être justement ce savant dosage entre défi et accessibilité qui a permis à la saga des Meurtres de s’ancrer durablement dans la mémoire collective.
Pour comprendre Meurtre à Grande Vitesse, il faut remonter à ses origines. Celles d’un jeu, bien sûr, mais aussi d’une époque, de son auteur Bertrand Brocard, et de quelques passionnés qui ont participé à l'histoire de l’une des sociétés françaises du jeu vidéo les plus emblématiques des années quatre-vingt : Cobra Soft.
Toute cette histoire commence au début des années 80. L'informatique domestique n'a pas encore envahit les foyers français mais cela ne saurait tarder.
Outre-Atlantique, deux hommes — Steve Jobs et Steve Wozniak — ont mis au point l’Apple I, un ordinateur livré en kit, à assembler soi-même et... réservé aux initiés. En 1977, l’Apple II prend la relève : plus convivial, plus performant, il rencontre le succès… mais son prix reste élevé.
Pendant ce temps, de l'autre côté de la Manche, un ingénieur britannique s'apprête à bouleverser le marché. Son nom : Clive Sinclair (1940–2021). Visionnaire autant que pragmatique, il nourrit une ambition simple mais audacieuse : faire entrer l’informatique dans tous les foyers, y compris les plus modestes. Pour y parvenir, une priorité s’impose : faire chuter drastiquement les coûts de fabrication des micro-ordinateurs. Quitte à rogner sur des composants essentiels, comme la mémoire vive, au profit d’un prix accessible. En 1980, sa société Sinclair lance ainsi le ZX80, premier ordinateur 8 bits commercialisé à moins de 100 livres sterling au Royaume-Uni — et sous la barre psychologique de 1 000 francs en France. Une petite machine, certes rudimentaire, mais une révolution était en marche.
Basé sur le processeur Zilog Z80, équipé d’un maigre kilo-octet de mémoire vive et d’un langage BASIC intégré en ROM, le ZX80 s’allume et fonctionne instantanément. Son clavier à membrane est spartiate, son affichage rudimentaire… mais cela n’empêche pas son succès. Car l’essentiel est là : pour la première fois, un ordinateur personnel entre dans les foyers modestes. Et avec lui, un foisonnement de créations, de jeux, d’idées neuves — un terrain fertile qui ne tarde pas à éveiller l’intérêt d’une nouvelle génération d’entrepreneurs, bien décidés à saisir cette nouvelle opportunité.
Bertrand Brocard est imprimeur à Chalon-sur-Saône. Comme beaucoup à cette époque, il est séduit par les possibilités qu'offre l'informatique personnelle. Il anime à ses heures perdus un club informatique local Microtel, comme il en existait alors beaucoup en France. Constitués de ce qu'on appelerait aujourd'hui des geeks, ces petits clubs locaux étaient un moyen de rencontrer d'autres passionnés, formidable viviers de Géo Trouvetou, partageant leur passion commune, leurs astuces, et il faut le dire aussi seul moyen de s'adonner à l'informatique à une époque où posséder un ordinateur était encore un luxe inabordable pour la plupart des personnes.
Bertrand Brocard, fondateur de Cobra Soft
J'ai commencé à acheter un tas de bouquins auxquels je n'ai rien compris pour finir au club Microtel de Chalon penché sur un TRS80
L'achat d'un Apple ou d'un TRS80 n'est alors pas envisageable pour lui à ce moment-là. Trop cher ! En 1983, le vent tourne. Direco international, l'importateur officiel de Sinclair en France propose le tout nouveau ZX80 à un prix défiant toute concurrence : 1200 francs ! C'est le premier saut pour lui. Un ordinateur sur lequel il fera ses premières armes avant de passer à son successeur le ZX81.
Petit à petit l'informatique prend le pas sur son travail d'imprimeur, surtout que selon l’activité l'imprimerie n'est ouverte que 50% du temps. Mais l'arrivée d'un nouveau micro-ordinateur, l'Oric-1 va tout bouleverser.
J'ai développé de petites applications intéressantes. Ensuite, je suis passé rapidement au ZX81 avec extension 16 ko. Enfin, ça a été l'Oric, et c'est alors que tout à commencer. Par exemple, j'ai fait avec lui le dépouillement et la publication des élections municipales de Chalon: J'ai également fait des softs de facturation et de compta. Parfaitement, avec un Oric !
Bertrand Brocard, fondateur de Cobra Soft
Avec son processeur 8 bits cadencé à 1 MHz, ses 16 Ko de mémoire vive — extensibles à 64 Ko —, son BASIC intégré et son clavier semi-mécanique, l’Oric-1 avait tout pour séduire… ou presque. Proposé à un prix très compétitif, il offrait un rapport qualité/prix difficile à battre à l’époque. Rapidement, l'Oric-1 s’impose dans les foyers français, notamment grâce à une ludothèque attractive en phase avec son époque, touchant un public plus large, plus jeune, portée par des titres marquants comme L’Aigle d’Or, Le Manoir du Dr Genius, Le Mystère de Kikekankoi ou encore Le Sceptre d’Anubis, signé par un certain Éric Chahi, jeune prodige à qui l’on prédisait déjà un brillant avenir dans le monde du jeu vidéo.
Avec environ 50 000 unités écoulées en 1983, l’Oric-1 devient le tout premier ordinateur grand public à s’inviter massivement dans les salons français. Mieux encore, il éveille des vocations : toute une génération découvre l’informatique en programmant, expérimentant, bidouillant souvent seul face à l’écran, depuis leur chambre, une ligne de code après l’autre. C’est là, dans cette effervescence pionnière, que naît ce qui peut être considéré comme la toute première génération de développeurs de jeux vidéo en France.
Parmi ces autodidactes, plusieurs noms marqueront durablement l’histoire vidéoludique : Éric Chahi, futur créateur d' Another World ; Louis-Marie Rocques, fondateur de Silmarils ; Eric Caen, fondateur de Titus ; ou encore Rémi Herbulot, auteur de Macadam Bumper et L'ange de Cristal. Tous ont un point en commun : Ils étaient les premiers d’un monde qui restait encore à inventer.
Saisissant l’opportunité de ce nouvel engouement pour l’informatique, Bertrand Brocard ouvre à Chalon-sur-Saône une boutique baptisée Micros & Robots. Véritable caverne d’Ali Baba pour passionnés, l’endroit regorge de merveilles technologiques : bras robotisés pilotés par ordinateur, tables traçantes, moniteurs, logiciels en tous genres — et bien sûr, des ordinateurs Oric.
C'est là qu'il fait la rencontre de Gilles Bertin, alors ingénieur chez Creusot-Loire, fleuron de l'industrie sidérurgique française. Passionné d’informatique Bertin se laisse tenter par l'achat d'un Oric-1. Très vite, il en maitrise les moindres arcanes, allant jusqu’à réécrire une portion de code manquante dans l’un des logiciels fournis. Une compétence et une initiative qui ne passent pas inaperçues comme l’indique Bertrand Brocard dans le magazine Micro News n°20.
J'ai rencontré Bertin d'une manière étonnante. Il ne connaissait pas bien l'Oric, il venait juste de m'en acheter un. Je lui ai aussi vendu un langage Forth en cassette. Mais il y avait eu un problème de duplication et il manquait une partie du programme, ce que je ne savais pas. C'est Bertin qui est venu me le dire quelques jours plus tard : il avait lui-même réécrit ce qu'il manquait.
Bertrand Brocard, fondateur de Cobra Soft
Tout semble être au beau fixe et pourtant... En ces années de présidence Mitterrandienne, s'il semble souffler sur la France une certaine forme d'insouciance et un vent de liberté, le pays est aussi traversé par de graves crises touchant plusieurs secteurs économiques dont celui de la sidérurgie.
En juin 1984, fortement impacté par la concurrence mondiale, la société Creusot-Loire dépose le bilan, un drame économique et social pour de nombreuses familles. Pour Gilles Bertin c'est la douche froide mais aussi un moyen de rebondir et pourquoi pas dans l'informatique ? Encouragé par les aides de l'état et de Creusot-Loire, il décide de s'associer à Bertrand Brocard dans la création d'une nouvelle société ARG Informatique.
J'ai proposé des softs à des éditeurs, mais compte-tenu des conditions proposées, j'ai préféré les éditer moi-même. Quelques mois plus tard, je m'associais à Gilles BERTIN - Auteur de Cobra Pinball, entre autres - et c'était la naissance d'ARG Informatique.
Bertrand Brocard, fondateur de Cobra Soft
Moins d'un an plus tard, ils créent ensemble un nouveau label Cobra Soft dédié à l'édition de logiciels.
Pourquoi Cobra Soft ? Simplement parce que ARG informatique n'était pas un nom assez porteur et qu'ils voulaient un nom plus dynamique, plus agressif.
Mais les débuts sont difficiles dans ce secteur encore balbutiant. La société ne fait pas de poussées fulgurantes mais entretient une politique éditorialiste ambitieuse. En 1984, ARG édite 13 logiciels ; en 1985, plus de 30, principalement sur Oric et Thomson. Beaucoup sont issus de créateurs indépendants, étudiants pour la plupart pour qui les maigres bénéfices sur les ventes deviennent une source de revenu indispensable pour leur étude.
Ce choix éditorialiste assumé vaut parfois à la société de sévères critiques dans la presse spécialisée comme dans cet article d'Amstrad Magazine n°2 où le journaliste termine son test de La ville infernale par ces mots : « Cobra édite d'excellents jeux, mais a le grave défaut de ne pas soigner leurs graphismes. C'est le cas pour La ville infernale qui se révèle comme un superbe jeu, mais avec des dessins absolument nuls ».
Parallèlement la société redouble d'efforts, communique plus, et commence à se faire connaitre de la presse spécialisée. Dans le magazine CPC n°4 d'octobre 1985, un article est consacré sur l'éditeur dans sa rubrique « Un éditeur se présente » ou encore dans le Tilt n°20 d'avril 1985 dans une news intitulée « La Danse du Cobra ».
Bertrand Brocard comprend très vite qu’une jeune société comme la sienne ne peut espérer percer sans adopter une stratégie audacieuse. Pour se faire remarquer du grand public comme de la presse spécialisée, il lui faut proposer des titres novateurs, en prise directe avec l’actualité. Animé par son goût pour le roman policier et la mise en scène, il n’hésite pas à orchestrer des opérations promotionnelles originales — comme cette reconstitution d'une scène de crime dans une rame de train pour le lancement de Série Noire, en lien avec l’adaptation en jeu vidéo de la bande dessinée La Marque Jaune.
Mais au-delà du marketing, Brocard mise aussi sur des jeux ancrés dans l’actualité la plus brûlante. Ainsi, en août 1985, Dossier G revient sur l’affaire du Rainbow Warrior, navire de Greenpeace coulé par les services secrets français — un scandale d’État encore frais dans les mémoires. L’année suivante, Cessna Over Moscou s’inspire quant à lui d’un fait divers spectaculaire : le vol de l’aviateur allemand Mathias Rust, qui, après avoir décollé d’Helsinki, parvint à poser son monomoteur Cessna 172 en plein coeur de Moscou, sur la Place Rouge. Ce qui lui vaudra une condamnation à 4 ans de prison dans un camp de travail forcé en Union soviétique - Il sera libéré au bout de 432 jours de détention. À ma connaissance, il s’agit là du seul jeu à avoir osé adapter en temps réel un événement géopolitique aussi retentissant.
Parallèlement l'expérience d'imprimeur de Brocard permet d'éditer en seulement 18 jours après la sortie de l'Oric Atmos un ouvrage de 144 pages « Au coeur de l'Oric Atmos » écrit par Gilles Bertin, intégrant de nombreuses routines pour créer ses propres programmes.
Si Meurtre à Grande Vitesse marque le premier grand succès de Cobra Soft, il est rapidement suivi d’un titre au concept radicalement différent mais au succès tout aussi retentissant : Cobra Pinball. Entièrement programmé en assembleur par Gilles Bertin, le jeu impressionne la presse par son réalisme bluffant. Il intègre presque tous les éléments d’un véritable flipper : extra-ball, loterie, couloirs de remontée et latéraux, bumpers, cibles et tourniquet. Certaines critiques n’hésitent pas à y voir la fin annoncée des flippers mécaniques.
Parallèlement, la petite équipe s'étoffe de nouvelles arrivées : Roland Morla et Jacky Adolphe.
Jacky Adophe s'occupe des programmes éducatifs de la société en paralléle de sa carriere de professeur de math-info, avant de sauter le pas et rejoindre définitivement la petite bande. Lui aussi il a été entrainé par l'effervescence des années informatiques, happé dans cette spirale où tout restait à faire. Il travaille tantôt sur les scénarios, en collaboration avec Brocard, tantôt sur la réalisation des jeux.
L'autre personnage central de cette équipe c'est Roland Morla, celui à qui l'on doit presque tous les jeux de stratégie de la société. Avec sa carrure de rugbyman, la casquette vissée sur la tête il a fier allure l'amiral Morla lorsqu'il fait la promotion sur un stand de l'Amstrad Expo de La Villette en novembre 1986 de son nouveau bébé HMS Cobra dont il est le seul et unique programmeur.
Pourtant rien ne prédisposait cet ancien inspecteur des lignes aux PTT (Ancienne administration des services de poste, télégraphe et téléphone) à embrasser une carrière d'informaticien, hormis que le démon de la micro l'avait déjà empoigné.
Mais sous son apparence de molosse, c'est bien lui le spécialiste des jeux de réflexion multi-machines de Cobra Soft, de Amstra-Dames sur Amstrad CPC à Dames 3D sur Atari ST qu'il programme totalement en assembleur, en collaboration avec le champion de France de Jeu de Dames de l'époque : Luc Guinard.
Dans le magazine Tilt n°44 de juillet/aout 1987, Roland Morla s’exprime sur son parcours :
Roland Morla, programmeur de HMS Cobra Soft et Dames Grand-Maître
Tout ce que je sais en programmation, je l'ai appris sur le tas. C'est mon loisir principal, il m'arrive de développer des trucs qui ne servent à rien juste pour m'amuser.
Une version améliorée du jeu sortira sous le nom Dames Grand-Maître, en collaboration cette fois avec l'ancien champion soviétique Wladimir Agafonov. Le jeu aura même les louanges du magazine de référence des jeux de plateaux Jeux & Stratégie (n°59 de juin 1989). Dans un article signé Luc Guinard, himself, il termine sur ces mots : « Après avoir connu de grandes difficultés dans l'ouverture, le programme s'est rétabli pour finalement l'emporter en finale. Quoiqu'il commette encore des fautes stéréotypés (notamment celle de se laisser enchainer sur son aile gauche), le programme peut se révéler dangereux pour un joueur moyen de club. Reconnaissons à Roland Morla et Wladimir Agafonov le mérite de suivre leur produit et de proposer un des seuls softs de bon niveau sur le jeu de dames. »
Autre figure discrète mais essentielle : Christian Descombes, illustrateur talentueux derrière les graphismes de La Marque Jaune, Meurtres en Série ou encore Les Ripoux.
Eté 1985 Cobra Soft apporte sa contribution au film de Michel Vianney Le Scientifique avec Richard Berry. (Théoric n°9 de juin 1985 page 40).
L'année 1985 signe une première année en demi-teinte, mais riche en jeux : 1815, premier wargame sur Oric-1, basé sur les guerres napoléoniennes ; HMS Cobra une simulation de combat naval durant la seconde guerre mondiale dans lequel vous devez protéger un convoi de navires marchands contre les attaques allemandes ; Challenger Reversi, un jeu de réflexion comportant 12 niveaux...
Malgré la diversité de ces produits - Jeu d'échec, Jeu de dames, Wargames, Simulation navale, Formule 1... et même Astrologie - ce sont bien les enquêtes policières qui vont contribuer à créer l’image du studio auprès du grand public.
Le marché de l'informatique évolue vite et l’arrivée de nouveaux micro-ordinateurs 8 bits plus puissants comme le Thomson MO5, le Commodore 64 ou l’Amstrad CPC, pousse Cobra Soft à tourner définitivement la page de l’Oric. Si Meurtre à Grande Vitesse, premier volet de la série, avait été conçu pour l’Oric-1, sa suite, Meurtres sur l’Atlantique, ne connaîtra même pas d’adaptation sur ce support.
Août 1986 marque un tournant décisif pour Cobra Soft, cette fois c’est la société qui est au coeur de l’actualité, non pas pour un nouveau jeu, mais pour un changement stratégique majeur. À la manoeuvre : Bruno Bonnell, l’ambitieux PDG d’Infogrames, qui poursuit sa politique expansionniste visant à contrôler le secteur du jeu vidéo en absorbant les principaux acteurs du marché.
Après le rachat d’ERE Informatique (à qui l’on doit Captain Blood, Macadam Bumper, Crafton & Xunk), et une tentative avortée de fusion avec l’américain Epyx — lequel déposera le bilan en 1989 — Infogrames jette cette fois son dévolu sur Cobra Soft en prenant le contrôle de sa branche édition.
Bien décidé à rentabiliser son investissement, Infogrames dépêche sur place plusieurs cadres dirigeant pour prendre la direction des affaires. Leur objectif pour le moins ambitieux : conquérir 15 % du marché des jeux vidéo d’ici fin 1987, rien de moins ! Pour y parvenir, trois axes de production sont définis : les "grands jeux" (au premier rang desquels la série Meurtres), lancer une gamme de jeux éducatifs, et produire des titres orientés arcade — comme le confirme un article d’Amstrad Magazine n°20.
La branche développement est renommée en Hitech Productions, sous la houlette de Bertrand Brocard toujours basée à Chalon-sur-Saône. C’est avec Sous ce nouveau label paraîtront les jeux : Murders in Space et Full Metal Planète.
En 1987, Brocard se lance dans l'adaptation du film Les Ripoux, succès au box office français de 1984 avec Philippe Noiret et Thierry Lhermitte. Fidèle à l'esprit décalé du film, le jeu vous met dans la peau d'un inspecteur de Police du quartier de Pigalle-Barbès rackettant les petits malfrats locaux, vivant de petites combines et dont l'unique ambition est de réunir assez d'argent pour s'acheter un bar-PMU ! tout en évitant d’attirer l’attention des « Boeufs-carottes », la Police des Polices. Un jeu qui n'est pas sans rappeler sous certains aspects un autre jeu d' Infogrames Marche à l'Ombre. Non content de son adaptation, Brocard participera même à l'élaboration du jeu de société pour l’éditeur Schmidt France.
C'est assez fidèle au jeu sur Micro. On a un peu modifié le déroulement de l'action afin d'utiliser au mieux le plateau du jeu: En tout cas, on s'est bien marré, quand on a fait les tests, ça fonctionne bien surtout à trois ou quatre joueurs. Moi, ce qui me plait le plus, c'est quand on peut aller attaquer la banque où un des joueurs a planqué son fric. Ca m'amuse de le voir cavaler pour essayer de sauver le pognon qu'il a gagné en arnaquant les autres: » (Source : Amstrad cent pour cent n°13 page 6)
Bertrand Brocard, fondateur de Cobra Soft
L'acteur Thierry Lhermitte, l’un des acteurs du film, est lui-même passionné d’informatique et participe à certains salons micro. Dans une interview accordée au magazine Amstrad Cent pour Cent (n°11), il confie même que son fils apprend à lire sur un Amstrad CPC !
Avec la montée en puissance des ordinateurs 16 bits comme l’Atari ST et l’Amiga, les studios de développement doivent s’adapter. Le joueur est plus exigeant, l’esthétique jusque-là relégué au second plan, devient un critère de choix décisif pour l’achat d’un jeu. Face à cette évolution du marché, Cobra Soft, jusque-là tourné davantage vers le travail scénaristique, accuse un certain retard. Tandis que d’autres studios embrassent les possibilités offertes par ces machines plus puissantes pour livrer des titres visuellement impressionnants, les productions de Cobra Soft conservent un aspect plus austère, parfois jugé daté.
Conscient de cette faiblesse, le studio amorce un virage. C’est dans ce contexte qu’il fait appel à Nathalie Delance, jeune graphiste prometteuse, qui rejoint. Avec elle, Cobra Soft trouve une identité visuelle qui lui faisait jusque-là défaut. On lui doit notamment les graphismes d’ Action Service et de Meurtres à Venise.
En 1989, Hitech Production passe un accord avec l'éditeur Ludodélire pour créer une version informatique du jeu de société Full Metal Planete (FMP) créé par Gérard Delfanti, Gérard Mathieu et Pascal Trigaux.
En avril 1989, le magazine Micro News indique que Cobra Soft a édité plus de 349 logiciels depuis sa création ! soit en cinq années d'existence. Un record !
Parmi les anecdotes insolites, on retiendra celle rapportée dans le Joystick Hebdo n°18 (mars 1989) reçoit Bertrand Brocard reçoit un jour un curieux paquet. À l’intérieur, des photocopies et une simple disquette. Une fois insérée, celle-ci se révèle contenir une version crackée de Meurtres en Série. L’expéditeur, visiblement distrait, avait omis de noter l’adresse du destinataire, obligeant La Poste à ouvrir l’enveloppe. En tombant sur une notice du jeu, les employés retrouvèrent l’adresse de Cobra Soft… et réexpédièrent le tout à l’éditeur !
En 1992, Brocard rejoint définitivement Infogrames mettant fin définitivement à l'aventure de Cobra Soft et Hitech Production. Il crée le département des jeux multimédia et participera au développement des premiers titres sur CD-i, puis sur cédérom, avant de s’investir, dès 1995, dans la création de communautés en ligne.
En 2016, fidèle à sa passion, il fonde et préside le Conservatoire National du Jeu Vidéo (CNJV) à Chalon-sur-Saône, pour préserver la mémoire de ce pan oublié du patrimoine culturel.
C'est à la fin de l'année 1983 que Bertrand Brocard imagine Meurtre à Grande Vitesse, qui sera le premier volet d’une collection baptisée tout simplement Meurtres.
Depuis longtemps, je pensais écrire un logiciel dont le décor serait le TGV: l'idée originale de Meurtre à Grande Vitesse date de fin 1983. Il s'agissait d'écrire un soft original où les problèmes de vocabulaire n'interviendraient pas, qu'on puisse adapter à la plupart des machines familiales et qui n'utilise pas de lecteur de disquettes.
Bertrand Brocard, fondateur de Cobra Soft
Pour ce coup d’essai, Brocard opte pour un décor résolument dans l’air du temps : le TGV, fleuron technologique des années 80, véritable emblème du savoir-faire industriel français et symbole d’un pays filant à toute allure vers la modernité. Un choix loin d’être anodin, comme il le confiera dans plusieurs interviews à l’époque :
Le TGV, lieu clos par excellence, se prêtait admirablement à une énigme policière. En décembre 1983, j'ai écrit en une nuit le synopsis et situé les personnages. L'idée a ensuite mûri pendant plusieurs mois, et les différentes trouvailles qui émaillent ce logiciel sont venues progressivement. Je n'ai vraiment attaqué l'écriture qu'à la rentrée 1984. C'est à ce moment-là que j'ai eu l'idée d'introduire de véritables indices qui enrichissent énormément le logiciel. Bien sûr un certain nombre d'éléments ont été apportés par des amis ou des collaborateurs qui suivaient l'avancement du projet développé sous le nom de code « OMNIBUS »:
Bertrand Brocard, fondateur de Cobra Soft
Dans une ébauche de programme appelée alors « PROJET OMNIBUS » il pose les bases du premier scénario de MGV - Meurtre à Grande Vitesse.
Le ton est donné au dos de la boîte, où l’auteur-scénariste annonce clairement la couleur :
« Agatha Christie a immortalisé l'Orient-Express: C'est à nouveau un train extraordinaire le T.G.V qui sert de décor à ce nouveau type de logiciel : au-delà du jeu d'aventure, il s'agit d'élucider une énigme policière: »
Tout commence par l’assassinat du sénateur Louis Pérignac. Le haut responsable rentrait à Paris après une escale à Lyon, où il participait à une commission sénatoriale chargée de lutter contre le trafic de drogue. À ses côtés : son épouse, bouleversée, à qui un médecin de fortune a dû administrer un calmant. C’est là que le joueur entre en scène.
Chaque écran du jeu représente une voiture du TGV. Votre position est indiquée par une croix. Les graphismes, rudimentaires, reflètent les limites de la machine : une poignée de pixels émergeant laborieusement de l'écran. Le jeu tient en seulement 48 Ko de mémoire — un exploit technique en soi — et tourne sur un Oric 1 ou Atmos, des machines bien loin des standards actuels. Le rythme y est lent, très lent. La faute au cycle d'horloge mou de l'Oric. Passer de la première à la huitième voiture prend plusieurs minutes. Mais ce temps d’attente fait aussi un peu partie de l’ambiance : on joue en 1984, et chaque déplacement devient une décision stratégique.
Pour dénouer l'intrigue, vous serez amené à interroger huit passagers répartis dans les huit voitures de la rame, fouiller les bagages, observer les détails, collecter des indices, et même... utiliser un Minitel ! - Nous sommes bien en 1984 - Chaque personnage peut vous fournir jusqu’à quatre informations, qui se débloquent successivement à condition d’avoir accompli certaines actions ou découvert certains éléments. Le tout forme une mécanique d’enquête où chaque révélation alimente une tension narrative croissante.
Et comme dans "Le Crime de l’Orient-Express", chacun des passagers semble avoir une bonne raison d’en vouloir au sénateur
C'est une belle brochette de suspects hauts en couleur que Bertrand Brocard met en scène dans son jeu. Pour façonner ses personnages, il puise son inspiration dans des sources variées : bandes dessinées, affiches de films — comme celle, iconique, de Marlène Dietrich dans Shanghaï Express. Leur transposition à l’écran relève presque de l’artisanat : chaque silhouette est patiemment dessinée pixel par pixel, jusqu’à ce qu’un visage, une posture, un regard prenne vie dans les contraintes étroites de l’Oric.
A l'époque, nous n'avions pas d'imprimante ou de photocopieur, nous faisions tout à la main. Je dessinais d'abord les personnages sur un papier-calque, que je posais ensuite sur l'écran. Puis je recopiais point par point sur l'ordinateur. J'avais deux pixels pour faire un nez ! Il fallait aussi créer tous nos outils, que l'on commercialisait après.!
Bertrand Brocard, fondateur de Cobra Soft
- Mme PERIGNAC, bien loin de la veuve éplorée, elle a contracté une assurance-vie très lucrative dans le cas où son mari venait à disparaitre ! L'enquête commence bien. Premier mobile. Premier suspect.
- Louis PERIGNAC, le frère du défunt, travaille pour une importante société financière. Son frère, Albert, était d'ailleurs au conseil d'administration, mais il finit par le pousser vers la sortie pour une sombre histoire d'adultère. Deuxième suspect.
- Mme TRICOT, une vieille dame. innocente ? Sûrement pas. Elle s'est déplacé de la voiture 2 où elle avait été placé pour se mettre juste derrière le sénateur en voiture 3. Elle garde une certaine rancoeur contre le sénateur et trouve que cela n'est pas une grosse perte ! Et un suspect de plus.
- Mme VOSS, cette passagère n'est peut être pas là par hasard. Vous découvrez rapidement qu'elle était la maitresse d'Albert PERIGNAC. Leur relation finie, la jeune femme éconduit ne semblait pas accepter cette nouvelle situation. Elle a essayé de parler à PERIGNAC au bar mais cela a fini évidemment par un violente dispute. Suspect ++
- Mr MOZARELLA, un étrange personnage, un peu caractériel. Il a offert un verre à PERIGNAC au bar mais cela n'était sans doute pas complétement désintéressé. Quelques recherches sur INTERPOL vous apprendront que le personnage n'est pas très net et a déjà un lourd passé judiciaire.
- C'est grâce à lui que vous avez vos premiers renseignements interessants : La dispute entre Mme VOSS et PERIGNAC, le verre bu avec Mr MOZARELLA. Premier personnage clean de l'histoire ? Pas si sûr... mais qui sait ?
- C'est lui qui a découvert le premier le corps de PERIGNAC à son siège lors de sa tournée de contrôle des billets. Un simple contrôleur pourrait-on dire, sauf que le barman vous a dit qu'il avait déjà contrôler PERIGNAC au bar. Un contrôleur qui perd la mémoire ou qui n'est pas très physionomiste, mais est-ce que cela fait de lui un assassin ?
- Dans cette rame endeuillé soudainement, c'est un voyageur qu'on pourrait qualifier d'opportun. Après l'appel du contrôleur à l'interphone, il se présente rapidement pour constater le décès du sénateur. Il relève dans ses premiers constations de petites traces de piqures au cou. Avec ses connaissances médicales il aurait très bien pu être à l'origine de ce meurtre mais reste la question, pour quelle raison en voudrait-il au sénateur ?
Comme tous les jeux de la série Meurtres, MGV repose sur un minutieux découpage chronologique des événements. Chaque personnage suit un emploi du temps cohérent. Le document de conception original — aujourd’hui conservé au CNJV — témoigne de cette rigueur scénaristique.
Point important : Dans cette première enquête, il n’existe pas de gestion du temps. Les personnages restent à leur place, évitant au joueur des recherches interminables à travers les voitures de la rame.
Marie-Anne Alison contribuera pour sa part à la conception du jeu. La page de présentation du jeu comporte d'ailleurs une faute d'orthographe puisqu'on peut lire le prénom de Marianne. Elle participera plus tard au dernier jeu de la série, Murders in Space.
Le packaging reprend le design des logiciels de Cobra Soft de l'époque avec un boitier type VHS très utile pour accueillir les nombreux indices du jeu. Pour la réalisation, Brocard a cherché son inspiration du côté des illustrations de la collection BD noire de 84 aux éditions Glénat et même… une carte postale de la BNP !
Avant de commencer il est important de rappeler les instructions indiquées dans la notice du jeu
INSTRUCTION
Après le générique se trouve un prologue. Celui-ci contient des informations intéressantes: Cependant, quand on le connaît on peut le sauter en appuyant sur N avant ou pendant le passage du mot PROLOGUE.
CONSEILS POUR LE JEU
« Meurtre à Grande Vitesse » est le premier logiciel de ce type fonctionnant sur micro-ordinateur. Voici donc des éléments qui pourront vous aider dans votre recherche:
Les Commandes :
Pour jouer, vous allez vous servir de votre tête mais aussi de l'ordinateur. Vous pourrez utiliser des commandes correspondant chacune à une touche. Le joueur est représenté par le X clignotant.
Les flèches de direction permettent de se déplacer. Quand on arrive à une extrémité de wagon on se retrouve dans le wagon suivant.
R = Regarder
F = Fouiller puis précisez s'il s'agit d'un objet (O) ou d'une personne(P)
L = Lire
P = visualiser les personnages les plus importants
I = Interroger ; le logiciel vous demande quel témoignage vous voulez voir (tapez un numéro). Si on vous répond « trop tôt » c'est que l'événement qui autorise la vue de ce témoignage n'est pas encore survenu. De plus, on ne peut pas interroger le même personnage deux fois consécutives.
A = Action ; permet d'utiliser un appareil ou de renforcer une action si le besoin s'en fait sentir:
Toutes ces commandes s'appliquent à l'endroit où le X clignote.
INDICATIONS DIVERSES
Témoins : Quand on regarde à une place, si la place est occupée et que le passager a quelque chose à dire, sa photo s'affiche dans le médaillon.
Objets : Une des grandes originalités de « Meurtre à Grande Vitesse », c'est la présence d'indices matériels réels. Ceux-ci sont fournis dans un petit sac plastique sous le thermoformage. Il y a 13 objets différents. Quand vous en trouvez un dans le train, le nom de l'objet à consulter est suivi de XXX
Quand vous avez choisi la commande A, l'appui sur ESC (Tabulation sur PC avec Emulateur MESS) permet de revenir à l'enquête proprement dite. Le mot FIN peut aussi être utile.
Si vous avez besoin de téléphoner, composez le numéro sous la forme suivante : par exemple 16/85xxxxxx ou 16/1xxxxxxx. La tonalité est représentée par le signe /. Ne pas inclure d'espace.
Un dernier conseil:
Si vous voulez comprendre pourquoi le sénateur Pérignac est mort, vous devrez procéder dans le sens inverse de l'auteur. Aussi, n'hésitez pas à tout noter: et ne regardez pas les témoignages, LISEZ-LES.
Note du transcripteur : l'un des indices se trouve sur la cassette (donc laissez les magnétos en marche:)
Ensuite il est nécessaire de revoir les 13 indices ci-dessus dont le contenu de la cassette audio écoutable dans le menu ci-ontre
La rame du train est composée de huit wagon et il n'y a que huit passagers qui vous donneront des informations utiles. Chaque personnage possède quatre informations à vous délivrez, que vous débloquerez au fur et à mesure de votre progression.
Parallèlement à l'enquête, le joueur doit résoudre différentes énigmes (cf solutions Théoric) qui sont autant de jeu dans le jeu mais aussi aller chercher des informations dans le minitel 10.
Pour utiliser le MINITEL 10, Presser la touche A (pour Action) puis composez le 12 qui était dans les années 80, le numéro à composer pour les renseignements.
Cela vous affichera les numéros utiles suivant :
La notice indique les points importants suivants :
Si vous avez besoin de téléphoner, composez le numéro sous la forme suivante : par exemple 16/85xxxxxx ou 16/1xxxxxxx. La tonalité est représentée par le signe /. Ne pas inclure d'espace.
Suivant les instructions de la notice ci-dessus et du service de renseignement 12, pour y accéder on tape : 16/15270056 pour avoir le répondeur de PERIGNAC
MINITEL PROFESSIONNEL ACCES PAR LE 3/6139155
Ainsi pour accéder au service télématique du MINITEL, suivant les instructions ci-dessus on tape : 16/36139155
Et ainsi de suite pour les autres numéros
Puis le service concerné à savoir : INTERPOL, PHARMA ou COBRA
SERVICE : INTERPOL
L'accès se fait en tapant un nom au hasard et un numéro sécurité sociale bidon
La suite nécessite par contre de renseigner correctement le nom de la personne dont on recherche des informations
Nom recherché ? GARNIER
Nom recherché ? VOSS
Nom recherché ? MOZARELLA
Quitter en tapant FIN puis ESC (tabulation sur PC)
accéder on tape : 16/36139155
CODE : PHARMA
Puis tapez le CODE PRODUIT : THANATOX
Puis CODE PRODUIT : NEUROFIX
- Débloquer les portes des Wagons :
A un moment du jeu, sur Oric uniquement, les portes des wagons se bloqueront, il faudra donc résoudre un petit jeu de logique de Boole, en référence au célèbre mathématicien. En actionnant un panneau proche des portes, on découvre un cadran affichant 8 contacts émettant chacun un signal. L'objectif étant de trouver la bonne combinaison pour émettre un signal ni trop faible, ni trop fort.
Pour débloquer la porte il faut trouver le tableau situé à l'extremité de la voiture (scruter chaque position avec la touche R) puis faire A pour action, une fenêtre s'affiche alors où apparait 8 CONTACTS et un état de l'ensemble des signaux : signal TROP FAIBLE: TROP FORT
Avec les flèches de directions haut, bas, sélectionnez avec la touche espace le premier CONTACT 1, il passe en vert, les autres restent en jaune.
Le message clignote TROP FAIBLE ou TROP FORT. Noter son état.
Désélectionner CONTACT 1 (touche ESPACE), il repasse en jaune.
Faire de même avec chacun des 7 CONTACTS restants afin de connaitre l'état de chacun.
Une fois fait, éliminer tous les contacts ayant un signal TROP FORT seul (en jaune).
Sélectionner tous les contacts restant (en vert) ayant un signal TROP FAIBLE, l'ensemble doit donner logiquement un signal TROP FORT.
Commencer par le CONTACT le plus en bas qui est sélectionner en vert, si en le désélectionnant avec la touche espace (il repasse en vert), l'ensemble des CONTACTS restant émettent un signal
TROP FAIBLE, resélectionner le (il repasse en vert), l'ensemble du signal restera donc TROP FORT
TROP FORT, ce contact ne sert à rien, laissez le désélectionner en jaune
Le but est qu'au final en sélectionnant/désélectionnant ce CONTACT l'ensemble du signal des contacts restant demeure TROP FORT de manière nominale donc avec le minimum de CONTACTS
Recommencer l'opération avec le CONTACT suivant et ainsi de suite, lorsque vous avez trouvez la bonne combinaison la fenêtre se ferme et la porte du SAS est débloquée.
Quand vous aurez interroger tous les passagers, ouvert la mallette fermée, découvert tous les indices et fouiller dans le minitel que se passe t-il ? Et bien rien ! On aurait pu penser que retourner voir le coupable aurait débloqué un aveu de sa part mais non. En effet rien n'indique que vous avez compris l'ensemble du cheminement des événements, ni décoder chaque indice. En fait ce jeu n'a pas de fin même si votre objectif est de trouver l'assassin, aucun test ne viendra comfronter vos découvertes ni le nom de l'assassin.
Sur le cadavre d'Albert PERGINAC : des clés de voiture, un trousseau de clés avec une étiquette marquée Kate, une lettre en allemand (indice n°7)
Mallette de M. Albert PERIGNAC :
Pour l'ouvrir il faut utiliser les touches 1 à 4, vous constaterez qu'une touche fera un bruit plus petit que les autres, cela donnera le code : 1720
Ensuite il suffit de bouger tous les chiffres ensemble et arriver à la position 6275 un bruit se fera entendre, la mallette est ouverte
Pour sortir faire ESC (tabulation sur PC)
Puis Fouiller (F)
Voiture N°2 :
Poubelle toilettes de droite :
Valise de M. Louis PERIGNAC (case à bagages)
Voiture N°3 :
Mme PERIGNAC : une petite clé noire, une enveloppe contenant un contrat d'Assurance-Vie de son mari à son bénéfice
M. Louis PERIGNAC : un portefeuille, une pochette rafraîchissante (indice n°2), un morceau de lime à ongle (indice n°11), une carte de visite Interfinance (indice n°9)
Mme TRICOT : un billet de TGV et une réservation pour la voiture 2, un flacon de Thanatox
sac à main de Mme TRICOT
Voiture N°4 :
Le Barman : un briquet, un trousseau de clés, un décapsuleur, un portefeuille
Pour utiliser le MINITEL 10, Presser la touche A (pour Action) puis composez le 12 qui était dans les années 80, le numéro à composer pour les renseignements (voir ci-dessus pour l'utilisation détailler).
Voiture N°5 :
Dans les WC :
Poubelle de droite :
Mlle VOSS :
Mallette de Mlle VOSS :
Voiture N°7 :
M. MOZARELLA :
Dans la case à bagages, un sac vert :
Une valise :
Voiture N°8 :
Le Contrôleur :
Dans sa sacoche de cuir : une clé à carré, une pince, un indicateur d'horaires
Dr MARION : rien de spécial
Dans son numéro 7 d'avril 1985, la revue informatique Théoric, une des rares avec Micr'Oric consacrée à l'Oric en France, fait sa couverture sur le jeu « MGV ». A l'intérieur, on y trouve aussi un concours permettant de gagner entre-autre : 1 Drive Jasmin, 1 Modem Digitelec et 100 autres prix parmi des logiciels, livres informatiques:
Sous forme de fausse page d'actualité le journal « Cobra News » retrace l'affaire et un questionnaire
1 - Qui a tué le Sénateur PERIGNAC ?
Le contrôleur du TGV alias Jean-Jacques GARNIER, fiché à INTERPOL.
2 - A quelle heure ?
A 13h, au moment où le contrôleur vient réveiller Albert PERIGNAC, il en profite pour le piquer avec sa bague empoisonnée.
3 - Avec quelle arme ?
Une bague spéciale munie d'une pointe, comme celle pour faire les vaccins.
4 - Quelle est la combinaison d'ouverture de la mallette fermée à clé ?
6275. Chaque molette émet un son plus bref sur un chiffre particulier. On amène les quatre molettes sur ces chiffres : 1720 et on les fait tourner de manière synchrone +5 jusqu'à l'ouverture.
Peut-être vous demandez-vous pourquoi un décalage de +5 pour trouver le bon code, cela provient sans doute de l'erreur dans le listing de programme (70 au lieu de 75) en question 7
5 - Quel est, en clair, le message écrit sur la feuille déchirée ?
En tapant le listing de programme corrigé grâce à l'indice "J'ai oublié un K entre P et 7TG", en l'exécutant et en rentrant les données suivantes du papier déchiré codé :
CODE ? MARIGNAN
TEST ? F?ZANHJ1C8ZMHX;ON?.....
DISCRET.ABSOLUE-LIQUIDEZ PERIGNAC-OUTILSPECIALAUMIAMI
RECUPEREZDOSSIERSACOCHEROUGE-RDVAUFLORIDA
6 - Pourquoi le moteur du TGV pèse-t-il si lourd dans la solution ?
Le moteur des premiers TGV était surnommé le Marignan à cause de son poids de 1515 kilos. MARIGNAN est le mot de passe qui permet de décrypter le message sur l'ordinateur.
7 - Le Listing donné dans les indices comporte une erreur : laquelle ?
Il y a en fait deux erreurs :
Ligne 30 : on a deux signes « = » au lieu d'un seul
Ligne 50 : on a la valeur 70 au lieu de 75
| REPUBLIQUE FRANCAISE MINISTERE DE L'INTERIEUR ET DE LA DECENTRALISATION ====== DIRECTION CENTRALE DE LA POLICE JUDICIAIRE -------------- N° 9754-AF/84 AFFAIRE PERIGNAC OBJET : DECES D'UN PASSAGER DANS LE TGV 618 LYON-PARIS |
PROCES-VERBAL °°°°°°°°°°°°°°°° L'AN mil neuf cent quatre-vint quatre, le quatorze décembre à treize heure trente NOUS, Officier de Police Judiciaire en résidence au Ministère de l'intérieur 11, rue Saussaies 75008 PARIS Vu les articles 75 et suivants du Code de Procédure Pénale. Avons procédé à une enquête préliminiaire dans le TGV N°618 de la ligne directe reliant la ville de LYON (69000) à PARIS (75000), suite aux circonstance particulière du décès du Sénateur du Lot-et-Garonne Albert PERIGNAC né en 1920 à Cahors, marié et père de deux enfants. Les résultats et conclusions de cette enquête sont consignés ci-dessous. ------------------ C'est vers 13 heures que le contrôleur du TGV a fait lancer un appel pour demander d'urgence un médecin. Celui-ci n'à pu que constater le décès d'un voyageur : le Sénateur Albert PERIGNAC. Si au début de l'enquête, l'absence de sang ou d'utilisation d'armes condondantes pouvait laisser penser à un malaise fatal, les déclarations du contrôleur du train, du docteur et du barman ainsi que les témoignages des différents voyageurs ayant eu des contacts avec le Sénateur avant sa mort, nous ont permis de constater que plusieurs personnes possédaient de sérieuses raisons d' en vouloir personnellement à Mr PERIGNAC. Dès lors un meurtre pouvait expliquer la mort brutale du Sénateur et cette hypothèse nous conduisit à inspecter systématiquement les huit voitures de la rame du TGV de même que les bagages de certains voyageurs. Nous avons ainsi rassemblé plusieurs indices matériels (voir liste en annexe). Notre thèse du meurtre fut renforcée par les résultats de l'examen du corps par le médecin. Ceux-ci ont révélé de minuscules traces de piqûres au cou qui pouvait être relatif à un empoisonnement. Il restait à trouver l'arme du crime et son auteur. La fouille minutieuse des différentes voitures du TGV ont permi la découverte d'une bague spéciale munie d'une pointe comme celle utilisée pour les vaccins dans la poche extérieure d'un bagage. Ce bagage appartenant à Monsieur MOZARELLA. Mr PERIGNAC aurait donc été tué par un poison violent à effet quasi instantané, inoculé avec une bague sans aucun doute l'arme du crime. Celle-ci a été transmise au laboratoire de la Police pour analyse. Plusieurs éléments qui ont été porté à notre connaissance par les différents passages nous ont guidé à découvrir et à confondre le meurtrier. Dans la mallette de la victime nous avons découvert un enregistrement audio nous apportant les informations importantes suivantes : - Le Sénateur était le rapporteur d'une Commission sur la drogue et venait de terminer une enquête sur un réseau de trafiquants utilisant des bars américains comme couverture. - Il était menacé selon ces propres mots "un certain GARNIER a été chargé de me liquider'". L'examen détaillé du contenu d'un sac vert en voiture 7 nous apporta également de précieux renseignements : - Un message secret menaçant envers PERIGNAC que nous avons décodé grâce à un listing et le code "MARIGNAN" contenant des instructions criminelles et mentionnant les noms des hôtels MIAMI et FLORIDA - Une fiche de paie établie par la Société d'exploitation du bar-hôtel LE FLORIDA au nom de GARNIER Jean-Jacques. Le même nom que mentionnait le sénateur dans l'enregistrement audio. Rapidement nos soupçons se sont portaient sur le contrôleur du TGV pour plusieurs raisons: - Un comportement étrange : il a commencé le contrôle des billets au milieu du train et a contrôlé deux fois Monsieur PERIGNAC. - C'est aussi la dernière personne à avoir approché le Sénateur - Il a séjourné à l'hôtel MIAMI à LYON et avait réservé une chambre au FLORIDA. La fiche de l'hôtel MIAMI trouvée sur le contrôleur porte un texte manuscrit dont l'écriture est semblable à celle du bulletin de paie de GARNIER et à celle du message secret avec son additif (documents adressés au service d'analyse graphologique): cela confirmait nos soupçons. Une dernière preuve nous a été fournie en interrogeant le fichier d'INTERPOL par Minitel : la photo d'identité judiciaire de GARNIER correspondait au signalement du contrôleur du TGV. Fort des différentes preuves matérielles, nous avons procédé à l'arrestation du contrôleur alias GARNIER Jean-Jacques; il a été déféré et fait l'objet d'une inculpation de meurtre avec préméditation sur la personne du Sénateur Albert PERIGNAC. Pour conclure voici le déroulement des événements comme nous avons pu les reconstituer et qui ont abouti à l'assassinat du Sénateur PERIGNAC. Albert PERIGNAC travaillait depuis plusieurs mois sur un rapport mettant en lumière un important réseau de trafic de drogue: les conclusions de son enquête figuraient dans un "dossier" et devaient faire l'objet de son intervention au Sénat. Dans un message codé, Jean-Jacques GARNIER, truand au lourd passé, reçoit des instructions d'un responsable du bar-hôtel FLORIDA impliqué dans le trafic : tuer le Sénateur devenu trop gènant et récupérer le dossier compromettant. A l'hôtel MIAMI de LYON, GARNIER prend possession de l'arme du crime: Une bague spéciale munie d'une pointe empoisonnée. Dans le TGV, déguisé en contrôleur, GARNIER cherche à repèrer sa victime. Il découvre le Sénateur au bar, en train de prendre un apéritif en compagnie de M. MOZARELLA. Il procède alors au contrôle des tickets ce qui lui permet de connaître la place occupée par le Sénateur puis se dirige vers l'arrière du train. M. MOZARELLA, pickpocket avec un casier judiciaire bien fourni, subtilise le portefeuille de M. PERIGNAC. En regagnant sa place en voiture 7, il s'arrête dans les toilettes de la voiture 5 pour en extraire l'argent et la carte de crédit puis jette dans la poubelle la carte d'identité et le portefeuille. En sortant, il bouscule Mlle VOSS dont le collier de perles se brise sous le choc. Le contrôleur GARNIER achève le contrôle des billets de la dernière voiture et revient vers la voiture 3 où siège Mr PERIGNAC. En se rapprochant de l'endroit où est assis le Sénateur il constate que celui-ci est endormi. Il y voit alors une opportunité pour se débarasser du sénateur. Il se penche sur le Sénateur, fait semblant de tenter de le réveiller pour contrôler son billet, bien qu'il l'ait déjà contrôler au bar, puis pique discrétement au cou M. PERIGNAC avec la pointe empoisonnée de la bague. La mort est instantanée. Il retourne ensuite au bar et lance un appel pour demander un médecin: il est alors 13 heures. Rapidement un passager Mr MARION, médecin, se rend auprès de Mr PERIGNAC mais ne peut que constater son décès. Sous le choc, Mme PERIGNAC qui accompagnait son mari reçoit un tranquillisant. Le contrôleur GARNIER et le docteur transportent le corps du Sénateur dans la voiture de tête. Dès le départ du médecin, le faux contrôleur ouvre la mallette d'Albert PERIGNAC pour s'emparer du dossier compromettant et le dissimuler au fond de la poubelle des toilettes de la voiture 2 avec l'intention de le récupérer plus tard. En retournant à sa place dans la dernière voiture, il se débarrasse de la bague en la déposant dans le bagage de M. MOZARELLA. |

































