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HEWSON

Logo de la société HEWSON
INFORMATIONS
Année de création1984
Année de fermeture1998
NationalitéAnglais
PERSONNALITES
Jones Mark KGraphiste
JEUX
1987
Nebulus
Exolon
1988
Cybernoid
HISTOIRE

Hewson Consultants est une société britannique fondée au début des années 80 par Andrew Hewson. Avant de devenir éditeur, Hewson se fait d’abord connaître par ses livres et conseils de programmation autour des machines Sinclair. Cette proximité avec les programmeurs indépendants explique beaucoup de choses : Hewson ne naît pas comme une grosse machine commerciale, mais comme une maison capable de repérer des auteurs, de les accompagner et de publier leurs jeux avec une vraie exigence.

Dans les années 80, Hewson devient l’un des éditeurs les plus respectés du marché britannique 8 bits. Son catalogue touche principalement le ZX Spectrum, le Commodore 64 et l’Amstrad CPC, avec quelques titres plus tardifs sur Amiga et Atari ST. La société n’a pas la taille d’un Ocean ou d’un U.S. Gold, mais elle se construit une réputation de qualité. Voir le logo Hewson sur une jaquette, c’est souvent attendre un jeu plus soigné, plus original ou plus technique que la moyenne.

Cette réputation doit beaucoup aux développeurs indépendants avec lesquels Hewson travaille. Parmi eux, Graftgold occupe une place centrale. Le studio de Steve Turner et Andrew Braybrook signe plusieurs titres majeurs publiés par Hewson, comme Paradroid, Uridium, Quazatron ou Ranarama. Cette collaboration donnera à l’éditeur quelques-uns de ses plus grands classiques.

Paradroid, sorti en 1985 sur Commodore 64, reste l’un des jeux les plus marquants associés à Hewson. Développé par Andrew Braybrook, il mélange shoot’em up, réflexion et prise de contrôle de robots dans des vaisseaux à nettoyer étage par étage. Le concept est brillant, la réalisation sobre mais efficace, et le jeu garde encore aujourd’hui une réputation énorme auprès des amateurs de C64.

Uridium, également signé Graftgold, confirme cette excellence technique. Le jeu propose un shoot’em up horizontal rapide et tendu, où le vaisseau frôle la surface de gigantesques dreadnoughts spatiaux. La vitesse, la précision du pilotage et le style visuel donnent au jeu une identité immédiate. Sur Commodore 64, il fait partie de ces titres qui donnent l’impression que la machine en a encore sous le capot, même lorsque l’on croyait avoir tout vu.

Hewson ne se limite pas à Graftgold. L’éditeur publie aussi des jeux de Raffaele Cecco, comme Exolon, Cybernoid et Cybernoid II. Ces titres, surtout sur ZX Spectrum, marquent les joueurs par leur difficulté, leur précision et leur présentation très propre. Cybernoid, en particulier, devient l’un des noms forts de l’éditeur : un jeu d’action exigeant, presque impitoyable, mais immédiatement reconnaissable.

On retrouve également dans le catalogue des titres comme Avalon, Dragontorc, Nebulus, Zynaps, Eliminator, Astaroth, Onslaught ou encore Stormlord. Tous ne se valent pas, mais l’ensemble montre une ligne claire : Hewson préfère souvent les jeux avec une vraie idée technique ou visuelle, plutôt que les simples produits de remplissage. L’éditeur n’a pas toujours les licences les plus bruyantes, mais il possède souvent les jeux les plus intéressants.

Nebulus, développé par John M. Phillips, illustre parfaitement cette envie de proposer une forme différente. Le joueur y grimpe autour de tours cylindriques qui semblent tourner sur elles-mêmes. L’effet est simple à comprendre, mais très spectaculaire pour l’époque. C’est un jeu qui repose sur une idée visuelle forte, exactement le genre de production que Hewson savait mettre en avant.

Stormlord, développé par Raffaele Cecco et publié en 1989, appartient à la dernière grande période 8 bits de l’éditeur. Avec son univers fantasy, ses graphismes travaillés et son ambiance plus mature, le jeu montre que les machines comme le Spectrum ou le CPC peuvent encore impressionner à la fin de la décennie. Une suite, Stormlord II: Deliverance, sortira ensuite, au moment où Hewson approche déjà de la fin.

La relation avec Graftgold finit pourtant par se tendre. À la fin des années 80, le studio cherche d’autres éditeurs, notamment Telecomsoft. Hewson estime que Graftgold doit encore lui fournir plusieurs titres, dont Magnetron et Morpheus, et le différend se termine par une action en justice avant un règlement. Cet épisode montre aussi les limites d’un modèle très dépendant des développeurs indépendants : lorsque les meilleurs partenaires partent, l’éditeur perd une partie de sa force.

Au début des années 90, le marché change. Les 8 bits déclinent, l’Amiga et l’Atari ST demandent des productions plus coûteuses, et Hewson n’a plus tout à fait la même position. La société ferme ses portes en 1991, mais Andrew Hewson ne disparaît pas pour autant du jeu vidéo. Avec une partie de l’équipe, il fonde 21st Century Entertainment, qui marque une nouvelle étape.

21st Century Entertainment change clairement de territoire. Là où Hewson était très lié aux jeux d’action et aux auteurs 8 bits, la nouvelle structure trouve son créneau dans les simulations de flipper sur Amiga et PC. Pinball Dreams, développé par Digital Illusions, sort en 1992 et devient immédiatement une référence. La bille a du poids, les tables sont lisibles, les musiques accrochent, et l’ensemble donne enfin l’impression d’un flipper vraiment convaincant sur micro.

Le succès se poursuit avec Pinball Fantasies, puis Pinball Illusions. Ces jeux imposent Digital Illusions comme un studio très solide et donnent à 21st Century Entertainment une nouvelle identité. L’Atari ST, en revanche, est progressivement abandonné au profit de l’Amiga et du PC, plus adaptés à ce type de production sonore et graphique. Une version de Pinball Fantasies sortira bien sur Atari Jaguar, mais l’échec commercial de la console limitera l’expérience.

21st Century continue ensuite avec Pinball Mania, Slam Tilt ou encore Electronic Pinball, mais le filon s’épuise peu à peu. Le passage à la 3D ne suffit pas à relancer durablement la société, qui finit par déposer le bilan en 1998. L’aventure commencée avec Hewson dans les années 8 bits se referme alors définitivement.

L’héritage de Hewson reste pourtant très fort. Peu d’éditeurs britanniques de taille moyenne auront publié autant de jeux respectés sur 8 bits. Paradroid, Uridium, Quazatron, Nebulus, Cybernoid, Exolon et Stormlord suffisent à installer le nom dans la mémoire des joueurs Spectrum, C64 et CPC.

Hewson n’a pas été l’éditeur le plus bruyant de son époque, ni celui qui possédait les licences les plus spectaculaires. Sa force était ailleurs : repérer des développeurs talentueux, leur laisser de la place et publier des jeux qui avaient souvent une vraie colonne vertébrale technique ou ludique. Dans l’histoire du jeu micro britannique, Hewson reste ce label exigeant, un peu moins tapageur que les autres, mais dont les meilleures sorties avaient souvent l’éclat discret des grands classiques.

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