Art & Magic est l’une de ces petites structures européennes dont le nom reste attaché à une poignée de jeux, mais dont l’impact dépasse largement la taille du catalogue. Le studio belge naît autour de plusieurs passionnés, parmi lesquels Yves Grolet, Franck Sauer, Marc Albinet et Yann Robert. Avant de prendre le nom d’Art & Magic, l’équipe travaille sous la bannière Ordilogic System et se fait déjà les dents sur Commodore 64 avec No, un jeu d’aventure graphique édité par Lankhor, puis avec une très belle conversion de Iron Lord.
Le vrai tournant arrive avec Unreal, édité par Ubi Soft. Le jeu montre déjà l’envie de l’équipe de pousser les machines plus loin que prévu, avec une réalisation très marquée par l’effet Shadow of the Beast. Mais c’est surtout en 1992, avec Agony, édité par Psygnosis, qu’Art & Magic entre dans la mémoire des amigaïstes. Ce shoot’em up poétique, porté par ses décors somptueux, sa chouette animée et ses musiques inoubliables, devient l’un des plus beaux exemples de ce que l’Amiga pouvait encore produire lorsqu’une équipe décidait de ne pas choisir entre prouesse technique et identité artistique.
Après Agony, Art & Magic se tourne davantage vers des jeux à l’esprit arcade, avec notamment Ultimate Tennis et Stone Ball. Le parcours du studio sera finalement assez court, mais il laisse derrière lui une trace bien particulière : celle d’une équipe capable de passer du C64 à l’Amiga en gardant la même envie de fabriquer des jeux qui impressionnent d’abord par leur personnalité.
En 1995, la création d’Appeal marque la fin de cette première aventure. Le nouveau studio poursuivra dans une autre direction, notamment avec No Respect puis surtout Outcast, l’un des grands jeux PC de la fin des années 90. Appeal déposera finalement le bilan en 2001, refermant une histoire belge discrète mais importante, commencée avec quelques passionnés et prolongée jusqu’à l’un des titres les plus ambitieux de son époque.