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Sega - 1993

testé sur Arcade


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INFORMATIONS

Genre :

Rail Shooter

Sortie :

1993

Développeur :

Sega

Langue :

Anglais

Support(s) :

Arcade

PEGI :

7
DOWNLOAD
SEGA
[1985] Hang-On
[1986] Out Run
[1987] Super Hang-On
[1987] Shinobi
[1988] Kujaku Oh
[1988] Altered Beast
[1989] Turbo Out Run
[1989] Shadow Dancer
[1989] Mystic Defender
[1989] Golden Axe
[1990] Strider Hiryu
[1990] Revenge of Shinobi
[1990] Cyber Shinobi - Shinobi Part 2
[1991] Limited Editon Hang-On
[1992] Shinobi II - The Silent Fury
[1992] Out Runners
[1993] Streets of Rage II
[1993] Shinobi III
[1993] Out Run 2019
[1993] Final Fight
[1993] Alien 3 : The Gun
[1994] Streets of Rage III
[1995] Shinobi Legions
[1995] Comix Zone
[1999] Toy Commander
[2001] Toy Racer
[2002] Altered Beast : Guardian of the Realms
[2004] Nightshade
RECOMMANDATIONS
[] Beast Busters
[] Rail Chase
[] Space Gun
[] Terminator 2 : The Arcade Game
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TEST

Monument de noirceur abyssal porté par un Fincher royal mais enchainé, film rejeté et sous-estimé à sa sortie en 1992 (il a quand même rapporté 160 M$), Alien 3 regagne peu à peu avec le temps ses lettres de noblesse chez les cinéphiles. Pour l'adaptation c'est Acclaim qui acquiert la licence du film, qu'il confie à Probe pour les versions consoles et micro. Sur arcade, c'est SEGA qui développe sa propre version du jeu, un rail shooter dans l'univers Alien, le pied non ?

A la fin d'Aliens, on avait quitté la belle Ripley aux prises avec une reine Alien qui en avait gros sur la patate quand même, l'aventure éprouvante avait eu l'avantage de lui donner "enfin" une famille avec la petite Newt et le caporal Hick. Mais rien ne se passe comme voulu, un face huggers déclence un incendie dans le Sulaco qui expédie toute la petite famille sur Fiorina 161, une planète pénitencière oubliée de tous, résultat une seule survivante, je vous le donne en mille ... Ripley, à nouveau seule contre tous.

Evolution des jeux Aliens (1982-2019)

La franchise Alien a été l'une des plus lucratives de l'univers du jeux vidéo, la force des premiers films a donné des idées aux éditeurs qui flairaient le bon filon avec retour sur investissement rapide bien entendu, dans des jeux mais alors très moyens, voir mauvais et cela dès le début des années 80.

Ainsi dès 1982 on trouve un "Alien" sur Atari 2600 suivra une version Commodore 64 de meilleure facture. En 1987 c'est au tour du second volet, "Aliens" d'être adapté sur Amstrad CPC par Electric Dreams et Commodore 64. Ainsi tour à tour on passera du meilleur par exemple avec "Alien Trilogy" sur PC/PS1 ou "Alien Vs Predator" PC (Rebellion, 1999) au très prometteur mais finalement très mauvais "Alien - Colonial Marines" (Gearbox Software, 2013), un désastre qui faillit arrêter la franchise "définitivement". Mais non je rigole, comment croire une telle chose, regardez la franchise "Need for Speed" rien ne les arrête. Mais tel un phoenix qui renait de ses cendres, du pire peut naitre le meilleur car la franchise a réussi à accoucher non pas d'un chestburster dégoulinant mais de ce que j'estime être le meilleur jeu de la franchise, le brillant et stressant "Alien Isolation" de Creative Assembly en 2014. Et par là même la déception de ne pas avoir eut droit à un "Alien Isolation 2" dans l'univers militaire du deuxième films fait par cette même équipe, qui fut  malheureusement abandonnée par la Fox (oui encore eux !)

Ce n'est pas moins d'une vingtaine de jeux vidéo qu'on peut rescenser sur la bestiole de Giger en incluant les Aliens vs predator. Une manne financière incroyable. La franchise semble avoir encore de beaux jours devant elle et deux jeux seraient d'ailleurs en cours de développement, mais revenons à notre jeu "Alien 3".

Adapté un jeu depuis le film "Alien 3" n'était pas chose facile, même être un peu témaire, voir même être un peu baré. Il faut dire que la conception du film avait plutôt mal commencé, un film carrèment renié par son propre réalisateur David Fincher (Seven, Fight Club, The Game, Panic Room, Zodiac, Gone Girl) qui est arrivé tel un cheveux sur la soupe en pleine production du film, des décors gigantesques déjà construits dans le plus grand studio (celui de 007) sur un scénario bancal et non finalisé, remplacant sur le tard un Vincent Ward épuisé qui avait tout donné et débarqué comme un mal propre par la Fox pour différents artistiques, et qui lui même venait après pas moins de cinq autres réalisateurs et scénarii différents. Dire que le développement a été chaotique est encore en dessous de la vérité.

Alien 3... Tous voulaient une suite à Aliens - le retour. Tous sauf nous. L'idée nous plaisait sans nous enthousiasmer vraiment. On voulait aller sur la planète des Aliens. Mais à l'époque, çà coûtait trop cher.

David Giler, producteur et scénariste d'Alien 3

Le script du réalisateur précèdent, Vincent Ward était plutôt original, trop pour le studio, dans ce dernier le vaisseau de Ripley s'écrasait sur une plantète satellite construit tout en bois peuplée de moines qui vivaient en autarcie. Hormis la tentation, l'arrivée d'une femme dans cette communauté monastique est vue rapidement comme un mauvais présage, sentiment évidemment conforté par l'hécatombe provoqué par l'Alien qu'elle a ramené dans ses bagages. Ripley est alors enfermée et ses mise en garde sur la créature ignorée.

Audacieux, artistiquement innovant mais trop cher, trop éloigné de la franchise, pas assez commercial en tout cas pas comme le studio le prévoit. Les gens sont de plus en plus frileux, les coûts commencent déjà à s'envoler et le studio craint de perdre de l'argent. Ils voulaient qu'on imite les 2 premiers films pour s'assurer le succès.

Le studio avait prévu pour Alien 3 une sortie salle en 1992, l'histoire était un peu accessoire, sauf qu'aucun scénario ne semblait répondre aux attentes de chacun.

Alien 3 a toujours été un film que le studio a produit pour avoir une date de sortie. Pas un film en soi. Les choses ont changés mais ça nous a retardés.

Jon Landau, producteur executif d'Alien 3

Le script est remanié par David Giler et Walter Hill. Le tournage dirigé par Fincher est commencé alors que le script est continuellement modifié avec des changements plus ou moins importants. L'expérience fut tellement éprouvante pour David Fincher qu'il refusera par la suite de reparler de ce film, qui est pourtant son premier long métrage, rejeté de sa filmographie, et refuse lors de la sortie blu-ray de travailler sur une director-cut. La version longue du blu-ray n'est donc qu'une tentative veine mais louable de reconstruire le workprint rejeté par le studio. Un comble quand on y pense, la Fox qui essaie de reconstruire sans Fincher la version qu'elle a rejeté une décennie avant. Une première quand même.

La polémique entre les exigences de la Fox et le jeune réalisateur David Fincher, un brin colérique est célèbre. Une anecdote a été livré par Alec Gillis qui a travaillé sur les effets spéciaux d'Alien 3

On entre et voilà David Fincher, qui réalise son premier film à 27 ans, les pieds sur le bureau, et il dit "Alors renvoyez-moi chez moi maintenant et retirez mon nom de cette merde". C'était avant qu'on commence à tourner. "Retirez mon nom de cette merde" et il raccroche, et on lui dit, "Waouh, à qui tu parles ?". Et il répond, "Au boss de la Fox. Vous vouliez me montrer quoi ?". Donc on lui a montré plein de trucs en se disant, "Ce mec est incroyable, il est génial".

Alec Gillis, Coordinateur effets spéciaux d' Alien 3

Les conséquences ? Près de trois mois de suspension de tournage et près d'un an de montage ! le film aurait couté quand même 50 M$ comparé aux 11M$ pour Alien et 18,5 M$ pour Aliens. Mais ce n'est pas tout. Le réalisateur avait pour interdiction de tourner plus de ce qul était marqué sur le scénario. Or, une des scènes cruciales où Ripley et l'alien se retrouve face à face a été tournée en cachette par Fincher. La scène a été réintégrée au film dans sa version longue. Ainsi la légende d'Alien 3 était né, et à la fin personne n'était satisfait.

Et les jeux dans tout çà

Comparaison Alien 3 Megadrive/SNES

Côté micro et console c'est l'américain Acclaim qui remporte la licence et pour son développement, ils font appel à un petit studio britannique avec qui ils ont l'habitude de travailler Probe Software (qui deviendra Probe Entertainment puis Acclaim Cheltenham). "Probe" nous sort alors pratiquement une version différente par machine, enfin presque. Ainsi la version Amiga est une conversion baclée de la version Megadrive de 1992 et un an plus tard, la version SNES sort et là encore on a le droit à une version complétement différente de celle Megadrive/Amiga avec des graphismes de meilleures factures mais un labyrinthe gargantuesque rendant le jeu cauchemardesque.

Côté Arcade, c'est SEGA qui s'y attèle en 1993, la même année que le jeu SNES. Fort de son hardware basé sur un RISC NEC 32 bits à 16 Mhz baptisé simplement System 32, Sega nous pond un 'Alien 3 The Gun' à la sauce Rail Chase (SEGA, 1991) en moins inspiré certes mais quand même bien joussif. L'adaptation reste quand même la meilleure de l'univers du troisème film dans un jeu d'arcade, qui lorgne souvent sur les prémices non assouvis des futurs FPS notamment le Alien Trilogy sorti sur PC et PS1. La technologie en moins car le système 32 datant de 1990 est vieillissant, la résolution un poil faiblarde (320x224 presque un Amiga !) mais pas si nulle que cela quand on regarde ses concurrents comme le système CPS2 de Capcom sorti lui en 1993 (32 bits à 16Mhz en 384x224) mais qui sera lui finalement plus convaincant.

Les différents niveaux reprennent fidélement les décors carcérales sâles du film, c'est donc 7 niveaux aux environnements assez différents qui nous sont proposés : les couloirs de la prison plutôt style Aliens que Alien 3 (mais qui s'en plaindrait), l'extérieur industriel de la fonderie, le réfectoir reprenant la fameuse scène d'enlévement d'un prisonnier par le plafond, les haut-fourneaux...

Gameplay arcade

Pour le gameplay, on a donc 2 guns un peu style pulse rifle, en moins bien quand même. Quand vous tirez, le gun vibre. Comme souvent le jeu est bien plus sympa à deux joueurs, une action fortement calqué sur le second film car je le rappelle mais dans le film sur Fiorina 161 il n'y a pas d'arme et un seul Alien, en même temps comment reproché le bonheur coupable de dégommer du Xenormorph par paquet de quinze. Et contrairement aux différentes versions micro et consoles développées par Probe Software qui nous avait pondu un jeu de plateforme passable, ici grâce à la vue subjective l'immersion est plutôt réussi même si on ne guide que le viseur puisque le parcours est tracé. En fait le seul point commun que partage toutes ces adaptations est l'abondance d' Aliens, bien loin de l'univers claustrophobe du film où la peur était centré sur un seul Alien qui semait le carnage dans le penitencier minier.

Les graphismes ingame sont convainquants notamment grâce à des digitalisations des différents Xenormorph et toutes ses phases d'évolution possible. Rien ne vous sera épargné des oeufs qui s'ouvrent, des face-huggers qui se jettent sur votre visage, des chestbursters zizaguant dans les courcives jusqu'à l'Alien adulte et ses coups de machoires qui brisent l'écran, action non stop garantie.

Tout n'est pas rose, premier reproche, l'intro comporte de très mauvaises digitalisations noir et blanc style 8 couleurs, et en 1993 on pouvait faire beaucoup mieux surtout pour de l'arcade (cf les digits le Robocop 2 de Data East en 1991). L'action se répete et les couloirs s'enchainent, les niveaux font place à de nouveaux environnements mais pas de réelle surprise, et le manque d'originalité est parfois criant comme ce gros tank à la fin d'un niveau ressemblant étrangement à ceux qu'on trouve dans le shooter Terminator 2, nan mais franchement un tank dans Alien 3 ! Mais vous avez fumé quoi chez Sega ?.

En 2017, on aura un peu son petit frère avec le Aliens Extermination dont l'ambiance est basé sur le second film.

EN CONCLUSION

ON AIME...
+ La vue subjective
+ Ambiance réussie
+ Jouissif
ON AIME MOINS...
- Les limites d'un rail shooter
- Digit d'intro ratées
Prémice des futurs FPS qui s'annoncaient sur consoles et PC, "Alien 3 the gun" est bon rail shooter dans l'univers Alien, un poil fénéant, sans réel surprise mais avec des graphismes très réussis. Forcément avec le recul on est un poil plus sévère, tirer sur tout ce qui bouge sans avoir une once de choix stratégique, tel est le principe du rail shooter, mais en 1993 c'était le pied de pouvoir dégommer de l' Alien à coup de guns vissés sur le cabinet.
REVIEW
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