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TOMAHAWK

Logo de la société TOMAHAWK
INFORMATIONS
Année de création1989
NationalitéFrançais
PERSONNALITES
Tramis MurielAuteur
JEUX
1989
Emmanuelle
1990
Paris-Dakar 90
1991
Fascination
HISTOIRE

Tomahawk est un label utilisé par Coktel Vision à la fin des années 80 et au début des années 90. Il ne s’agit pas d’un studio réellement indépendant, mais d’une marque créée pour publier certains jeux qui ne correspondaient pas à l’image plus éducative ou familiale de Coktel. À mesure que la société se développe, cette séparation devient utile : on ne vend pas tout à fait Adibou et Emmanuelle sous le même sourire de vitrine.

Coktel Vision occupe alors une position particulière dans le jeu vidéo français. La société publie des jeux d’aventure, des titres narratifs, des productions culturelles, mais elle va surtout devenir très connue pour ses logiciels éducatifs. Cette image familiale impose une certaine prudence. Pour des jeux plus adultes, parfois teintés d’érotisme ou destinés à un public moins scolaire, le label Tomahawk permet de créer une distance.

C’est sous cette bannière que l’on retrouve notamment Emmanuelle, sorti en 1989 sur Amiga, Atari ST et DOS. Écrit et dirigé par Muriel Tramis, le jeu s’inspire librement de l’univers d’Emmanuelle Arsan et propose une aventure exotique, légère, plus suggestive que réellement explicite. Le titre vaut surtout pour ce qu’il représente à l’époque : une tentative française de traiter l’érotisme dans un jeu d’aventure commercial, avec les maladresses et les limites que cela suppose.

Tomahawk accompagne ensuite Geisha, sorti en 1990, toujours sous la direction de Muriel Tramis. Le jeu reprend cette veine adulte, entre aventure, enquête et imagerie érotique, cette fois dans un Japon fantasmé. Comme souvent chez Coktel, l’intérêt tient autant à l’ambiance, aux graphismes et à l’étrangeté du propos qu’à la solidité pure des mécaniques de jeu. On est dans un moment très CD-ROM avant l’heure, où l’image et le thème comptent presque autant que l’interaction.

Fascination, publié en 1991, prolonge encore cette ligne. Le joueur y incarne Doralice, personnage que l’on retrouvera plus tard dans Lost in Time. Le jeu reste marqué par une tonalité adulte, mais il annonce aussi une écriture d’aventure plus structurée, plus proche de ce que Coktel développera ensuite dans ses grands jeux narratifs des années 90. Tomahawk sert alors de petit sas entre les expérimentations coquines des débuts et une aventure graphique française plus ambitieuse.

Le label ne se limite pas uniquement à l’érotisme. Il est aussi associé à des jeux de simulation ou à des titres plus éloignés du catalogue éducatif de Coktel. Mais dans la mémoire des joueurs, Tomahawk reste surtout lié à cette trilogie non officielle Emmanuelle, Geisha, Fascination, qui donne au label son parfum particulier : un mélange de charme daté, d’audace française, de pixels suggestifs et de dialogues parfois très années 80.

L’existence de Tomahawk montre bien la difficulté pour Coktel Vision de gérer plusieurs identités à la fois. D’un côté, la société veut parler aux enfants, aux parents et aux écoles avec ses logiciels éducatifs. De l’autre, elle explore des thèmes plus adultes avec Muriel Tramis et quelques jeux d’aventure qui n’ont rien à faire dans le même rayon mental qu’un logiciel de soutien scolaire. Le label permet donc de compartimenter le catalogue sans renier ces productions.

Tomahawk n’aura pas une très longue vie, ni un catalogue immense. Son rôle est surtout stratégique : donner une autre étiquette aux jeux que Coktel ne pouvait pas vendre sous son image la plus sage. Une petite marque de séparation, presque un rideau tiré dans la boutique : derrière, on ne trouve pas les mêmes logiciels, pas les mêmes publics, ni les mêmes promesses.

Avec le recul, Tomahawk reste une curiosité très française. Le label raconte une époque où le jeu vidéo cherchait encore ses frontières, entre aventure, éducation, simulation, érotisme léger et expérimentation narrative. Il rappelle aussi que Coktel Vision n’a pas seulement été la maison d’Adibou ou de Gobliiins, mais aussi un éditeur prêt à tester des sujets plus adultes, quitte à les cacher derrière une autre enseigne.

Polices
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