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SPECIAL FX

Logo de la société SPECIAL FX
INFORMATIONS
Année de création1987
Année de fermeture1991
NationalitéAnglais
PERSONNALITES
Bagley JimProgrammeur
Davies IvanGraphiste
Davies KarenGraphiste
Rixon AndyGraphiste
Robinson FranckProgrammeur
Robinson KeithProgrammeur
Tinman KeithCompositeur
JEUX
1988
Batman The Caped CrusaderJeu Batman The Caped Crusader
1990
Midnight Resistance
1991
Robocop 2Jeu Robocop 2
HISTOIRE

Special FX Software fait partie de ces studios britanniques dont le nom reste moins connu que celui des grands éditeurs, mais que l’on retrouve pourtant derrière plusieurs jeux marquants de la fin des années 80. Fondé en 1987 à Liverpool par Paul Finnegan et Jonathan Smith, ancien d’Ocean Software, le studio naît au cœur d’une scène anglaise encore très active, où les petites équipes savent produire vite, bien, et souvent sur plusieurs machines à la fois.

À ses débuts, Special FX se fait surtout remarquer sur ZX Spectrum, une machine où il faut savoir économiser chaque octet et faire beaucoup avec très peu. Le studio rassemble plusieurs talents comme Andy Rixon, Karen Davies, Robbie Tinman, Jim Bagley, Keith Robinson ou encore Ian Moran. Des noms moins célèbres que ceux des grands auteurs de l’époque, mais essentiels dans cette industrie où les jeux naissent souvent de petites équipes capables de tout faire : graphismes, code, musique, conversions, optimisations.

Le lien avec Ocean Software devient rapidement déterminant. Ocean est alors l’un des grands éditeurs britanniques, spécialiste des licences de films et des conversions d’arcade. Pour tenir le rythme, il lui faut des équipes solides, capables d’adapter un même titre sur Spectrum, Amstrad CPC, Commodore 64, Atari ST ou Amiga, tout en respectant des délais souvent serrés. Special FX va devenir l’un de ces partenaires précieux, presque un atelier de confiance pour transformer les licences Ocean en jeux micro.

Le studio se fait notamment remarquer avec Batman: The Caped Crusader, édité par Ocean en 1988. Le jeu propose une approche originale du personnage, avec une présentation sous forme de cases de bande dessinée qui colle assez bien à l’univers du Chevalier Noir. Ce n’est pas encore le Batman de Tim Burton, mais le titre montre déjà la capacité de Special FX à donner une identité visuelle forte à une licence connue.

Les années suivantes confirment cette place particulière dans l’écosystème Ocean. The Untouchables, Midnight Resistance, RoboCop 2 : autant de titres qui rappellent cette époque où les conversions et adaptations se multiplient d’un support à l’autre. Le travail n’est jamais simple. Il faut conserver l’esprit d’un film ou d’une borne d’arcade, mais le faire tenir dans des machines très différentes, parfois limitées, souvent capricieuses. Sur Spectrum ou CPC, il faut trancher. Sur Amiga ou Atari ST, il faut donner plus d’ampleur sans perdre le rythme.

RoboCop 2 illustre bien cette période. Ocean possède alors une licence forte, portée par le succès du premier jeu et par l’image du policier cyborg. Special FX doit transformer cette matière en jeu d’action lisible, dur, nerveux, capable d’exister sur les micros de l’époque. Le résultat n’a pas toujours la souplesse que l’on aimerait aujourd’hui, mais il porte bien la marque de ces productions Ocean : une licence populaire, une réalisation solide, une difficulté bien raide et cette envie de restituer l’ambiance du film avec les moyens du bord.

Midnight Resistance, adapté de l’arcade de Data East, montre une autre facette du studio. Ici, il ne s’agit plus seulement de suivre une licence cinéma, mais de ramener l’énergie d’un run and gun d’arcade sur micro. Le défi est différent : il faut conserver l’action, les armes, le rythme et la sensation de progression, tout en composant avec des machines qui n’ont pas été pensées pour reproduire facilement la nervosité d’une borne.

Comme beaucoup de studios de cette période, Special FX travaille dans l’ombre des grands noms. Le joueur voyait surtout le logo Ocean sur la boîte, parfois la licence en très gros, et rarement le nom de ceux qui avaient réellement passé des mois à adapter, compresser, redessiner et optimiser. Pourtant, sans ces équipes externes, une grande partie du catalogue Ocean n’aurait pas eu la même présence sur les micros familiaux.

L’aventure Special FX s’arrête brutalement en 1991, lorsque les financements venus d’Ocean se coupent. Le studio ferme ses portes, mais son histoire ne s’arrête pas totalement là. L’année suivante, Paul Finnegan fonde Rage Software avec plusieurs anciens de Special FX. Une nouvelle structure, toujours basée à Liverpool, qui poursuivra l’aventure sur Amiga, consoles et PC avec des titres comme Striker, Power Drive, Incoming ou Expendable.

Special FX n’aura donc pas laissé derrière lui une longue histoire, mais il reste représentatif d’un moment très précis du jeu vidéo britannique. Celui des petits studios techniques, rapides, capables de passer d’une licence de film à une conversion d’arcade, d’un 8 bits à un 16 bits, et de porter sur leurs épaules une partie du succès des grands éditeurs. Dans l’ombre d’Ocean, Special FX a participé à cette époque où chaque grosse licence devait exister sur toutes les machines, quitte à demander aux développeurs de faire parfois de petits miracles avec très peu de mémoire.

  • Batman The Caped CrusaderTest Amstrad CPC
    PAGE 36
  • Batman The Caped CrusaderTest Atari ST
    PAGE 25
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