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GREMLIN GRAPHICS

Logo de la société GREMLIN GRAPHICS
INFORMATIONS
Année de création1984
Année de fermeture1999
NationalitéAnglais
PERSONNALITES
Daglish BenCompositeur
Hubbard RobCompositeur
Kerry StevenGraphiste
Lloyd TerryGraphiste
Toone RobbProgrammeur
JEUX
1984
Wanted ! Monty Mole
1985
Monty is innocent
1986
Way of the Tiger, The
Monty on the Run
Jack The Nipper
1987
Au Revoir MontyJeu Au Revoir Monty
1988
Technocop
Motor Massacre
1989
Switchblade
Super Scramble Simulator
1990
Toyota Celica GT Rally
Super Cars
Lotus Esprit Turbo Challenge
Impossamole
1991
Switchblade II
Super Cars II
Lotus Turbo Challenge 2
Hero Quest
1992
Zool
Space Crusade : The Voyage Beyond
Space Crusade
Plan 9 From Outer SpaceJeu Plan 9 From Outer Space
Lotus III - The Ultimate Challenge
HISTOIRE

Gremlin Graphics fait partie de ces studios britanniques qui sentent bon l’époque des micros 8 bits, des chambres transformées en ateliers de programmation et des boutiques informatiques où l’on croisait autant de joueurs que de futurs développeurs. La société naît en 1984 à Sheffield, fondée par Ian Stewart et Kevin Norburn. À l’origine, les deux hommes tiennent déjà une boutique informatique, Just Micro, située sur Carver Street. Comme souvent dans l’Angleterre du début des années 80, le passage de la vente de logiciels à leur création se fait presque naturellement.

Gremlin Graphics arrive au bon moment. Le ZX Spectrum, le Commodore 64, l’Amstrad CPC ou encore les machines MSX remplissent les foyers britanniques, et le marché demande sans cesse de nouveaux jeux. Les premières équipes sont réduites, mais talentueuses. On y croise notamment Peter Harrap, Tony Crowther, Chris Kerry, Shaun Hollingworth ou Christian Urquhart. Des noms moins connus du grand public que ceux des éditeurs eux-mêmes, mais essentiels dans cette période où un bon programmeur pouvait encore porter un jeu presque à lui seul.

Le premier grand succès de Gremlin vient avec Wanted: Monty Mole. Le jeu impose la petite taupe Monty comme l’une des figures familières du Spectrum. On est dans une époque où les mascottes anglaises ont souvent une tête improbable, un humour très local et une difficulté qui ne fait pas de cadeaux. Monty Mole deviendra une série, avec Monty is Innocent, Monty on the Run ou encore Auf Wiedersehen Monty. Rien que ces titres racontent déjà une couleur : Gremlin sait faire des jeux typiquement britanniques, un peu absurdes, souvent exigeants, mais immédiatement identifiables.

Le studio publie aussi des titres comme Thing on a Spring, Bounder, Jack the Nipper ou Trailblazer. Ce sont des jeux très différents les uns des autres, mais ils ont souvent en commun une idée simple, lisible, exploitée avec énergie. Gremlin n’a pas encore la stature internationale qu’il aura plus tard, mais son nom commence à compter dans les magazines anglais. Sur 8 bits, voir le logo Gremlin sur une jaquette est déjà plutôt bon signe.

La musique joue également un rôle important dans cette identité. Gremlin travaille avec des compositeurs comme Ben Daglish ou Rob Hubbard, deux noms qui comptent énormément dans la mémoire sonore du jeu vidéo britannique. À une époque où quelques notes suffisent parfois à donner une âme à un écran de chargement, ces musiques participent largement au charme des jeux Gremlin. Les machines sont limitées, mais les mélodies restent.

À la fin des années 80, Gremlin doit réussir le passage aux 16 bits. L’Atari ST, l’Amiga et le PC changent les attentes des joueurs. Les graphismes deviennent plus fins, les musiques plus riches, les jeux plus ambitieux. Gremlin s’appuie alors davantage sur des équipes internes et externes, notamment Magnetic Fields, avec qui la société va signer certains de ses titres les plus marquants.

La série Lotus Esprit Turbo Challenge devient l’un des grands symboles de cette période. Sur Amiga et Atari ST, elle apporte une conduite fluide, rapide, accessible, avec ce petit parfum de course arcade qui donnait envie de relancer une partie immédiatement. Le second épisode, en particulier, restera dans la mémoire de nombreux joueurs pour son mode deux joueurs en écran partagé, ses environnements variés et sa musique d’introduction devenue presque culte. Gremlin montre alors qu’il peut rivaliser avec les meilleurs éditeurs européens sur le terrain de la réalisation.

Dans un autre registre, Super Cars confirme aussi le savoir-faire de Magnetic Fields et de Gremlin dans le jeu de course. Vue de dessus, amélioration du véhicule, petites touches de gestion, courses nerveuses : le jeu a ce mélange très micro entre arcade et progression. Gremlin ne cherche pas toujours à faire le jeu le plus spectaculaire du marché. Il sait aussi publier des titres efficaces, bien réglés, que l’on garde longtemps dans sa ludothèque.

Au début des années 90, Gremlin trouve une nouvelle vitrine avec Zool. Le personnage, un ninja venu de la Nième Dimension, arrive clairement dans une époque obsédée par les mascottes. Après Sonic, chaque éditeur rêve de son héros rapide, coloré, capable de sauter partout et de porter une franchise. Zool ne détrônera jamais les grands noms japonais, mais il deviendra malgré tout l’un des jeux de plates-formes les plus associés à l’Amiga. Rapide, coloré, parfois brouillon, il incarne bien cette volonté des studios européens de répondre à la vague console avec leurs propres armes.

Gremlin sait aussi miser sur la gestion sportive. Premier Manager, sorti en 1992, va connaître un vrai succès auprès des amateurs de football. Le jeu ne cherche pas à impressionner par l’action sur le terrain, mais par cette autre passion du supporter : composer son équipe, gérer les finances, recruter, choisir une tactique, suivre les résultats. La série s’installera durablement et montrera que Gremlin peut toucher un public très différent de celui des jeux d’action ou de course.

En 1994, Gremlin Graphics devient Gremlin Interactive. Le changement de nom accompagne une mutation plus large. Le marché n’est plus celui des micros 8 bits ni même celui des premiers 16 bits. Le PC prend de l’importance, les consoles se renforcent, la 3D arrive, et les studios doivent changer d’échelle. Gremlin tente alors de suivre le mouvement avec des titres comme Normality, Realms of the Haunting, Fatal Racing ou encore la série Actua Sports.

Actua Soccer, en particulier, marque cette période. Avec ses joueurs en 3D polygonale et sa présentation plus moderne, le jeu arrive à un moment où le football vidéoludique cherche encore sa nouvelle forme. Avant que certaines licences ne s’imposent durablement, Gremlin tente de prendre une place sur ce terrain avec une série sportive qui s’étendra au golf, au tennis ou encore au hockey sur glace. L’époque est à la 3D, et Gremlin veut être de la partie.

La société continue aussi d’éditer des projets plus ambitieux ou plus singuliers. Realms of the Haunting mélange aventure, horreur, exploration et séquences en vue subjective. Normality tente une aventure en 3D avec un ton décalé. Fatal Racing pousse la course vers le spectaculaire et les circuits acrobatiques. Gremlin n’a pas toujours la régularité des plus grands, mais son catalogue garde une vraie variété.

La fin des années 90 devient plus compliquée. Gremlin grandit, entre en bourse, rachète DMA Design, puis se retrouve dans un marché de plus en plus difficile. Les budgets augmentent, les retards coûtent cher, et certains projets ne rencontrent pas le succès espéré. En 1999, Infogrames rachète Gremlin Interactive. La société devient ensuite Infogrames Sheffield House, avant de fermer définitivement ses portes en 2003.

Comme souvent, la fin d’un studio ne signifie pas la disparition de tout son héritage. Plusieurs anciens de Gremlin participeront ensuite à la création de Sumo Digital, autre nom important du jeu vidéo britannique. Le catalogue Gremlin, lui, reste lié à plusieurs générations de joueurs : ceux du Spectrum avec Monty Mole, ceux de l’Amiga avec Lotus et Zool, ceux du PC avec Actua Soccer ou Realms of the Haunting.

Gremlin Graphics n’a pas toujours été le studio le plus flamboyant, ni le plus régulier, mais il a traversé plusieurs âges du jeu vidéo britannique avec une énergie remarquable. Du petit jeu 8 bits à la 3D sportive, de la taupe ouvrière au bolide Lotus, du ninja Zool aux terrains de football polygonaux, Gremlin raconte une histoire très anglaise du jeu vidéo : artisanale au départ, ambitieuse ensuite, parfois chaotique, mais remplie de titres qui ont marqué leur époque.

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  • Au Revoir MontyTest Amstrad CPC
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