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REFLECTIONS

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INFORMATIONS
Année de création1984
NationalitéAnglais
PERSONNALITES
Batstone CormacGraphiste, Programmeur
Bramfitt JeffGraphiste Introduction
Edmondson Martin LeeDirecteur Artistique, Graphiste
Howarth PaulProgrammeur
Perret NicolasChief Technical Officer
Whittaker DavidCompositeur
Wright TimCompositeur
JEUX
1989
Shadow Of The BeastJeu Shadow Of The Beast
Ballistix
1990
Shadow Of The Beast IIJeu Shadow Of The Beast II
Awesome
1992
Shadow Of The Beast IIIJeu Shadow Of The Beast III
1994
Brian The Lion
1995
Destruction Derby
1996
Destruction Derby 2
1999
Driver
2011
Driver : San Francisco
HISTOIRE

Reflections est un studio britannique fondé en 1984 à Newcastle par Martin Edmondson et Nicholas Chamberlain. Avant de devenir un nom associé à Driver, aux jeux de course et aux productions Ubisoft, Reflections appartient d’abord à la grande histoire de l’Amiga. Son nom reste surtout lié à une série qui a longtemps servi de vitrine à la machine de Commodore : Shadow of the Beast.

Les débuts du studio se font sur les machines Acorn, notamment le BBC Micro et l’Acorn Electron. Reflections développe Ravenskull, publié par Superior Software en 1986, puis Codename: Droid et une conversion de Stryker’s Run. Ce sont des jeux encore éloignés du grand spectacle Amiga, mais ils montrent déjà une équipe techniquement solide, capable de travailler sur des machines exigeantes.

Le vrai tournant arrive avec l’Amiga et la rencontre avec Psygnosis. Martin Edmondson travaille alors sur une démonstration technique autour du scrolling parallaxe. L’idée est de montrer ce que la machine peut afficher : plusieurs plans qui défilent à des vitesses différentes, une profondeur visuelle inhabituelle, et une fluidité qui tranche avec beaucoup de productions micro de l’époque. Psygnosis voit immédiatement le potentiel et pousse le projet vers un jeu complet.

Shadow of the Beast sort en 1989 sur Amiga. Le jeu est développé par Reflections et édité par Psygnosis. Il met en scène Aarbron, un homme transformé en créature par le seigneur Maletoth, dans un monde sombre, étrange et organique. Le scénario reste simple, mais il suffit à installer une atmosphère : celle d’un être mutilé, lancé dans un univers hostile, presque cauchemardesque.

Ce qui marque surtout les joueurs, c’est la réalisation. Shadow of the Beast affiche de nombreux plans de parallaxe, de grands sprites, des décors fantastiques et une ambiance visuelle immédiatement reconnaissable. Sur Amiga, le jeu devient rapidement une démonstration de force. On le montre pour impressionner, pour justifier la machine, pour dire : regardez ce que l’ordinateur peut faire.

La musique de David Whittaker participe énormément à cette identité. Les thèmes sont atmosphériques, parfois presque tribaux, avec une couleur sonore très Amiga. L’illustration de Roger Dean, utilisée pour la jaquette, ajoute encore à l’aura du jeu. Avec Psygnosis, tout est pensé comme un objet spectaculaire : le jeu, la boîte, le logo, l’image, la promesse. Reflections fournit la prouesse technique, Psygnosis lui donne une armure de prestige.

Mais Shadow of the Beast est aussi un jeu très typique de son époque : magnifique, impressionnant, mais dur, raide et parfois frustrant. La beauté de l’ensemble masque difficilement une jouabilité exigeante, des combats répétitifs et une difficulté brutale. Le jeu fait rêver avant de convaincre totalement manette en main. C’est un défaut, mais aussi une partie de sa légende. Sur Amiga, certains titres étaient autant des vitrines que des jeux, et Shadow of the Beast incarne parfaitement cette tension.

Le succès est suffisant pour donner naissance à deux suites. Shadow of the Beast II, sorti en 1990, reprend l’univers sombre du premier épisode avec une approche plus aventureuse, davantage de dialogues et d’énigmes. Le jeu conserve une ambiance forte, mais reste connu pour sa difficulté encore plus impitoyable. Beaucoup de joueurs se souviennent autant de son atmosphère que de ses morts répétées.

Shadow of the Beast III, publié en 1992, tente de corriger une partie des défauts de la série. Le jeu est plus structuré, plus lisible, plus centré sur les énigmes et moins uniquement sur le choc graphique. Il arrive cependant dans un contexte différent. L’effet de surprise du premier épisode est passé, l’Amiga a déjà vu d’autres démonstrations techniques, et le marché commence à changer. Malgré ses qualités, ce troisième volet restera moins mythique que l’original.

Reflections travaille également sur d’autres titres durant cette période, comme Ballistix, Awesome ou Brian the Lion. Tous ne laisseront pas la même trace, mais ils confirment une chose : le studio aime les productions visuellement ambitieuses, parfois très techniques, souvent liées à l’image que Psygnosis veut donner de ses jeux. Il y a chez Reflections une volonté constante de pousser l’affichage, l’animation et la présentation.

Au milieu des années 90, le studio bascule vers la PlayStation avec Destruction Derby, publié par Psygnosis en 1995. Le jeu abandonne les mondes fantastiques de l’Amiga pour les collisions de voitures en 3D. C’est un changement d’époque, mais pas forcément de tempérament. Reflections continue de s’intéresser à la technologie, à l’impact visuel, au mouvement et à la sensation physique, cette fois à travers les tôles froissées et les arènes de stock-car.

La grande transformation arrive ensuite avec Driver, sorti en 1999. Le jeu met le joueur au volant dans des villes ouvertes inspirées des polars américains des années 70. Courses-poursuites, conduite nerveuse, ambiance de film policier, liberté urbaine : Driver devient un gros succès et donne à Reflections une nouvelle identité. Le studio n’est plus seulement celui de Shadow of the Beast, mais aussi celui de la conduite cinématographique.

La suite de l’histoire sera faite de rachats et de changements de maison. Reflections est racheté par GT Interactive en 1998, passe ensuite chez Infogrames après le rachat de GT, puis devient finalement Ubisoft Reflections en 2006. Le studio continuera à travailler sur la série Driver, mais aussi sur plusieurs productions Ubisoft plus larges.

L’héritage de Reflections est donc double. Pour les joueurs Amiga, le nom évoque d’abord Shadow of the Beast, ses scrollings parallaxes, ses paysages inquiétants, sa musique envoûtante et cette impression de voir la machine pousser ses limites. Pour les joueurs PlayStation, il évoque plutôt Destruction Derby et Driver, deux jeux qui replacent le studio dans le mouvement, la vitesse et la 3D.

Reflections n’a pas toujours livré des jeux parfaitement équilibrés, mais il a souvent livré des jeux qui savaient capter l'attention. Des jeux qui servaient de démonstration, qui faisaient tourner les têtes, qui donnaient envie de regarder l’écran avant même de parler de gameplay. Avec Shadow of the Beast, le studio a offert à l’Amiga l’une de ses images les plus célèbres. Et rien que pour cela, son nom reste gravé dans la mémoire des joueurs 16 bits.

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