En 1984, lorsque Cobra Soft imagine sur Oric-1 un jeu d’aventure dont l’intrigue se déroule à bord d’un TGV, l’éditeur chalonnais pose sans le savoir la première pierre d’une série appelée à marquer durablement le paysage vidéoludique français. Une oeuvre fondatrice, qui laisse dans son sillage des souvenirs inoubliables pour toute une génération de joueurs, devenus le temps d’une partie de véritables enquêteurs en herbe.
Aussi dès le succès du premier jeu, Cobra Soft met en chantier un second jeu appelé Meurtres sur l'Atlantique basé sur le même principe.
Pourtant malgré ses qualités, force est de constater qu'avec le temps ce second volet est un peu tombé dans l’oubli. Certains lui préfère l’original tandis que d’autres sa suite plus populaire Meurtres en Série qui se déroule sur l’île anglo-normande de Sercq.
Autant de raisons de redécouvrir aujourd’hui ce titre, et, avec lui, de revenir sur un pan de l’histoire informatique française avec le plan « Informatique pour Tous ». L’occasion également d’en explorer les coulisses… et, pour les plus curieux, de lever le voile sur sa solution. Quarante ans après, il était temps !
1938. En pleine traversée de l’Atlantique, le paquebot Bourgogne relie l’Europe à l’Amérique dans le climat insouciant de l’entre-deux-guerres. À bord, le luxe est omniprésent : salons élégants, passagers fortunés, personnel attentif, tout concourt à donner l’image d’un voyage paisible et mondain. Cette apparente quiétude vole pourtant en éclats lorsqu’un crime est commis. Le navire devient alors un huis clos inquiétant, où chacun peut être suspect et où nul ne peut fuir.
Meurtres sur l’Atlantique est le second épisode de la série « Meurtre » imaginée en 1984 par Bertrand Brocard sur Oric-1. Le premier titre, prémices d’une longue série de cinq jeux, reçoit un très bon accueil autant critique que publique. Fort de ce succès, Cobra Soft enchaine rapidement une séquelle, tout en renforçant la dimension narrative. Meurtres sur l’Atlantique place cette fois l’intrigue sur un paquebot fictif qui aurait navigué dans la période trouble à la fin des années 30 avant la seconde guerre mondiale. Loin de toute démonstration technique, de graphismes spectaculaires ou d’interface guidée, Cobra Soft fait le choix d’une approche plus exigeante, centrée sur le texte, l’imagination et la capacité de déduction du joueur.
Pour ce test qui me tenait particulièrement à cœur, j’ai choisi de bousculer mes habitudes en me tournant vers une machine encore absente de mes précédents articles : le mythique Thomson MO5.
Avec sa silhouette d’un noir mate, ses angles francs, son clavier gomme presque austère, cet ordinateur a fait battre le coeur de bien des enfants. Il faut dire que le MO5, au même titre que le TO7 et ses déclinaisons, n’est pas un ordinateur comme les autres ; il porte en lui une singularité rare, presque insolente : celle d’être français, dans un univers largement façonné par les standards anglo-saxons.
Personnellement, je ne l’ai jamais possédé. Il n’a jamais trouvé sa place dans ma chambre ni sur le bureau familial, et n’a jamais accompagné mes soirées d’enfant. Et pourtant, comme beaucoup de ma génération, je l’ai rencontré et manipulé mais ailleurs…dans une salle de classe où le futur s’invitait, encore timidement, entre deux rangées de tables en formica. Là, entre un exercice complété laborieusement avec un crayon optique parfois capricieux et un programme qui mettait une éternité à se charger, se jouait quelque chose de plus grand : une initiation à un outil qui aller transformer nos sociétés. Bien sûr à notre âge, aucun de nous n’en avait réellement conscience.
Derrière ces souvenirs d’enfance se cache une histoire plus vaste. Une histoire nationale qu’il vaut la peine d’être raconter.
1985 - LA FRANCE EN PLEINE MUTATION INFORMATIQUE
Au milieu des années 80, le jeu vidéo français vit une période d’effervescence. La micro-informatique entre peu à peu dans les foyers et conquiert un nouveau marché, encore balbutiant.
Cinq ans plus tôt, les ordinateurs étaient encore des objets d’un autre monde, presque irréels et inaccessibles.
Cinq ans plus tard ils sont presque des objets de consommation standard, enfin accessible à presque tous.
Le boom est tellement important que les machines qui faisaient figure de références quelques mois plus tôt se retrouvent déjà dépassées, comme emportées par un courant trop rapide pour elles. L’Oric-1, sur lequel avait été développé Meurtre à Grande Vitesse, cède ainsi la place à une nouvelle génération d’ordinateurs 8 bits plus performants et plus séduisants pour le grand public. Sur le devant de la scène émergent des machines devenues emblématiques : l’Amstrad CPC, le Thomson MO5 ou encore le Commodore 64. Chacune apporte ses spécificités, ses capacités graphiques et son univers logiciel, participant à une diversification sans précédent de l’offre, avec un problème majeur : l’absence quasi totale de compatibilité entre les systèmes.
Face à cette profusion, le consommateur avance à tâtons, partagé entre envie et incertitude, et un prix qui demeure encore élevé. Acheter une machine qui deviendra obsolète quelque mois plus tard n’a rien d’alléchant. Dans ce cas mieux vaut ne pas se tromper. Les catalogues s’épaississent, les publicités promettent monts et merveilles, mais la lisibilité du marché s’effrite et se fragmente. Dans ce contexte foisonnant, choisir son ordinateur revient presque à mener une enquête — une enquête où la technique, le prix, la disponibilité des logiciels et même l’intuition personnelle deviennent autant d’indices à décrypter.
Cette période, aussi déroutante soit-elle, marque pourtant une étape fondatrice. Elle pose les bases d’une industrie en pleine structuration, où l’expérimentation et la concurrence vont peu à peu laisser place à des standards plus durables. En attendant, en 1985, le jeu vidéo français avance à vive allure, porté par une énergie brute, parfois chaotique, mais résolument créative.
Et dans cette effervescence technologique des années 80, la France n’est pas en reste. Elle avance ses cartes, portée par l’un de ses géants industriels : Thomson SA.
LE PLAN INFORMATIQUE POUR TOUS
Pour toute une génération, la rencontre avec l’informatique ne s’est pas faite dans l’intimité du foyer, mais dans les salles de classe. En 1985, sous l’impulsion du Premier ministre Laurent Fabius, l’État lance le plan « Informatique Pour Tous » (IPT), un chantier ambitieux visant à démocratiser l’accès aux technologies numériques. L’objectif est simple : réduire les inégalités et préparer les élèves à un futur déjà en marche. Les moyens, eux, oscillent entre volontarisme politique et contraintes techniques.
Reportage d'époque sur le plan « Informatique Pour Tous » initié par le gouvernement de Laurent Fabius (Journal Antenne 2 de janvier 1985, source INA)
Dans les écoles élémentaires et collèges, les Thomson MO5 et TO7/70 deviennent les compagnons d’apprentissage. On y découvre les rudiments du BASIC, les figures géométriques du LOGO… et parfois, en douce ou avec la complicité d’un enseignant curieux, les premiers jeux vidéo. Le crayon optique, souvent capricieux, grince sur l’écran comme un instrument mal accordé, mais qu’importe : derrière la curiosité s’ouvre un monde nouveau, et une fascination durable pour ces machines encore mystérieuses.
Un paysage où l’informatique scolaire, l’expérimentation ludique et les ambitions industrielles se croisent… et où, entre deux lignes de code, pouvaient déjà s’écrire de véritables vocations.
Malgré cela, derrière cette grande aventure éducative se cache une réalité plus contrastée. Soutenue massivement par les commandes publiques, Thomson Micro-Informatique peine à suivre le rythme d’une concurrence internationale en pleine ébullition. Tandis que des machines comme le Amstrad CPC ou le Commodore 64 séduisent par leurs performances et leur catalogue foisonnant, les ordinateurs Thomson donnent parfois l’impression de recycler leurs vieux succès, sans parvenir à franchir un véritable cap technologique. Les tentatives d’exportation, comme le MO5E, se soldent par des échecs, confinant ces machines à une singularité presque exclusivement française.
Et pourtant, pour ceux qui franchissent le pas, ces ordinateurs deviennent le théâtre d’heures inoubliables. Une ludothèque discrète mais marquante s’y déploie : L’Aigle d’or,de Louis-Marie Rocques (qui creera avec son frère la société Silmarils en 1987), Mandragore, Sapiens… et bien sûr Meurtres sur l’Atlantique, qui trouve naturellement sa place dans cet écosystème si particulier.
En 1986, à peine un an après le lancement du plan « Informatique pour Tous », l’heure des comptes a sonné … Si l’intention est louable, le bilan lui est plus contrasté. Malgré la volonté politique, la réalité du terrain s’avère plus complexe : en premier lieu le choix des machines Thomson, loin d’être à la pointe technologique et qui deviennent rapidement obsolètes, un programme de formation des enseignants jugé souvent insuffisant, et des usages pédagogiques encore balbutiants et incertains. Faute de logiciels réellement adaptés et d’un soutien durable, le matériel reste parfois sous-exploité et fini par prendre la poussière. L’élan initial s’essouffle, laissant place à des critiques de plus en plus vives.
En 1989, le plan « IPT » prend fin dans l’indifférence quasi général, entraînant dans son sillage la branche micro-informatique de Thomson, trop étroitement liée à ce programme pour lui survivre.
THOMSON : L’INFORMATIQUE A LA FRANCAISE
Nationalisé en 1982 sous la présidence de François Mitterrand, le groupe se réorganise en réunissant Thomson-Brandt et Thomson-CSF au sein d’une même entité. Dans leur sillage naît, en 1983, Thomson Micro-Informatique, branche dédiée à une ambition nouvelle : faire entrer l’informatique dans le quotidien des français. Les foyers, certes mais aussi les écoles, et si le matériel pouvait être français, après tout, c’était encore mieux.
De cette impulsion émergent des machines devenues emblématiques : Thomson TO7/70, MO5, TO7, MO6, et plus tardivement TO8 et TO9. Des noms qui, pour beaucoup, résonnent comme des moments de plaisir et de convivialité familiale à s’essayer aux programmes incroyables gravés sur les bandes magnétiques d’une simple cassette audio.
Sortie au milieu de l’année 1984 par Thomson Micro-Informatique, le MO5 s’impose rapidement comme l’un des visages les plus familiers de la micro-informatique en France. Animé par un processeur Motorola 6809E, doté de 48 kilo-octets de mémoire vive et livré avec un BASIC en ROM, il offre un compromis solide entre accessibilité et possibilités. Son clavier gomme comme sur le TO7-70 (Une version avec un clavier mécanique sera commercialisée), son lecteur de cassettes souvent capricieux et ses graphismes modestes trahissent les limites de l’époque… mais l’essentiel est ailleurs. Le MO5 est une porte d’entrée. Une machine pensée pour apprendre, expérimenter, et parfois jouer.
Car plus qu’un simple ordinateur familial, il devient un outil pédagogique emblématique. Propulsé dans les salles de classe par le plan « Informatique Pour Tous », il initie toute une génération aux rudiments de la programmation. Sur ses écrans aux couleurs vives, on trace ses premières lignes de code, on découvre le LOGO, et l’on s’aventure, souvent en marge des cours, dans les premiers jeux vidéo. Une initiation parfois hésitante, mais fondatrice.
Publicité Thomson TO7: Son mono, voix-off qui rappelle presque Noël, c'est sûr on est dans les années 80
Le MO5 ne surgit pas seul. Il s’inscrit dans une lignée amorcée avec les TO7 et TO7/70, reconnaissables à leur stylo optique et à leur orientation déjà marquée vers l’éducation. Plus tard, le MO6 tentera de moderniser la formule, tandis que les TO8/TO8D et TO9 chercheront à monter en gamme, avec des ambitions plus affirmées mais toujours basé sur le même microprocesseur 8 bits Motorola 6809E cadencé à 1 MHz .
Malgré cela, la gamme Thomson conserve une identité singulière. Moins tournée vers la performance brute que certains concurrents étrangers, elle privilégie une approche encadrée, presque institutionnelle, de l’informatique. Une orientation qui limitera son rayonnement à l’international, mais qui, en France, lui assurera une place à part.
Car au fond, le Thomson MO5 n’est pas seulement une machine. C’est un point de départ. Un compagnon d’apprentissage, parfois frustrant, souvent attachant, qui aura contribué à faire entrer l’informatique dans le quotidien. Et, avec elle, l’idée qu’un écran pouvait être bien plus qu’un simple affichage : un espace à explorer, à comprendre… et à inventer.
À la fin des années 1980, alors que le marché de la micro-informatique continue sa mutation et que ne subsiste que quelques constructeurs mondiaux, Thomson peinent à suivre le rythme et accuse de plus en plus son retard. Différents projets de rapprochement avec le groupe néerlandais Philips sont envisagés, sans jamais aboutir. Ce manque d’ambition et cette incapacité à trouver des alliances illustre les difficultés structurelles d’une industrie nationale mais aussi européenne confrontée à une concurrence désormais mondialisée.
En 1989, Thomson se retire progressivement du marché de la micro-informatique grand public. Dix années très mitigées car malgré un succès notable dans le cadre scolaire, notamment grâce au plan « Informatique pour Tous », ses machines n’ont pas réussi à s’imposer durablement en dehors du territoire français. Une page se tourne, marquant la fin d’une ambition industrielle aussi singulière qu’audacieuse.
MEURTRES SUR L’ATLANTIQUE
PRINCIPE DU JEU
Meurtres sur l’Atlantique s’inscrit dans la continuité directe de son prédécesseur, dont il reprend le concept tout en approfondissant la difficulté et la surface de jeu. Si les graphismes ne sont pas spectaculaires, souvent même en dessous de la concurrence, et l’interface plutôt rudimentaire, Cobra Soft mise tout sur l’imagination et l’intelligence du joueur pour s’immerger pleinement dans cette nouvelle enquête. Il faut dire que les capacités des micro-ordinateurs de l’époque sont encore limitées et s’adaptent plutôt bien à ce style de jeu.
L’interface se répartit en trois zones distinctes qui organisent l’ensemble de l’expérience de jeu :
- Dans la partie supérieure de l’écran se déploie une coupe longitudinale du paquebot, véritable cartographie interactive des lieux. Le joueur y est symbolisé par un point lumineux évoluant de cabine en cabine, franchissant les ponts via des ascenseurs susceptibles, parfois, de tomber en panne. Cette représentation, à la fois abstraite et fonctionnelle, évoque le parcours méthodique d’un enquêteur progressant dans un espace clos, où chaque déplacement participe à la construction de l’investigation.
- La partie inférieure de l’écran concentre les informations contextuelles à savoir :
• À droite, une image du lieu visité, au format timbre-poste, accessible par une touche du clavier.
• À gauche, les éléments relatifs aux personnages s’affichent successivement : leur portrait — la notice apporte l’information importante qu’ils sont digitalisés, on n’aurait pas cru — ainsi que leur témoignage.
L’ensemble s’inscrit dans une logique d’interaction strictement encadrée : le jeu ne propose ni dialogue libre ni analyseur syntaxique, contrairement à d’autres jeux d’aventure textuelle de cette époque. Les échanges sont entièrement prédéfinis, contraignant le joueur à composer avec un ensemble de témoignages figé, sans possibilité d’orienter directement les interrogatoires.
Si cette approche peut, de prime abord, susciter une certaine frustration, elle opère en réalité un déplacement subtil du cœur de l’expérience. La difficulté ne réside plus dans la formulation des bonnes questions, mais dans la capacité à interpréter, hiérarchiser et recouper les éléments recueillis. L’enquête cesse d’être un exercice de syntaxe pour devenir un travail d’analyse pure, où chaque détail doit être pesé, confronté aux autres, puis intégré dans une construction logique cohérente.
En cela, la série des « Meurtres » amorce une évolution discrète mais significative du genre. Elle préfigure une génération de jeux d’aventure où l’interface et les interactions, davantage encadrées, libèrent paradoxalement le joueur de la contrainte de saisie pour mieux concentrer l’expérience sur la réflexion et la déduction.
L’interaction repose dès lors sur une série d’actions précises et systématiques : observer un lieu, interroger un personnage, fouiller, ou encore entreprendre une action spécifique. Cette mécanique, répétitive en apparence, se transforme rapidement en un protocole d’investigation quasi mécanique. Face à la densité des lieux à explorer et au nombre important de cabines, cette rigueur devient une nécessité : le jeu ne guide jamais explicitement le joueur, se contentant d’exposer faits et indices. Il lui revient alors de structurer sa démarche, de recouper les informations et d’élaborer ses propres hypothèses.
UN PAQUEBOT COMME THEATRE DU CRIME
L’aventure prend place cette fois à bord d’un paquebot fictif qui aurait navigué de 1937 à 1943, date à laquelle, comme nous le raconte le scénario, il a coulé quelque part dans l’océan Arctique avec… une cargaison de lingot d’or ; Le but du jeu n’est pas de mettre la main sur cette cargaison mais de confondre le ou les coupables de deux meurtres qui se sont produit durant la traversée.
Pour reproduire le plus fidèlement possible l’ambiance des années 30, Bertrand Brocard se documente dans les revues spécialisés.
Un commandant de bord
Ambiance année 30
Ambiance année 30
Le choix du paquebot comme décor ne doit rien au hasard. Bien avant son appropriation par le jeu vidéo, ce cadre s’impose comme un classique du récit policier, aussi bien en littérature qu’à l’écran. Espace clos par excellence, coupé du monde, le navire impose une promiscuité forcée entre des individus que tout oppose. Une configuration idéale pour faire naître tensions, faux-semblants et révélations. Le Bourgogne n’est pas qu’un simple lieu : c’est un personnage à part entière. Ses ponts, ses cabines, ses salons et ses coursives forment un labyrinthe, propice aux découvertes.
Cartes Postales, photos et brochures aident à composer cet environnement riche.
Photos de paquebots
Guide du passager 1
Guide du passager 2
Guide du passager 3
À l’origine, l’intrigue devait se dérouler à bord du prestigieux navire Normandie, ce qui aurait marqué les cinquante ans de mise en service du célèbre paquebot. Brocard souhaite utiliser pour son jeu la marque « Normandie » et « French Line » qui sont des marques déposées. Mais les contraintes budgétaires et questions de droits obligent, le projet est réorienté vers un navire fictif. Il faut dire que le nom du paquebot n’a pas de grande importance dans l’intrigue du jeu. Un mal pour un bien, peut-être, car cette liberté permet justement au récit de s’affranchir du réel et de cultiver sa propre légende.
Néanmoins Brocard s’inspire de faits réels directement puisé dans les articles consacrés au célèbre navire comme cet article.
Article sur le « Normandie »
Article sur le « Normandie »
Article sur le « Normandie »
Article sur le « Normandie »
Article sur le « Normandie »
Article sur le « Normandie »
Article sur le « Normandie »
Ce choix d’un crime à bord d’un paquebot vient bousculer notre vision idyllique de la croisière. Dans l’imaginaire collectif, la croisière évoque avant tout l’évasion, le confort et la légèreté. Le paquebot y apparaît comme une parenthèse hors du temps, un espace où le quotidien s’efface au profit du loisir et de la détente.
« La Croisière s’amuse » (« The Love Boat »). Une bonne vieille série des années 80, pleine de bons sentiments et son générique entêtant
Cette vision s’impose durablement dans les années 80, notamment à travers des séries populaires comme La Croisière s'amuse. À bord, les intrigues sont avant tout sentimentales, les conflits se résolvent en douceur et chaque escale marque le retour à un équilibre retrouvé. Le navire devient ainsi le théâtre d’un monde idéalisé, presque irréel, où rien de véritablement grave ne peut survenir.
C’est précisément dans cet écart que Meurtres sur l’Atlantique trouve sa singularité. Là où la croisière télévisuelle promet l’évasion et l’insouciance, le jeu installe un climat de suspicion et de menace. Le paquebot n’est plus un refuge, mais une scène verrouillée où chaque passager devient un suspect potentiel. Une micro-société en vase clos, où le vernis des apparences ne tarde jamais à se fissurer.
Pourtant bien avant son appropriation par la télévision, ce cadre s’impose comme un classique du récit policier. Car derrière cette façade de convivialité, le paquebot constitue en réalité un décor particulièrement propice au crime. Espace clos, isolé du monde, structuré par des hiérarchies sociales fortes, il enferme dans un même lieu des individus contraints de cohabiter sans réellement se connaître. Une configuration idéale pour faire naître soupçons, tensions et parfois même crimes.
La littérature s’est très tôt emparée de ce potentiel. La référence incontournable reste Mort sur le Nil d’ Agatha Christie. À bord d’un bateau de croisière, Hercule Poirot enquête sur le meurtre d’une riche héritière. Tous les passagers deviennent suspects, chacun dissimulant un mobile, un passé ou une jalousie. Le huis clos flottant renforce ici la mécanique du soupçon : impossible de fuir, impossible d’échapper au regard des autres. La vérité doit émerger avant la fin du voyage.
Dans « eaux troubles », Columbo enquête lui aussi sur un crime sur un paquebot. (1975, Saison 4 - épisode 4)
La télévision, elle aussi, s’est emparée de ce décor. Dans un épisode marquant de Columbo (« Eaux troubles »), le célèbre inspecteur se retrouve en vacances sur un paquebot lorsqu’un meurtre est commis. Reprenant la formule de la série, le spectateur connaît déjà le coupable, mais toute la tension repose sur la manière dont Columbo va démêler un alibi en apparence irréfutable. Mais, fidèle à sa réputation, Columbo gratte le vernis, traque l’infime incohérence… jusqu’à faire surgir une vérité insoupçonnée. Le cadre du navire accentue ici le jeu du chat et de la souris, chaque déplacement étant observé, chaque mensonge potentiellement traçable. Une mécanique que Meurtres sur l’Atlantique semble reprendre à sa manière, en invitant le joueur à douter de chaque indice et de chaque personnage.
Plus récemment sur Netflix, le documentaire « Amy Bradley, la passagère disparue » revient sur la mystérieuse disparition d’une jeune femme lors d’une croisière. L’affaire installe un malaise et soulève une question dérangeante : comment un passager peut-il s’évanouir dans un espace aussi délimité ? Ce qui devait être un moment de légèreté bascule alors dans le drame, ébranlant nos certitudes sur la sécurité à bord d’un tel navire. Le réel vient nous rappeler que cette frontière entre insouciance et drame n’est pas qu’un ressort de fiction. Le tragique s’invite même dans les moments les plus inattendus.
À travers ces oeuvres, une constante se dégage : le paquebot fonctionne comme un véritable laboratoire narratif. Isolé, structuré, peuplé d’inconnus contraints de cohabiter, il offre un terrain idéal pour les intrigues policières. Un principe que Meurtres sur l’Atlantique reprend à son compte, en l’adaptant aux codes du jeu vidéo, transformant le joueur en enquêteur prisonnier de ce théâtre flottant où, comme toujours, le coupable ne peut être que l’un des passagers.
UNE ENQUÊTE EXIGEANTE AU CŒUR D’UN LABYRINTHE D’INTRIGUES
Le décor agit comme une véritable loupe narrative. Huis clos flottant, espace socialement structuré, le paquebot réunit une galerie de personnages qui se croisent sans réellement se connaître. Un microcosme idéal où se nouent tensions, secrets et faux-semblants.
« Le succès de « Meurtre à grande vitesse » exigeait qu’on reprenne l’idée en tenant compte des remarques des utilisateurs… Première étape : trouver un autre univers clos. Le Concorde retint mon attention mais, très vite, je crains de recréer un deuxième TGV. Depuis plusieurs années, l’histoire de l’informatique me passionne ; L’histoire de la seconde guerre mondiale aussi. J’approchais. Quel cadre pourrait offrir assez de possibilités pour se prêter à un entrelacs d’énigmes ? Le transatlantique, Le Normandie fut la réponse : 1985 fêtait son cinquantenaire. J’avais mon cadre !
Bertrand Brocard, fondateur de Coba Soft
Une fois le crime découvert, le jeu impose immédiatement sa cadence. Ici, pas d’action frénétique : tout repose sur l’attention et la rigueur. Lire, observer, interroger, recouper. Chaque détail compte, chaque information peut devenir la clé d’une énigme plusieurs heures plus tard. L’enquête progresse à la manière d’un puzzle patient, où la vérité ne se révèle qu’à ceux capables de relier des fragments épars.
Car l’intrigue ne se limite pas à identifier l’assassin de l’aviateur ni celui du second corps découvert dans l’entrepôt frigorifique. Elle déploie un réseau dense d’énigmes imbriquées, parfois limpides, souvent retorses, qu’il faut patiemment démêler. Chaque protagoniste constitue une pièce d’un ensemble plus vaste, dont il faut reconstituer l’image globale. Les témoignages se complètent, se contredisent, ou ne se dévoilent qu’après certaines rencontres, obligeant le joueur à revenir sur ses pas et à reconsidérer ses hypothèses.
Au fil de l’enquête, vous serez ainsi amené, entre-autre, à :
- Débloquer un ascenseur en traduisant un code binaire en système décimal
- Ecouter puis retranscrire un message en morse, malgré les limites sonores des machines de l’époque et sans aucune aide textuelle !
- Ouvrir une mallette verrouillée par un code
- Mettre au jour un escalier dissimulé
- Décrypter un message en braille
- Révéler un message caché rédigé à l’encre sympathique
Un véritable parcours d’esprit, où logique et intuition s’entrelacent. Certaines pistes s’avèrent trompeuses, et une erreur d’interprétation peut ralentir considérablement la progression, voire compromettre l’enquête. À tout moment, un test de compréhension permet d’évaluer la cohérence de vos déductions et de mesurer votre maîtrise des différentes intrigues.
Cette exigence confère au jeu une tension permanente, renforcée par l’absence totale de guidage. À la différence de titres plus permissifs, il ne suffit pas de collecter des informations : encore faut-il les analyser correctement, accepter de remettre en cause ses certitudes et parfois corriger une lecture erronée des faits. Une approche proche du travail d’enquête journalistique ou policière.
Le contexte historique, celui d’une Europe au bord du basculement, offre un terrain d’une grande richesse. Espionnage, disparitions, manipulations et intrigues plus intimes s’entrelacent dans un récit dense et habilement construit. Pour nourrir cette toile narrative, l’auteur s’appuie sur une documentation solide — qu’il s’agisse de références liées au paquebot Normandie, de la naissance de l’informatique ou des prémices de la guerre de l’ombre que se livrent déjà les grandes puissances.
Un an de préparation fut nécessaire pour réaliser ce projet. L’ébauche première était en place où s’entrecroisent plusieurs univers :
- celui de l’avant-guerre, alors que la tension monte en Europe, avec l’ascension de Hitler et du nazisme, sur fond d’années, folles, de jazz et de modern’style ;
- celui des records d’aviation et la période faste des paquebots transatlantiques qui rivalisent de vitesse… et de luxe ;
- la naissance de l’informatique avec les travaux d’Alan Turing en Angleterre, de Conrad Zuse en Allemagne et de Von Neumann aux Etats-Unis ;
- enfin, les préparatifs de la guerre secrète que se livreront dans l’ombre les nazis et la alliés (en particulier les Britanniques) pendant les cinq ans de la deuxième guerre mondiale.
Bertrand Brocard, fondateur de Coba Soft
Ce mélange d’Histoire et de fiction se matérialise dans les nombreux éléments fournis dans le dossier du jeu : photographies, fragments de code, fac-similés, indices et objets — morceau de ficelle, douille, microfilm… Autant de pièces à conviction qu’il faudra manipuler, croiser et décrypter. Une étape souvent exigeante, parfois déroutante, mais qui constitue le cœur même de l’expérience.
Pour ce scénario, j'ai lu de nombreuses histoires sur l'avant-guerre, sur le Normandie ; bien sûr, je me suis rendu sur place en Angleterre pour reconnaître les lieux où ont vécu certains des personnages. Tenez, hier soir, j'ai enregistré l'histoire de l'informatique à la TV. Très instructif, dommage que l'émission soit présentée après la sortie du logiciel, on y retrouve tous les personnages que j'ai utilisés. Bien sûr, j'ai un peu maquillé les noms, inventé des pièces manquantes pour le scénario - et parfois on a la surprise de constater que la réalité rejoint la fiction.
Bertrand Brocard, fondateur de Coba Soft
Parmi les fils conducteurs, la machine Enigma occupe une place centrale, incarnant ce lien constant entre Histoire et fiction. La figure d’Alan Turing, ici évoquée sous une forme légèrement détournée, renforce encore cet ancrage historique, tout en brouillant volontairement les repères du joueur.
Enfin, il est important de replacer le jeu dans son contexte, celui de l’ère pré-Internet. Se retrouver bloqué faisait partie intégrante du jeu, presque comme un rite de passage. Faute de solution immédiate, les joueurs échangeaient leurs hypothèses entre amis ou en famille, consultaient ouvrages et encyclopédies, ou attendaient fébrilement les réponses de la presse spécialisée. Cette attente, parfois longue, participait pleinement à l’expérience : celle d’un jeu qui débordait largement du cadre de l’écran pour s’inscrire dans le temps, nourri par la réflexion, l’échange et une détermination tenace à percer ses mystères.
QUAND LE JEU S’INVITE DANS LE RÉEL
Encore une fois le packaging du jeu et son contenu fait honneur à la série. Plus qu’un simple contenant, il participe pleinement à l’expérience et prolonge l’immersion bien au-delà de l’écran.
Le jeu se présente sous la forme d’un imposant dossier toilé de couleur verte du plus bel effet, et immédiatement reconnaissable.
Meurtres sur l’Atlantique : la boîte sous forme de dossier vert et ses nombreux indices d’enquête. Saurez-vous assez perspicace pour résoudre le mystère ?
L’ensemble est sublimé par une superbe illustration signée Christian Descombes, qui donne à elle seule le ton : celui d’une intrigue élégante et mystérieuse à bord d’un paquebot de luxe.
Une illustration à la croisée du roman noir et de l’affiche rétro par Christian Descombes
Mais c’est en l’ouvrant que le joueur mesure toute l’originalité de la démarche. À l’intérieur, près d’une quarantaine d’indices physiques l’attendent. Loin d’être de simples accessoires, ces éléments constituent le prolongement direct de l’enquête. Cartes de visite, bouton de veste, allumettes, douille… chaque objet devient une pièce à conviction à part entière. Le jeu ne se contente plus d’exister à l’écran : il s’invite dans le réel, transformant peu à peu le bureau ou la table du joueur en une véritable scène d’investigation.
Rassembler les indices a été particulièrement complexe comme l’indique Brocard dans une interview parue dans TEO :
Je suis un fouineur : je trouve une douille et j'imagine qu'elle prendra place à merveille dans la pochette d'objets hétéroclites qui accompagne le logiciel. La première n'était pas compliquée à dénicher, mais allez trouver les centaines d'autres nécessaires pour remplir la parfaite trousse de l'enquêteur ! C'est toujours dans ces moments-là que la foire aux antiquités s'est terminée la semaine précédant la découverte. Parfois aussi, vous passez pour fou. L'un des documents est imprimé en encre sympathique. Imaginez la tête des imprimeurs quand vous leur déclarez : "Je voudrais que vous m'imprimiez ce document en encre sympathique." On m'a plutôt regardé dubitativement. Sans compter un des joueurs qui a testé le logiciel et qui, consciencieusement, se rend au commissariat pour faire traduire par des spécialistes un message écrit en Morse. Les policiers étaient en effervescence et la méfiance gonflait leurs esprits. Le joueur téméraire dut revenir le lendemain avec le logiciel pour prouver ses dires. Je ne sais pas si depuis le commissaire mène l'enquête à bord du Bourgogne !
Bertrand Brocard, fondateur de Coba Soft
Point d’orgue de cette mise en scène : une enveloppe dissimulée avec soin, marquée de la mention « Ultra secrète ». Glissée entre deux encarts du dossier, elle ne se révèle qu’aux joueurs les plus curieux, ceux qui prennent le temps d’explorer chaque recoin de l’objet. Beaucoup sont sans doute passés à côté de cet élément pourtant crucial, preuve supplémentaire que, dans Meurtres sur l’Atlantique, l’enquête commence dès l’ouverture de la boîte.
Habilement mis en scène, la publicité du jeu dans les magazines de l’époque, avait des allures de scène de crime avec ses nombreuses pièces à conviction.
UNE DÉCLINAISON MULTI-PLATEFORME
La conception de Meurtres sur l’Atlantique s’étale sur une grande partie de l’année 1985. Une première phase est consacrée à la recherche documentaire et à l’élaboration des différentes intrigues, pierre angulaire du projet. Ce travail préparatoire, particulièrement dense, conditionne toute la structure du jeu.
Durant l’été 1985, le développement s’accélère. Les versions Amstrad CPC, disponibles sur cassette et disquette, deviennent la référence technique et sont les premières à être commercialisées. Elles servent de base aux adaptations sur les autres supports.
Plusieurs déclinaisons sont mises en chantier : Thomson MO5 et TO7, MSX, Commodore 64, et même une version beaucoup plus confidentielle sur l’Exelvision EXL100, aujourd’hui largement tombée dans l’oubli. Cette volonté de diffusion large témoigne de l’ambition de Cobra Soft de toucher un public aussi vaste que possible, malgré les contraintes techniques propres à chaque machine.
D’un point de vue économique, une première estimation tablait sur environ 2 600 exemplaires par support. Rapidement jugée insuffisante pour assurer la rentabilité du projet, la production est revue à la hausse, atteignant environ 5 000 unités pour les machines les plus populaires. Malgré cela, aucune réédition ne sera envisagée. Comme pour les autres titres de la série, la complexité du packaging — et notamment la présence des nombreux indices physiques indispensables à l’enquête — rend toute réédition en compilation difficilement viable.
Une version Oric est également envisagée. Pour en mesurer l’intérêt, Cobra Soft met en place un sondage et glisse dans plusieurs magazines un bulletin de participation à retourner. Le développement est toutefois conditionné à un minimum de 500 commandes, seuil qui ne sera jamais atteint. Le projet est finalement abandonné. Il faudra attendre près de vingt ans pour voir apparaître une adaptation non officielle, réalisée par un passionné Dominique Pessan. Une prouesse technique compte tenu des capacités limitées de la machine, d’autant qu’il s’illustrera également avec des versions Oric de Meurtres en Série et, travaille actuellement sur celle de Meurtres à Venise.
En parallèle, un jeu-concours est organisé à l’époque, avec à la clé une croisière en Méditerranée pour les joueurs capables de résoudre l’ensemble de l’enquête et de répondre correctement aux questionnaires diffusés dans la boîte du jeu et dans la presse spécialisée.
Pour finir, le titre connaît une adaptation à l’international sous le titre « Murder On The Atlantic ». Une version anglaise est ainsi éditée par Intracorp, librement inspiré du titre de Cobra Soft mais avec quelques similitudes. Si l’intrigue se passe toujours sur le paquebot français Bourgogne en 1938, le scénario a été largement remaniée ainsi que les éléments matériels. Cette édition bénéficiera néanmoins d’adaptations sur Apple II mais aussi Atari ST et Amiga, sans pour autant exploiter pleinement les capacités de ces machines.
ACCEUIL CRITIQUE
À sa sortie, le jeu trouve un écho globalement favorable dans la presse spécialisée, qui salue une enquête originale, dans le paysage ludique de l’époque.
Le magazine Teo, pourtant très orienté vers l’univers Oric, s’entretient avec Bertrand Brocard. L’interview témoigne de l’intérêt suscité par le projet, même si la déclinaison Oric restera finalement à l’état d’ébauche, jamais concrétisée dans sa forme initiale.
Du côté de Jeux & Stratégie (HS n°03), le ton est résolument admiratif face à la richesse du dispositif d’enquête : « En tout, 40 indices. On croit rêver ! Les amateurs de jeux apprécieront ». Une phrase qui résume bien l’effet produit à l’époque, entre curiosité et enthousiasme.
Le test de Tilt n°30 (avril 1986) se distingue par une analyse plus littéraire du jeu. La journaliste insiste sur la profondeur des personnages, loin des archétypes habituels : « Enfin un jeu d’aventure où les héros ne sont pas inexistants… les personnages sont vivants, palpables… plus humains, et partant plus intéressants… Les amateurs d’enquêtes jubileront. C’est original, drôle et très bien fait. » Mais elle pointe aussi une limite structurelle du gameplay, évoquant une exploration parfois laborieuse : « inspecter les cinq cents et quelques pièces du navire pixel par pixel prend des allures d’aiguille dans une botte de foin. »
Enfin, Amstar n°6 (février 1987), publie son test près d’un an après la sortie du jeu, insiste sur la dimension sournoise de l’enquête et la complexité de sa résolution : « Vous allez sans doute vous apercevoir que l’on vous entraîne parfois sur de mauvaises pistes… Ne pensez pas résoudre l’énigme en une journée, vous aurez peut-être même besoin d’une assistance extérieure ». Un avertissement qui résonne comme une signature : celle d’un jeu qui ne se laisse pas résoudre facilement.
Consécration ultime, Meurtres sur l’Atlantique remporte le Tilt d’Or 1986 du meilleur jeu d’aventure
ex-aequo avec Sram d’Ere Informatique. Deux approches très différentes du jeu d’aventure textuelle mais qui ont toute deux marqués la scène française de l’époque.
Le Tilt d’Or 1986 du meilleur jeu d’aventure remporté par « Meurtres sur l’Atlantique » trône fièrement sur un mur du Conservatoire Nationale du Jeu Vidéo (CNJV) fondé par Bertrand Brocard.
Et le mot de la fin à Bertrand Brocard :
Quand je conçois un scénario, je n'oublie jamais d'y mêler la réalité, d'où l'abondance d'indices annexes. Au fond, "Meurtres sur l'Atlantique", c'est un jeu assisté par ordinateur. Le joueur doit se débrouiller pour trouver et ne pas toujours rester derrière son écran. Il doit faire comme nous partir à la recherche des pistes. C'est ça qui est passionnant et qui passionne les utilisateurs : leurs lettres, leurs appels téléphoniques en sont la preuve !
Bertrand Brocard, fondateur de Coba Soft
EN BREF
Jouer à Meurtres sur l’Atlantique aujourd’hui demande quelques concessions. Les graphismes sont sommaires, les déplacements parfois lents, et la bande sonore quasi inexistante. Pourtant, pour peu que l’on fasse l’effort de dépasser ces contraintes et de laisser l’imagination prendre le relais, l’aventure se révèle pleinement, intacte, à portée de clic.
Le jeu se montre exigeant, parfois même austère, mais quel plaisir de reconstituer patiemment le puzzle, de s’interroger sur un détail, de douter de chaque personnage. À une époque où tout n’était pas dévoilé, il fallait comprendre, déduire, imaginer.
C’est peut-être là que réside toute sa force : dans cette capacité à rappeler que le jeu vidéo ne se mesure pas seulement à la qualité de ses graphismes, mais à la richesse de l’expérience qu’il propose. Et sur ce point, Meurtres sur l’Atlantique n’a rien perdu de sa superbe.
ON AIME... + Un nouvel épisode de la série "Meurtre" +
Des graphismes sur Thomson plus agréable que sur le premier épisode sur Oric +
Une enquête passionnante avec des indices réels
ON AIME MOINS... - Environnement monotone, pas de musique, très peu de sons -
Des centaines de pièces à explorer -
Images des lieux minuscules et peu variés -
L'intrigue se noie dans le trop plein de suspects
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SOLUTION
A un moment donné du jeu, l'ascenseur va se bloquer :
Pour le débloquer il faudra saisir un code en fonction du code binaire (0 et 1) qui est affichés à l'écran. Ce code change à chaque partie.
Pour cela lancer la calculatrice en mode scientifique et taper le code binaire, par exemple celui-ci en fonction du code qui était affiché plus haut
Il faudra saisir la valeur décimale correspondante au code binaire pour débloquer l'ascenseur
LE PRÊTRETÉMOIGNAGE 01
LOCALISATION : PONT E - CHAPELLE
nterroger
« Bonjour... si c'est pour une confession, il faut revenir dans une heure ! Ah, c'est pour une enquête... C'est vrai que je sais bien des choses mais je suis tenu par le secret de la confession ! Je pourrais parler si vous me donnez le prénom du successeur de St-Pierre ! »
RÉPONDRE : "ACHILLE"
« Je peux vous révéler que la petite Turning n'a pas la conscience tranquille »
DEDUCTION : – Drôle de prêtre : il trahit sans hésiter le secret de la confession, ce qui jette un doute sérieux sur son authenticité ou, à minima, sur son intégrité. – Il désigne Célestine Turning (Témoignage n°11) comme ayant la conscience troublée, ce qui sera confirmé par son attitude défensive et ses propos confus. – Son rôle semble être celui d’un déclencheur : il oriente l’enquête vers une piste clé sans être lui-même directement impliqué. – Hypothèse : soit un imposteur, soit un opportuniste utilisant sa position pour manipuler les informations.
MR MOZARELLATÉMOIGNAGE 02
LOCALISATION : PONT G - PRISON
nterroger
« Tiens une visite ! J'ai été arrêté pour de menus larcins... Vous savez ce que c'est une main leste qu'on ne peut retenir. Je vais retrouver des cousins qui ont réussi aux USA, foi de Mozzarella, là-bas il y a des choses à faire ! Et puis je voudrais assurer l'avenir de mon fils pour qu'il ne tourne pas mal... »
DEDUCTION : - Dominique MOZARELLA est le père d'Antoine MOZARELLA, personnage du premier jeu "Meurtre à grande vitesse". – Petit délinquant assumé, plus proche du pickpocket opportuniste que du criminel structuré évoqué dans l’affaire principale. – Son arrestation recoupe les propos du commissaire (Témoignage n°30) mentionnant un pickpocket à bord. – Aucun lien direct avec le meurtre ni avec les intrigues d’espionnage en cours. – Semble être un élément de décor narratif, utile pour brouiller les pistes mais sans implication réelle.
WILLIAM ALLISON (ALIAS JOHN WADE)TÉMOIGNAGE 03
LOCALISATION : PONT J - CABINE 15
⚠️ CONDITION PRÉALABLE :
ouiller le stand de tir sur le pont E
- Par terre, une curieuse feuille marron (*)
nterroger
« Fichez-moi la paix ! Quoi du Braille ??? Ah bon... Vous voulez savoir ce qui est écrit sur cette feuille... Donnez... heu... c'est une page d'un roman "Le faux suicide de Sir Atmos Microsoftkis". »
PIÈCES À CONVICTION
- Un alphabet Braille.
MESSAGE EN BRAILLE DÉCRYPTÉ :
"QUELQUE CHOSE SE CACHE DANS LES COULISSES DE MEURTRE SUR L'ATLANTIQUE."
NB : On notera qu’il manque un « S » au mot MEURTRE !
DEDUCTION : – Sa traduction du message en braille est fausse : il ment ou feint l’ignorance. – S’il prétend être aveugle, ce mensonge suggère qu’il ne l’est pas, ou qu’il joue un rôle. – Le message réel évoque une machination en coulisses, ce qui l’inscrit dans une intrigue plus vaste que le simple meurtre. – Recoupement avec le témoignage n°23 : la présence d’un faux aveugle rôdant près de la soute renforce la suspicion à son égard. – Conclusion : individu suspect, probablement impliqué dans une opération secrète ou dans une surveillance clandestine.
KARL ALTMANTÉMOIGNAGE 04
LOCALISATION : PONT J - CABINE 26
ouiller
« C'est un scandale ! Je me plaindrai à mon gouvernement ! »
nterroger
Vous avez bien fait de ne pas vous laisser intimider ...
- Dans sa poche il a un morceau de ficelle (*)
« C'est la pagaille dans ce bateau. Tout n'est plus que désordre et dépravation ! Une épuration sera bientôt utile. Dans mon pays grâce à notre Führer, les choses ne se passent pas comme ça... Grace à lui, l'Allemagne est redevenue une puissance mondiale ! Depuis le départ j'ai gardé l'heure de mon pays par fidélité à ma patrie ! »
Plus loin, en fouillant l'ascenseur de gauche au pont J...
LOCALISATION : ASCENSEUR DE GAUCHE [PONT J]
ouiller
- Une carte ALTMAN (*) une douille de 7.65
DEDUCTION : – Idéologie clairement nazie, cohérente avec la présence d’agents allemands (cf. Témoignages n°17 et n°22). – La ficelle trouvée sur lui correspond potentiellement à l’arme du crime (strangulation), comme confirmé par le médecin (Témoignage n°16). – La découverte de sa carte et d’une douille dans l’ascenseur suggère qu’il a été impliqué dans un événement violent (tir ou confrontation). – Possibilité qu’il soit mêlé à l’opération d’enlèvement du savant Turning (Opération X22). – Conclusion : suspect majeur, à la croisée du meurtre et du réseau d’espionnage.
Marie-Annick BIOCHONTÉMOIGNAGE 05
LOCALISATION : PONT E - BUREAU DE POSTE
nterroger
« Je m'appelle Biochon Marie-Annick et je travaille au bureau télégraphique. Je dois dire que je n'ai rien vu de spécial concernant la mort de M. de la Vallière. Cependant je trouve qu'il se passe de drôles de choses sur le bateau. J'ai remarqué un passager de nationalité allemande, un comte je crois, qui envoie de curieux messages. On dirait qu'ils sont codés ! »
DEDUCTION : – Témoignage neutre en apparence, mais capital pour orienter vers une piste d’espionnage. – Elle confirme l’existence de messages codés envoyés par un passager allemand, probablement le comte évoqué (à rapprocher de Graf Von Druben – Témoignage n°17 – ou Otto Kempfer – Témoignage n°22). – Recoupe parfaitement la présence d’une organisation structurée (Opération X22). – En tant qu’employée du télégraphe, elle est une observatrice crédible des communications suspectes. – Conclusion : témoin fiable, pièce clé pour comprendre le contexte global mais non impliquée directement.
GRETA VON BAUMANTÉMOIGNAGE 06
LOCALISATION : PONT G - HÔPITAL
nterroger
« Vous savez, je n'ai pas très envie de parler, je suis mal... et la mort de Philippe, c'est un peu la mort de moi-même ! Si seulement nous avions passés ensemble cette dernière soirée... Mais il a préféré aller au spectacle de magie et je m'étais préparée pour le bal costumé. Ce professeur farfelu m'a invitée à danser et à boire du champagne, je m'ennuyais et j'ai accepté. Le pauvre ne supportait pas l'alcool et vers 23h30 j'ai dû le raccompagner à sa cabine. Je suis ensuite remontée au bal ou je devais retrouver Philippe. Il n'était pas la et comme je n'aime pas attendre je suis allée me coucher. Au moment de me mettre au lit j'ai eu une crise de .... Comment dit-on en français ??? Cela m'arrive de temps en temps... J'ai eu tout juste la force de me trainer a l'infirmerie. »
Deux étages plus bas, en fouillant sa cabine...
LOCALISATION : CABINE VON BAUMAN PONT J CABINE 4 25
ouiller
- Sous le lit une lettre adressée à Ingrid (*)
TRADUCTION :
Chère Ingrid, Merci pour votre charmante lettre que j'ai eu beaucoup de plaisir à recevoir. Merci beaucoup de m'avoir invité à venir à Vienne. Pour moi, ce serait bien fin mai, mais tant de choses peuvent se passer d'ici là ! Quelle est l'ambiance à Vienne ces jours-ci ? Comment la situation va-t-elle évoluer ? Je vois l'avenir comme très sombre ! En espérant que nous nous reverrons encore cette année malgré tout, je vous adresse mes chaleureuses salutations Birgit Neumann
Mais l’essentiel n’est pas tant le contenu de cette lettre que ce qu’elle dissimule : un message à l’encre sympathique, visible grâce à un autre indice de la boîte — la fameuse cartouche d'encre, que beaucoup ont sans doute utilisée à tort sur la feuille dans l'enveloppe "ULTRA SECRET".
PIÈCES À CONVICTION
- Une cartouche d'encre révélateur
MESSAGE CACHÉ DANS LA LETTRE:
BESTÄTIGUNG OPERATION X22. DAS PAKET WIRD UM 21 GMT UMLADEN WERDEN EMPFANGSTAG. BOTSCHAFT TANTE
TRADUCTION :
CONFIRMATION OPÉRATION X22. LE PAQUET SERA TRANSBORDÉ AUTOUR DE 21 GMT JOUR DE RÉCEPTION - MESSAGE DE TANTE
DEDUCTION : – Son emploi du temps est précis mais laisse une fenêtre critique : entre le moment où elle quitte le savant et son retour au bal, puis sa disparition rapide vers l’infirmerie. – Recoupement avec le témoignage n°19 : son absence puis son retour agité au bal confirment qu’elle cherchait activement Philippe de la Vallière. – La lettre à l'encre invisible découverte dans sa cabine révèle son implication directe en tant qu'agent X13 dans une opération secrète (Opération X22). – Elle joue un double jeu : apparence de passagère mondaine mais rôle actif dans un réseau d’espionnage. – Conclusion : agent impliqué dans l’enlèvement du savant Turning, potentiellement en lien avec les agents allemands à bord.
PAMELA CARINGTONTÉMOIGNAGE 07
LOCALISATION : PONT E - COIFFEUR
nterroger
« Ah ! Quelle croisière ! D'abord on me vole mon collier de perles (celui que m'avait offert John Ford !), en plus on voulait m'interdire de sortir de ma cabine. On voit qu'ils connaissent mal la grande actrice Pamela Carington, enfin pour finir... ce meurtre. Quelle vulgarité de se faire assassiner sur un bateau... »
DEDUCTION : – Témoignage centré sur elle-même, sans réel apport sur les faits criminels. – Le vol de son collier recoupe les propos du commissaire (Témoignage n°30) évoquant des délits à bord, confirmant un climat de désordre. – Son isolement temporaire en cabine pourrait correspondre à une mesure de sécurité ou à une tentative de la protéger… ou de la contrôler. – Aucun élément ne la relie directement au meurtre ou à l’intrigue principale. – Conclusion : témoin secondaire, utile pour confirmer le chaos ambiant mais sans implication directe.
BERTHE BLANCHARDTÉMOIGNAGE 08
LOCALISATION : PONT F - POSTE D'ÉQUIPAGE
nterroger
« Je m'appelle Berthe Blanchard et je suis femme de chambre. C'est affreux ! Un si beau garçon... et si prévenant. Je le voyais le matin quand je lui portais son petit déjeuner et il me faisait rester un moment pour, euh, discuter. Tous les passagers ne sont pas comme lui. Je lui avais raconté les problèmes que j'avais avec un sale bonhomme qui me faisait des propositions de voyage - à Tanger ! - Monsieur Philippe avait promis de m'aider et je l'ai vu se disputer avec lui sans doute à cause de moi ! Je vous en prie aidez moi, j'ai peur ! »
DEDUCTION : – Elle confirme que la victime, Philippe de la Vallière, était impliquée dans une altercation avec un individu louche lié à un trafic. – Recoupement avec le témoignage n°14 (Ben Slimane) : possible lien avec des activités douteuses autour de femmes. – Le mobile du meurtre pourrait inclure une rivalité ou une tentative de protection de Berthe par la victime. – Introduit la piste d’un conflit direct entre la victime et un autre passager. – Conclusion : témoin clé pour établir un mobile secondaire lié à des affaires criminelles parallèles.
RENÉ BEAUCHAMPTÉMOIGNAGE 09
LOCALISATION : PONT G - CABINE 7 73
nterroger
« Quelle histoire ! Nous qui commencions une aventure formidable - quel cauchemar ! Ils n'ont pas fait les choses à moitié car non content d'avoir tué Philippe ils ont saboté l'avion. J'en suis sûr car depuis le départ je finis les tests et je suis sûr que hier tout était en ordre or ce matin j'ai découvert que les câbles de la dérive avaient été limés. Ils auraient certainement cédé au milieu de l'Atlantique ! Hier soir je ne suis pas sorti de ma cabine, vous avez vu tout ce beau monde. Je ne suis pas très a l'aise avec "le gratin"... Ce matin on m'a réveillé pour me prévenir. C'est tout ce que je sais. »
DEDUCTION : – Il révèle un sabotage de l’avion, ce qui dépasse largement le cadre d’un simple meurtre. – Ce sabotage suggère une opération préméditée visant à empêcher un exploit ou à éliminer la victime dans un cadre plus large. – Recoupement avec les témoignages liés à l’espionnage (n°6, 17, 22) : l’affaire s’inscrit dans une logique de mission internationale. – Son alibi (resté en cabine) est difficilement vérifiable et reste donc fragile. – Conclusion : témoin important pour comprendre l’ampleur de l’affaire, mais dont la position mérite d’être vérifiée.
Mimile LECREUXTÉMOIGNAGE 10
LOCALISATION : PONT H - POSTE D'ÉQUIPAGE
ouiller
- Un journal (*), un verre de café à moitié vide, sous le matelas une épaisse liasse de billets
nterroger
« Dites-donc il y a de l'animation sur le bateau ! C'est rare... Mon nom ? Lecreux... mais tout le monde m'appelle Mimile... Ce que j'ai fait hier ? Moi je ne sais rien, je n'ai rien vu, rien entendu... Vous savez la vie à bord n'est pas très drôle alors on s'occupe comme on peut. Hier soir, avec les copains, on s'est retrouvé vers 23h30 et on a joué aux cartes une bonne partie de la nuit. »
DEDUCTION : – La présence d’une importante somme d’argent et d’un journal utilisé pour découper des lettres confirme une activité de chantage. – Recoupement avec d’autres intrigues secondaires : il exploite les secrets des passagers, ce qui pourrait lui donner accès à des informations sensibles. – Son alibi (partie de cartes à partir de 23h30) correspond à une tranche horaire tardive, possiblement après les faits principaux. – Bien que criminel, ses activités semblent opportunistes et non directement liées au meurtre ou à l’espionnage. – Conclusion : personnage dangereux mais périphérique, pouvant détenir des informations clés sans être impliqué dans le crime principal.
Celestine TURNINGTÉMOIGNAGE 11
LOCALISATION : PONT H CABINE 6 73
⚠️ CONDITION PRÉALABLE :
nterroger le prêtre - Témoignage n°1
ouiller
- Une feuille de carnet à spiral (*)
nterroger
« Je viens d'apprendre la disparition de mon oncle... Oh vous savez, ça ne m'étonne pas, il avait un caractère très particulier ! C'était un lunatique et un excentrique... Toujours plonge dans ses travaux et, en plus, ces temps-ci il paraissait très déprimé... Moi je pense qu'il s'est jeté par-dessus bord ne supportant plus tous les soucis de ses recherches qui n'aboutissaient pas... Vous aussi vous êtes contre nous ! Je vous conseille de ne pas chercher de noises à Albert, mon fiancé. On a rien fait de mal !!!»
INDICES : – Nièce d’Alan Turning, voyage avec lui vers les États-Unis. – Relation avec Ernest Deveaux malgré l’opposition de son oncle. – Présence d’échanges secrets et comportement défensif. – Aucun lien direct avec l’opération X22 ou les meurtres. – Conclusion : impliquée émotionnellement, mais étrangère aux faits criminels principaux.
Marthe GRANETTÉMOIGNAGE 12
LOCALISATION : PONT J OFFICE D'ÉTAGE
⚠️ CONDITION PRÉALABLE :
ouiller Maurice Durand - Témoignage n°23
nterroger
« J'étais occupée hier soir après mon service. Ah ! Vous avez vu mon petit mot... Pourquoi m'interrogez-vous si vous savez tout. Bon...j'ai retrouvé Maurice à 23h05 comme d'habitude sous l'escalier de l'office d'étage - pont J - je passe sur la suite. Non n'insistez pas ! Nous nous sommes quittes vers 23h30. Je m'en rappelle bien car j'ai cru que nous allions être découverts car quelqu'un est passé une fois au début et une autre à la fin de notre rencontre. En principe, personne ne vient là en dehors des heures de service. Surtout ne me dénoncez pas auprès du commissaire de bord ! Ne dites même pas que vous avez interrogé Marthe Granet. »
DEDUCTION : – Elle fournit un créneau horaire précis (23h05–23h30), essentiel pour reconstituer la chronologie des déplacements. – Elle confirme la présence de passages inhabituels dans une zone normalement déserte, ce qui indique une activité clandestine durant ce laps de temps. – Recoupement avec le témoignage n°23 : son rendez-vous avec Maurice Durand explique l’absence de ce dernier à son poste. – Les allées et venues qu’elle mentionne pourraient correspondre aux déplacements des suspects impliqués dans le meurtre ou l’opération X22. – Conclusion : témoin indirect mais capital pour établir la timeline et identifier des déplacements suspects.
Philippe DE LA VALLIÈRE (La victime)TÉMOIGNAGE 13
LOCALISATION : PONT G - MORGUE
nterroger
Vous n'êtes pas encore capable de faire parler les morts ??
DEDUCTION : – Aviateur de renom, impliqué dans une mission dépassant le simple cadre sportif, probablement liée aux services secrets français (cf. Témoignage n°18). – Plusieurs témoignages (n°6, 8, 15) confirment son comportement séducteur, source de tensions et de conflits potentiels. – Il avait fouillé certaines cabines (notamment celle de Ben Slimane – Témoignage n°14), ce qui indique qu’il menait sa propre enquête. – Sa mort par strangulation (confirmée par le médecin – Témoignage n°16) et la présence d’une cordelette (liée à Altman – Témoignage n°4) orientent vers un meurtre d'opportunité. – Conclusion : victime collatérale au coeur d’une opération d'espionnage.
Mustapha BEN SLIMANETÉMOIGNAGE 14
LOCALISATION : PONT B SUITE CLOS-VOUGEOT
⚠️ CONDITION PREALABLE : ouiller sa cabine à gauche Pont B Suite CLOS-VOUGEOT
- Photo de femmes (*)
nterroger
« Que me voulez-vous ? Cela ne vous a pas suffit de tout fouiller...Ces photos de femmes ? Eh quoi ? C'est inter- dit d'avoir des photos de femmes... Vous êtes comme ce pilote de malheur qui fourrait son nez partout. »
DEDUCTION : – Ses activités douteuses semblent liées à un réseau de prostitution comme le suggèrent les photos retrouvées. – Son hostilité envers la victime confirme que Philippe de la Vallière s’intéressait de près à ses affaires. – Recoupement avec le témoignage n°8 : il pourrait être le “sale bonhomme” impliqué dans des propositions douteuses. – Bien que suspect dans une intrigue criminelle secondaire, rien ne le relie directement à l’opération d’espionnage ou au meurtre principal. – Conclusion : suspect périphérique, impliqué dans des activités illégales mais probablement étranger au crime central.
Sandra PAOLETTITÉMOIGNAGE 15
LOCALISATION : PONT J CABINE 4 29
nterroger
« Entrez mon choux ! J'ai remarqué que vous me suiviez depuis plusieurs jours... Cette traversée est vraiment l'occasion de rencontres très excitantes ! Hier j'ai bien cru me faire violer par l'aviateur ! Jusqu'au commissaire de bord avec son regard lubrique... Quant au docteur allemand, il me guette quand je rentre dans ma cabine... j'ai bien peur qu'il ne me saute dessus comme une bête sauvage ! »
DEDUCTION : – Elle accuse plusieurs hommes, dont la victime, révélant un comportement insistant de Philippe de la Vallière, déjà confirmé par d’autres témoignages. – Elle mentionne également un docteur allemand inquiétant, ce qui pourrait faire écho aux agents allemands présents à bord (Témoignages n°17 et n°22). – Son témoignage mélange peur réelle et exagération, ce qui le rend difficile à exploiter sans recoupement. – Elle contribue néanmoins à dresser un portrait de tensions et de comportements déplacés à bord. – Conclusion : témoin émotionnel, utile pour caractériser certains personnages mais peu fiable sur les faits précis.
Docteur BONNARDTÉMOIGNAGE 16
LOCALISATION : PONT G MÉDECIN
nterroger
« Je suis le docteur Bonnard, médecin-chef du Bourgogne. On m'a appelé ce matin peu après 5h et j'ai examiné le corps de Philippe de la Vallière. Je ne suis pas légiste mais il est évident qu'il a été étranglé à l'aide d'une cordelette. La mort remontait à 7h. Il portait également une contusion sur le coté du crâne. »
DEDUCTION : – Confirme scientifiquement la cause du décès : strangulation à l’aide d’une cordelette, avec une contusion préalable au crâne. – La présence d’un choc avant la strangulation suggère une agression en deux temps : neutralisation puis mise à mort. – Recoupement avec le témoignage n°4 : la ficelle retrouvée sur Karl Altman correspond potentiellement à l’arme du crime. – L’estimation de l'heure de la mort situe le crime vers 22h mais avec le décalage horaire il faut ajouter une heure donc 23h. – Conclusion : élément clé qui oriente vers un meurtre prémédité et non un acte impulsif.
GRAF VON DRUBENTÉMOIGNAGE 17
LOCALISATION : PONT G - CABINE 7 24
ouiller
- Dans son portefeuille : La photo d'un port (*)
- Une carte de visite (*)
nterroger
« Fous afouerais-che que la mort de la Vallière m'affecte fraiment... Nous afons compattu l'un contre l'autre en 1917. C'était une époque chefarelesque. J'ai perdu mon pras droit dans un de ces compat -la Vallière m'a appatu par derrière mais j'ai pu tout de même me poser pien que grièvement plessé. Baintenant je suis dans les affaires internationales. Je peux continuer à travailler à bord grâce à la radiotélégraphie. Une betite machine me permet d'être a l'apri des indiscrétions. C'est peaucoup blus bratique que l'encre symbatique. Foyez cette cartouche *** elle contient un broduit qui peut serfir de refelateur ! »
DEDUCTION : – Profil d’ancien militaire reconverti dans les affaires internationales. - Indique avoir perdu son bras pendant la guerre à cause de la Vallière. – Il évoque explicitement l’usage de produits révélateurs, ce qui fait écho aux messages à encre sympathique découverts (cf. Témoignage n°6). – Sa nationalité et ses activités le rapprochent des agents allemands . – Conclusion : individu fortement suspect qui en veut à de la Vallière.
JAMES PELLTONTÉMOIGNAGE 18
LOCALISATION : PONT H CABINE 6 71
ouiller
- Dans son holster, un revolver (*)
nterroger
« Je peux bien vous le dire... J'appartiens au MI5, et je suis charge de la sécurité d'un citoyen britannique, le savant Turning qui est la cible d'un service secret étranger. Il y a d'ailleurs à bord un éminent agent du 2eme Bureau français qui n'est autre que ce fameux de la Vallière dont toutes les femmes s'entichent. Hier soir au bal masque - j'étais déguisé en Neptune...- j'ai vu le savant en "bonnes mains' et j'ai relâché mon attention étant occupé de mon côté avec une charmante diablesse ! Vers 23h30, je me suis soudain rendu compte qu'il n'était plus dans la salle. Je suis tout de suite descendu dans sa cabine. Personne... et je ne l'ai toujours pas retrouvé. C'est une catastrophe ! Il était lui-même inquiet et il m'avait donné la consigne suivante pour ouvrir son coffre "au casou': "Pour l'ouvrir, pensez a la fille de l'auteur du Pèlerinage de Childe Harold' »
DEDUCTION : – Agent du MI5 chargé de protéger le savant Turning, confirmant officiellement l’existence d’une menace étrangère. – Il identifie la victime (de la Vallière) comme agent du 2e Bureau français, ce qui confirme une coopération internationale. – Son relâchement de vigilance au moment critique (bal masqué) a permis la disparition du savant. – Recoupement avec les témoignages n°6 et 19 : le savant a bien été vu pour la dernière fois avec une femme allemande. – Conclusion : témoin clé pour comprendre l’enjeu principal (enlèvement du savant), mais dont la responsabilité indirecte est engagée.
CAROLIN MURPHYTÉMOIGNAGE 19
LOCALISATION : PONT F CABINE 8 56
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« J'étais au bal costume hier soir. Il y avait une ambiance formidable avec l'orchestre de Ray Boulinat. Je crois que tout le monde s'est bien amusé jusqu'à ce drôle de savant qui s'était fait inviter par une passagère allemande ; il ne tenait pas l'alcool et elle a dû aller le coucher... Ils sont partis vers 23h25. Une demi-heure plus tard elle est revenue. Elle cherchait partout l'aviateur avec qui elle devait avoir rendez-vous. Elle regardait tout le temps sa montre... Finalement elle a rejoint un sportsman a l'entrée du hall. Il semblait très énervé. »
DEDUCTION : – Elle fournit une chronologie précise des événements au bal : départ du savant vers 23h25 avec une femme allemande, puis retour de celle-ci seule. – Son observation d’un comportement nerveux et de recherches actives de la victime confirme un rendez-vous manqué. – Le “sportsman” qu’elle mentionne pourrait correspondre à un agent ou complice (à rapprocher d’autres profils masculins suspects). – Recoupement avec les témoignages n°6 et 18 : elle confirme le rôle central de la femme allemande dans la disparition du savant. – Conclusion : témoin clé pour établir la timeline et identifier les interactions critiques de la soirée.
ROBERTO MARTINITÉMOIGNAGE 20
LOCALISATION : PONT C LOGE
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« Je suis le magicien Roberto Martini. Vous avez vu mon spectacle hier soir ? Superbe non ! Le coup de la malle... Regardez je vais vous faire un tour.
Pour changer de sujet, j'ai vu De la Vallière de 23h a 23h9. Il était venu me féliciter... »
DEDUCTION : – Il situe précisément la victime entre 23h et 23h09, ce qui permet d’affiner la chronologie avant sa disparition. – Ce créneau précède les événements décrits au bal (cf. Témoignages n°18 et 19), confirmant que la victime était encore active peu avant les faits. – Son rôle de magicien et son spectacle impliquant des dispositifs (ex : malle) pourraient théoriquement offrir des moyens de dissimulation, bien que rien ne l’incrimine directement. – Témoignage fiable mais limité à une observation ponctuelle. – Conclusion : élément chronologique utile pour reconstituer les derniers déplacements de la victime.
MME JACOBSONTÉMOIGNAGE 21
LOCALISATION : PONT B - SUITE CHAMBERTIN
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« Vous êtes comme mon mari... Toujours soupçonneux, à poser des questions... Est-ce que je vous en pose moi ? Bon, bien sûr que je vais vous parler de la soirée d'hier... Elle était mortellement - au propre et au figuré - ennuyeuse ! Nous étions Erik, mon mari, et moi au bal costumé. Un sympathique passager allemand, Herr Kempfer, que j'avais déjà rencontre en dinant a la table du Commandant m'a invitée à danser. Je m'étais déguisée en Colombine et nous formions un très beau couple. Malheureusement il a dû me quitter à 23h. Cela m'a fort contrariée et j'ai essayé de le retrouver car je pensais que nous participerions ensemble au concours de déguisements. Finalement je suis revenue seule au bal mais ça ne m'intéressait plus guère et je suis rentrée dans ma chambre. Mon mari ne m'a rejointe que beaucoup plus tard... »
DEDUCTION : – Elle confirme la présence d’Otto Kempfer (Témoignage n°22) au bal jusqu’à 23h. – Son départ précipité coïncide avec le début des événements suspects de la soirée. – Le fait qu’elle le cherche ensuite sans succès suggère qu’il a quitté la scène pour une raison importante (mission ou rendez-vous). – Son mari, absent une grande partie de la nuit, pourrait également constituer un point d’ombre à vérifier. – Conclusion : témoin utile pour la chronologie autour de Kempfer.
OTTO KEMPFER (décédé)TÉMOIGNAGE 22
LOCALISATION : PONT M ENTREPÔT FRIGORIFIQUE
⚠️ CONDITION PRÉALABLE :
nterroger le commissaire - Témoignage n°30 - Avoir répondu « SÉSAME » au commissaire permettant ainsi d’obtenir l’autorisation de fouiller le paquebot
ouiller le cadavre
- Un mot (noms féminins) (*)
- Une carte de visite (*)
ction
Le docteur vient autopsier le corps Il apparait que la mort a été instantanée : l'os occipital est broyé. La balle n'est pas ressortie et à cause de la casquette la blessure est propre. Le trou du tissus (photo *) montre que le coup a été tiré à bout portant. Suicide sans doute !
PIÈCES À CONVICTION
Photo tissu troué (*).
DANS SA CABINE PONT F CABINE 8 54
ouiller Dans une corbeille :
- Une feuille marquée GEHEIM (*)
POUR DECODER LE MESSAGE :
- Le programme et le mot de passe "BENEDICTE" (inscrit sur la feuille contenant des noms féminin)
- Le message GEHEIM décodé
DEDUCTION : – Agent des services secrets allemands, au coeur de l’opération X22 visant l’enlèvement du savant Turning. – Les documents codés et le message « GEHEIM » confirment une opération structurée et planifiée. – Sa mort par balle à bout portant, maquillée en suicide, indique une confrontation avec un tiers. – Recoupement avec le témoignage n°4 et n°29 : la présence de douilles suggère plusieurs armes en circulation et potentiellement plusieurs tireurs. – Son corps retrouvé dans l’entrepôt frigorifique renvoie à la notion de dissimulation évoquée dans d’autres témoignages (n°11, n°24). – Conclusion : agent clé exécuté par un tiers.
MAURICE DURANDTÉMOIGNAGE 23
LOCALISATION : PONT J BUREAU SURVEILLANT (4,85)
ouiller dans la doublure de sa veste :
- Sur lui un message signé "M" (*)
nterroger
« Mon nom c'est Durand Maurice. Je suis chargé de surveiller la soute. Hier soir j'ai été, heu disons, appelé d'urgence à l'extérieur. J'ai quitté mon poste à 23h et je suis revenu une demi-heure après. C'est en revenant que j'ai croisé un aveugle. Le pauvre homme était complètement perdu, il donnait des coups de canne partout en demandant où il était. Je l'ai raccompagné a l'ascenseur et j'ai repris mon poste. Dix minutes plus tard j'ai reçu un terrible coup sur la tronche et j'ai perdu connaissance. Ce sont les rondiers qui m'ont trouvé par terre vers 23h30. »
DEDUCTION : – Son absence de la soute entre 23h et 23h30 crée une faille de sécurité exploitable pour des activités clandestines. – Recoupement avec le témoignage n°12 : son rendez-vous avec Marthe Granet confirme cet alibi partiel. – Il mentionne avoir croisé un aveugle désorienté, ce qui correspond très probablement à William Allison (Témoignage n°3). – Son agression indique qu’il a surpris quelque chose ou quelqu’un qu’il ne devait pas voir. – Conclusion : témoin involontaire d’un événement clé, dont le récit renforce la suspicion autour du faux aveugle.
ERNEST DEVEAUXTÉMOIGNAGE 24
LOCALISATION : PONT G CABINE 7 23
⚠️ CONDITION PRÉALABLE :
- Avoir fouiller le personnage n°11
nterroger
« Ouais, c'est vrai que je suis a bord a cause d'la Celestine ! Ces salauds veulent nous séparer... Mais je la lâcherai pas comme ça, ma Célestine. On aura l'dernier mot ! Notre amour sera l'plus fort même s'il doit m'en couter... C'est l'cas d'le dire ! Z'avez vu l'prix des tickets ! »
INDICES : – Présent à bord malgré l’opposition d’Alan Turning. – Relation étroite avec Célestine Turning. – Aucun élément ne le relie à ce qu'il se passe à bord. – Son rôle se limite à une intrigue sentimentale parallèle. – Conclusion : personnage secondaire sans implication criminelle directe.
GEORGES COURRAISTÉMOIGNAGE 25
LOCALISATION : PONT I CUISINE
⚠️ CONDITION PRÉALABLE :
- Avoir parlé au commissaire (personnage n°30)
- Avoir communiqué le mot de passe « SÉSAME » au commissaire permettant ainsi d’obtenir l’autorisation de fouiller le paquebot.
nterroger
« Je m'appelle Georges Courrais et je suis responsable des cuisines, entrepôts, chambres froides ainsi que des offices. C'est moi qui ai découvert le mort. C'était en prenant mon service a 5h -j'arrive toujours le premier - en entrant dans la cantine... Ce n'était pas beau à regarder. Il avait les mains attachées par un cordon de rideau vert olive. Malheureusement on n'a rien vu. Le personnel finit son service à 23h, les locaux sont fermés et ne rouvrent que le lendemain matin. Vous ne trouverez pas de témoins... »
DEDUCTION : – C'est lui qui a découvert le corps dans l’entrepôt frigorifique à 5h, ce qui correspond à la fenêtre horaire donnée par le médecin (Témoignage n°16). – Il précise que les lieux sont fermés entre 23h et 5h, ce qui implique que le corps a été déposé durant la nuit. – Le détail du cordon de rideau vert olive correspond à l’arme du crime, renforçant le lien avec certains suspects (notamment Altman – Témoignage n°4). – L’absence de témoins dans cette zone renforce l’idée d’une opération discrète et organisée. – Conclusion : témoin clé pour la scène de crime, confirmant la dissimulation du corps et la préméditation.
PAUL DELAROSETÉMOIGNAGE 26
LOCALISATION : PONT E PRESSING
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« Faites vite ! Je suis complètement débordé de travail... C'est toujours comme ça les lendemains de bal masque. Je viens de récupérer les costumes et il faut les remettre en état ! Regardez comme ils sont beaux... Voyez cet habit de Pierrot, cet Arlequin... Ce Neptune avec son trident ! Heureusement que le mort n'était pas déguisé... j'imagine dans quel état aurait été le costume... Ah ! Ce n'est pas votre problème... Bon ! Bien mon nom est Paul Delarose - en un seul mot... - et je m'occupe du pressing. Non... je n'ai rien à déclarer de spécial ! »
DEDUCTION : – Il confirme l’intense activité liée au bal masqué, contexte idéal pour dissimuler des déplacements et changer d’apparence. – Le fait que la victime n’était pas déguisée la rendait plus identifiable, donc plus vulnérable. – Les nombreux costumes (Neptune, Arlequin, Pierrot…) compliquent l’identification des individus présents lors des faits. – Recoupement avec le témoignage n°18 : Pellton était déguisé en Neptune, ce qui valide certains déplacements incognito. – Conclusion : témoin contextuel important, soulignant que le bal a servi de couverture parfaite pour les opérations clandestines.
CHARLOTTÉMOIGNAGE 27
LOCALISATION : PONT C THÉÂTRE
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« CHUTTT ! Ne dites pas que je suis la... Je suis le passager clan- destin (obligatoire !). Je pars aux USA car on m'a parlé d'une place de représentant pour la compagnie IBM... »
DEDUCTION : – Sa présence clandestine à bord en fait un individu hors des registres officiels, donc difficile à tracer. – Son discours reste évasif et peu crédible, renforçant le doute sur ses véritables intentions. – Conclusion : personnage secondaire à portée humoristique.
RAY BOULINATTÉMOIGNAGE 28
LOCALISATION : PONT D BAR SALLE DE DANSE
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« Avec mon orchestre - Ray Boulinat et ses lycéens - bonjour l'ambiance !!! Hier ca a démarré très fort pour le bal masque... ça chauffe et ça balance ! Bonjour le rythme... Mais attention, il y en a pour tous les goûts et on n'oublie pas les amoureux... Tenez, hier soir on a même interprété "Parlez-moi d'amour" pour un jeune couple de tourtereaux - à vrai dire lui aurait été plus à sa place dans un p'tit bal à Nogent que dans cette soirée mondaine... N'empêche, ils ont dansé toute la nuit ! »
DEDUCTION : – Il confirme l’ambiance du bal et la présence d’un couple très soudé, possiblement Célestine Turning et Ernest Deveaux (Témoignages n°11 et 24). – Leur présence prolongée sur la piste pourrait constituer un alibi partiel pour la soirée. – Le contraste entre leur comportement insouciant et les événements dramatiques suggère qu’ils ne sont pas directement impliqués dans le meurtre à ce moment-là. – Témoignage utile pour recouper les emplois du temps et confirmer certaines présences. – Conclusion : élément secondaire mais utile pour consolider des alibis.
MICHEL DUMONTTÉMOIGNAGE 29
LOCALISATION : PONT F CABINE 8 27
ouiller dans la doublure de sa veste :
- Une douille (*)
- Une blague à tabac
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« Je suis en train d'écrire une thèse sur le comportement d'une mini société en milieu clos. Un bateau comme le Bourgogne est un lieu idéal, un véritable microcosme. Je ne peux pas vous dire grand- chose de plus. J'ai horreur des soirées mondaines et je suis allé au stand de tir vers 21h puis j'ai regagné ma chambre. Je ne l'ai plus quittée. Je peux ajouter une chose : il y a en chacun de nous un meurtrier potentiel a la merci de ses pulsions profondes, ainsi chacun d'entre nous, même moi, est un suspect en puissance ! Je vous souhaite bien du plaisir pour votre enquête... »
DEDUCTION : – La douille retrouvée sur lui et son passage au stand de tir vers 21h lui donne accès à une arme potentielle. – Son alibi (resté en cabine) est invérifiable et donc fragile. – Sa présence reste suspecte mais insuffisante pour en faire un tireur. – Conclusion : suspect secondaire, sans preuve concrète d’implication dans les homicides.
COMMISSAIRE VillersTÉMOIGNAGE 30
LOCALISATION : PONT F - BUREAU
nterroger
« Enchante de faire votre connaissance... Je suis le Commissaire Villers, je mettrais tout en oeuvre pour faciliter votre enquête mais essayez de faire vite car j'ai demandé aux passagers de ne pas quitter leurs cabines et je ne pourrais maintenir longtemps cette interdiction... Ce paquebot est une véritable ville et elle doit continuer à vivre ! Nous avons peu de problèmes en temps normaux mais cette fois-ci... Un pickpocket a été arrêté, il y a une sombre histoire de racket, les rumeurs circulent très vite a bord et ne nous facilitent pas la tâche et il y a tant de jalousie - l'idylle de ce pauvre de la Vallière et d'une jeune allemande n'est pas passée inaperçue... Enfin, je vous souhaite bonne chance. Votre enquête sera un peu compliquée par la présence de nombreux clients étrangers américains et aussi allemands (l'Europa est actuellement désarmé). Vos supérieurs vous ont sans doute donné le mot vous autorisant à circuler dans tout le navire... »
RÉPONDRE : "SESAME"
Cela permet désormais d’accéder à la fouille de zones interdites du paquebot, notamment l’entrepôt frigorifique.
DEDUCTION : – Il confirme officiellement un climat de tensions multiples à bord : pickpocket (Mozarella), racket (Mimile Lecroux) et jalousies autour de la victime. – L’idylle entre Philippe de la Vallière et une jeune allemande recoupe directement les témoignages n°6 (Von Baumann) et n°19. – La présence importante d’Allemands à bord renforce fortement la piste d’une opération d’espionnage organisée. – Le mot de passe « SESAME » donne accès aux zones restreintes, notamment l’entrepôt frigorifique, lieu clé (corps de Kempfer – Témoignage n°22). – Conclusion : pivot de l’enquête, il valide le contexte global et permet l’accès aux preuves décisives.
JENNY REEVESTÉMOIGNAGE 31
LOCALISATION : PONT J CABINE 4 22
⚠️ CONDITION PREALABLE : - Avoir fouiller le corps congelé dans l'entrepot frigorifique (Témoignage n°22)
nterroger
« Oh ! Rien que d'y penser j'ai encore la chair de poule... Figurez-vous que j'ai en tendu le coup de feu. La cabine doit se trouver juste au-dessus des frigos ou cet homme s'est suicidé. Vers 23h20 je commençais à cela. Lola vous dira sans doute la même chose... »
DEDUCTION : – Elle entend un coup de feu vers 23h20, ce qui correspond à la mort de Kempfer (Témoignage n°22), maquillée en suicide. – Son témoignage confirme que le tir a eu lieu à proximité des chambres froides. – Recoupement avec la présence de douilles (Témoignages n°4 et n°29) : il s’agit bien d’un homicide et non d’un suicide. – Le fait que Lola puisse confirmer renforce la fiabilité de l’horaire. – Conclusion : témoin clé pour dater précisément l’assassinat de Kempfer.
COMMANDANT CHARVETTÉMOIGNAGE 32
LOCALISATION : PONT A APPARTEMENT DU COMMANDANT
nterroger
« Tout d'abord permettez-moi de vous saluer au nom de la Compagnie que je représente - tout en regrettant les circonstances de cette rencontre ! Je ne peux vous dire grand chose a propos de cette horrible histoire. En effet cette nuit nous avions une "urgence' qui a mobilisé toute notre attention : un SOS lancé par un chalutier breton en perdition... J'ai dérouté le navire pour rejoindre la position annoncée dans le message. Nous sommes arrivés vers 23h30 mais n'avons rien pu voir malgré les appels qui continuaient fort et clair. Les appels se sont tus et j'ai pris sur moi de reprendre la route. Pour les détails voyez avec notre chef radio Dupuis. »
DEDUCTION : – Le SOS du chalutier breton est suspect : position incohérente et disparition soudaine du signal. – Cette manoeuvre a mobilisé l’équipage et détourné le navire de sa route entre 23h et 23h30, créant une fenêtre idéale pour les opérations clandestines. – Recoupement avec le témoignage n°36 (Dupuis) : le message était probablement un leurre volontaire. – Cette diversion coïncide avec l’enlèvement du savant Turning et les déplacements suspects observés à bord. – Conclusion : fausse alerte orchestrée pour isoler le navire et faciliter l’opération X22.
MARIE VINCENOTTÉMOIGNAGE 33
LOCALISATION : PONT D BUREAU D'ACCUEIL
nterroger
« Je m'appelle Marie Vincenot et je suis responsable du bureau d'accueil. Bien sûr je travaille sous la direction du Commissaire Villers. Je renseigne les passagers et j'arrondis les angles... Les réclamations arrivent souvent sur mon bureau ! Les gens ont de ces exigences... Tenez, par exemple le passager du 426 qui voulait la cabine 673 parce qu'il l'avait eu lors d'un précédent voyage ! Certaines personnes ont des bagages énormes et ne veulent pas s'en séparer... Je vous fais grâce des problèmes de manutention des malles dans les coursives !!! »
DEDUCTION : – Témoignage anodin en apparence, mais révélateur : elle souligne les problèmes liés aux bagages volumineux. – Ces malles peuvent servir à dissimuler du matériel ou des personnes (cf. caisse utilisée pour cacher Alan Turning – Témoignage n°37). – Les déplacements fréquents de bagages dans les coursives offrent une couverture parfaite pour des activités clandestines. – Aucun élément ne l’implique directement dans l’affaire. – Conclusion : témoin indirect, mais utile pour comprendre les moyens logistiques utilisés.
M. JACOBSONTÉMOIGNAGE 34
LOCALISATION : PONT B SUITE CHAMBERIN
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« Ma femme s'est encore moquée de moi hier soir au cours de ce bal masqué ! Elle m'a laissé seul pour s'afficher avec cet industriel allemand. A 23h il a quitté le bal. J'étais sûr qu'elle allait le suivre et ça n'a pas manqué ! 5mn plus tard elle le suivait... Je l'ai perdue de vue dans la foule qui sortait du spectacle du théâtre Je les ai cherches dans le bateau et quand je suis repassé au bal ce polichinelle était revenu et avait trouvé une autre victime... Je suis allé prendre l'air sur le pont pour me calmer et je me suis assoupi dans un Transat pendant un instant. Je suis rentré. Eva a fait semblant de ne pas comprendre ma colère ! Ah elle profite bien de mon surmenage la garce car c'est vrai que je suis très pris par mes affaires. J'ai un très gros portefeuille boursier et depuis 1929 ce n'est pas une sinécure de le gérer : aujourd'hui le caoutchouc chute dramatiquement (j'ai reçu un câble de mon agent de New-York), demain ce sera peut- être l'acier... »
DEDUCTION : – Il observe un industriel allemand quittant le bal vers 23h, suivi par sa femme. – Le retour de l’individu au bal suggère surtout un va-et-vient suspect, mais pas un alibi construit. – Témoignage influencé par la jalousie, donc à utiliser avec prudence. – Conclusion : indication temporelle utile mais identification incertaine.
MELLE MOREAUTÉMOIGNAGE 35
LOCALISATION : PONT G HÔPITAL
nterroger
« Je suis Melle Moreau, infirmière. Le docteur vous a permis de m'Interroger mais je vous demande de faire vite car j'ai du travail pardessus la tête et la nuit n'a pas été facile avec ce mort... mais s'il n'y avait eu que cela ! On nous dérange pour un rien... Hier soir en plus j'ai eu deux cas sérieux : vers 23h30 un matelot qui s'était entaillé la main, je ne sais plus comment, puis Mme Von Baumann, le bouquet ! Elle était complètement sonnée, à la fois par la mort de son ami - elle répétait sans cesse : "il est mort !' - et par une crise d'une maladie héréditaire qui la rend complètement sourde. Sans doute une maladie nerveuse. »
DEDUCTION : – Elle confirme que Greta Von Baumann (Témoignage n°6) arrive à l’infirmerie vers 23h30 dans un état de choc. – Ses propos (« il est mort ! ») indiquent qu’elle a connaissance directe d'un décès. – Sa surdité partielle peut s'expliquer par une certaine proximité avec un tir. – Recoupement avec les témoignages n°19 et n°34 : elle est impliquée dans les événements entourant Kempfer au moment critique. – Conclusion : élément déterminant reliant Greta Von Baumann à la scène de crime, sans prouver qu’elle en est l’auteur.
DUPUISTÉMOIGNAGE 36
LOCALISATION : PONT A LOCAL TSF
nterroger
« Heureusement que toutes les nuits ne sont pas aussi agitées ! Le Commandant vous a parlé de ce SOS ! Effectivement nous n'avons rien dit aux passagers car nos recherches n'ont pas permis de retrouver le bateau en perdition. Pendant plus d'une heure nous avons pu capter ses appels mais il n'était pas à l'endroit qu'il indiquait... Il a dû couler très rapidement... Heureusement tous les appels ne sont pas aussi dramatiques ! La TSF est vraiment un lien permanent entre le bateau et le reste du monde. Nous recevons des messages de tous ordres. Ainsi hier un message curieux et incomplet de la police new-yorkaise. Voulez- vous l'écouter ? »
RÉPONDRE : "O"
MESSAGE MORSE DÉCODÉ :
"POLICE FEDERALE NEW YORK STOP RECHERCHONS JOHN WADE STOP INDIVIDU TRES DANGEREUX STOP VOYAGE SOUS LE NOM DE AL..."
DEDUCTION : – Le SOS capté pendant plus d’une heure avec une position incohérente confirme qu’il s’agit d’un faux signal intentionnel. – Recoupement avec le témoignage n°32 : cette manoeuvre a servi à détourner le navire et à mobiliser l’équipage. – Le message de la police de New York identifie clairement « John Wade », alias William Allison (Témoignage n°3). – Cela confirme que le faux aveugle est un individu extrêmement dangereux, impliqué dans une opération clandestine. – Conclusion : preuve technique d’une double manoeuvre — diversion maritime et présence d’un agent infiltré à bord.
ALAN TURNINGTÉMOIGNAGE 37
LOCALISATION : PONT J SOUTE AVION
⚠️ CONDITION PREALABLE : - Attendre le message : "Allez donc revisiter un peu les soutes..." - Allez au pont J là où il y a l'avion, un bruit se fait entendre
ouiller + uvrir
« TOUT DE MEME !!! J'ai cru étouffer là-dedans Il était temps qu'on me délivre ! »
ouiller
Dans la caisse ce matériel : Lampe à signaux, Sifflet à roulette, canot pneumatique sans marque, pagaies, 3 gilets de sauvetage et une corde
nterroger
« Aouw ! Chocking ! Quelle histoire... Je reviens de loin. Ou suis-je ??? Je me souviens d'un grand coup sur mon tête... puis plus rien. Ce voyage aux USA aura été mouvementé... Je dois jouer les chaperons avec ma nièce et ce n'est pas une sinécure ! Pourquoi vais-je aux USA ??? C'est une bonne question et je vous remercie de me l'avoir posée... Vous n'avez qu'à lire les journaux ! Voyez la situation en Allemagne ! Tôt ou tard Hitler passera aux actes et la guerre éclatera. Mes travaux seront capitaux et je voudrais y associer mon ancien professeur Von Neumann. J'emporte de nombreux documents. J'ai mis le plus important dans une enveloppe bulle. Mais je suis si distrait... Je ne sais plus où je l'ai cachée... Tout cela est confidentiel et vous comprendrez que je ne puisse vous en dire davantage... »
Plus haut, dans sa cabine...
LOCALISATION : CABINE PONT H CABINE 6 72
ouiller
- Une lettre (*)
Une valise de sureté fermée par une combinaison alphanumérique. Laquelle ?
RÉPONDRE : "ADA"
BRAVO ! La valise contient :
- Une enveloppe (*)(Ouvrez-là !)
- Un microfilm (*)
INDICES : – Transporte un microfilm contenant des informations stratégiques sur ENIGMA (preuve retrouvée dans sa valise sécurisée). – A été assommé puis caché dans une caisse dans la soute (présence de matériel d’exfiltration : canot, lampe, corde). – Cible directe de l’opération X22 menée par les agents allemands. – Ne se souvient pas de l’agression, confirmant une neutralisation rapide et professionnelle. – Conclusion : enjeu central de toute l’affaire.
CAPITAINE KAPPOCKTÉMOIGNAGE 38
LOCALISATION : PONT M SALLE DES MACHINES
ouiller
- 12 bouteilles de whisky 9 ans d'âge
nterroger
« Ornithorynque ! Boit- sans-soif ! Bachi-bou- zouk ! Anthropophage ! Schizophrène ! Ectoplasme ! Coloquinte ! Ostrogoth ! Vandale ! C'est vous qui avez remplacé le contenu de 12 caisses de Whisky par du Canada Dry !!! Moi qui comptais gagner une fortune avec ça en vendant de l'alcool aux USA ! Avec la prohibition... »
DEDUCTION : – Activité de contrebande d’alcool vers les États-Unis, profitant (maladroitement) du contexte économique post-prohibition. – Le remplacement du whisky par du Canada Dry indique une intervention extérieure ou un sabotage. – Recoupement avec le climat général (chantage, vols – Témoignage n°30) : plusieurs activités criminelles coexistent à bord. – Aucun lien direct avec le meurtre ni l’opération d’espionnage. – Conclusion : intrigue secondaire illustrant le désordre à bord, sans implication dans l’affaire principale.
PIERRE ASTROMTÉMOIGNAGE 39
LOCALISATION : PONT D HALL
nterroger
« Mon nom est Pierre Astrom. Je suis groom au pont D. Le soir du bal masque, je me tenais au même endroit qu'aujourd'hui... J'en vois défiler des gens dans une journée ! Je n'ai qu'un souvenir particulier de cette soirée : un passager étranger, venant du bal, est passé furieux vers 23h en grommelant "je vais le tuer !" - j'ai compris car je suis d'origine suédoise et je parle bien cette langue. Il y avait de quoi être surpris... »
DEDUCTION : – Il entend un passager étranger menacer de tuer quelqu’un vers 23h, ce qui précède les événements critiques de la soirée. – Cette menace peut être liée soit à la victime (de la Vallière), soit à Kempfer dans le cadre de l’opération d’espionnage. – Recoupement possible avec les agents allemands ou avec un rival direct. – L’origine étrangère et la langue suédoise limitent l’identification précise du suspect. – Conclusion : indice annonciateur d’un passage à l’acte, confirmant la préméditation d’au moins un crime.
LE PHOTOGRAPHETÉMOIGNAGE 40
LOCALISATION : PONT E LABORATOIRE PHOTO
ouiller
- Un mot en forme de lettres découpées (*)
nterroger
« C'était vraiment pas mon jour hier. J'avais pris des photos du bal masqué et je rentre les développer vers 23h45 : un désastre, toutes ratées... Une demi-heure plus tard je sors faire une photo d'essai depuis le pont, même résultat ! Tenez regardez la, complètement ratée aussi ! Je l'avais jetée. Quand je reviens à ma boutique...le bouquet. La vitrine est cassée avec un gentil petit mot a l'intérieur. La coupe est pleine, depuis deux traversées les commerçants sont victimes d'un odieux chantage. Vous feriez bien d'enquêter là-dessus également... »
LOCALISATION : ANNEXE A DROITE DU PHOTOGRAPHE
ouiller
- Une photo déchirée (*)
- Une photo d'un tissu troué (*)
ANALYSE :
En inversant la photo déchirée (*) on voit ce qui ressemble à la silhouette d'un sous-marin
DEDUCTION : – Le mot anonyme et la vitrine brisée confirment un réseau de chantage actif à bord, lié à Mimile Lecroux (Témoignage n°10). – La photo ratées révèle involontairement la présence d’un sous-marin allemand à proximité du paquebot. – Cela renforce l’hypothèse d’une exfiltration prévue du savant Turning en mer. – Conclusion : preuve indirecte d’une opération militaire allemande en cours autour du paquebot.
#
Personnage
Rôle
Indices clés
Conclusion
Statut
01
Le prêtre
Prêtre
– Ne respecte pas le secret de la confession – Oriente votre enquête vers Célestine Turning
Homme d’église qui a la langue bien pendu, un conseil : Evitez de vous confesser à lui.
Hors affaire
02
Mozarella
Pickpocket
– Père d'Antoine MOZARELLA, personnage du premier jeu "Meurtre à grande vitesse" – Pickpocket opportuniste – En prison suite à un vol de collier
Personnage peu recommandable mais sans implication directe dans les crimes.
Intrigue annexe
03
William Allison (John Wade)
Saboteur / Agent infiltré
– Faux aveugle (ne sait pas lire le braille) – Télégramme révélant identité réelle – Présence dans les soutes – A assommé le surveillant
Sabote le SIRIUS et facilite indirectement l’opération X22.
Suspect majeur
04
Karl Altman
Complice nazi
– Attitude agressive signalée – Présence d’une carte + douille dans ascenseur – Accès aux zones techniques – Comportement suspect après les faits
Intervient après les meurtres pour maquiller la scène et déplacer le corps.
Complice
05
Marie-Annick BIOCHON
Employée du bureau télégraphique
– Observe des messages codés envoyés par un passager allemand – Travaille sur le circuit civil des communications – Activité inhabituelle repérée sans pouvoir identifier précisément l’émetteur – Témoignage cohérent avec un contexte d’espionnage
Met en évidence l’existence de communications secrètes à bord, liées au réseau d’espionnage (opération X22).
Témoin clé
06
Greta Von Baumann
Agent nazi (X13)
– Message secret (encre invisible) – Se rapproche d'Alan Turning au bal – Présente lors de l’enlèvement – Va à l'infirmerie en état de choc après le coup de feu
Responsable de l’enlèvement et implication directe dans la mort de Kempfer.
Coupable
07
Pamela Carington
Passagère / témoin secondaire
– Victime du vol d’un collier de perles – Confirme des incidents à bord (vols, tensions) – Isolement temporaire en cabine imposé – Témoignage centré sur des faits annexes
Confirme un climat de désordre et de délits à bord, sans lien direct avec l’affaire principale.
Intrigue annexe
08
Berthe Blanchard
Femme de chambre / témoin relationnel
– Confirme la proximité avec Philippe de la Vallière – Évoque une altercation avec un individu louche – Mention d’un trafic potentiel (proposition de voyage à Tanger) – Crainte personnelle vis-à-vis de cet individu
Met en évidence une altercation impliquant la victime, liée à une affaire secondaire sans lien direct avec le meurtre principal.
Intrigue annexe
09
René Beauchamp
Technicien aéronautique / témoin technique
– Découvre le sabotage de l’avion (câbles de dérive limés) – Confirme que l’appareil était en parfait état la veille – Travaille directement sur le SIRIUS – Déclare être resté en cabine durant la soirée
Met en évidence un sabotage volontaire lié à une intrigue distincte (concurrence aéronautique), sans lien direct avec le meurtre principal.
Intrigue annexe
10
Mimile Lecreux
Marin/Maître chanteur
– Impliqué dans des actes de chantage – Blessure à la main (vitrine cassée) – Présence de billet sous son lit – Fait des lettres de chantage à partir de découpes dans le journal
Impliqué dans une intrigue secondaire sans lien avec les meurtres.
Intrigue annexe
11
Célestine Turning
Nièce d'Alan Turning
– Relation amoureuses avec Deveaux – Sa relation n'est pas approuvé par son oncle
Impliquée émotionnellement mais innocente.
Hors affaire
12
Marthe Granet
Témoin indirect
– Rendez-vous secret avec Maurice Durand – Présente sous l’escalier vers 23h05 – Voit passer un individu suspect (Kempfer) – Confirme un déplacement vers les cabines
Témoin clé du déplacement de Kempfer avant le meurtre.
Témoin
13
Philippe de la Vallière
Agent du 2e Bureau
– Identifié par le MI5 – Mène une enquête à bord – Arrive par erreur dans la cabine d'Alan Turning – Assassiné par opportunité
Découvre l’opération X22 et est éliminé par Kempfer.
Victime
14
Mustapha BEN SLIMANE
Trafiquant
– Est compromis dans des activités de protitution – Conflit avec la victime Philippe de la Vallière
suspect périphérique, activités illégales mais étranger aux crimes commis.
Intrigue annexe
15
Sandra Paoletti
Témoin secondaire
– Confirme la présence inquiétante d’Altman – Observation répétée dans les couloirs – Crainte d’une agression – Cohérent avec rôle de complice
Renforce l’implication de Karl Altman dans l’affaire.
Témoin clé
16
Docteur Bonnard
Médecin légiste
– Constate une strangulation avec choc préalable – Évalue l’heure de la mort vers 5h (découverte) – Signale une incohérence temporelle – Confirme déplacement du corps
Prouve que la victime a été tuée bien avant sa découverte (≈23h20).
Expert
17
GRAF VON DRUBEN
Industriel
- A perdu son bras pendant la guerre à cause de la Vallière. – Evoque l’usage de produits révélateurs. – Rancoeur contre de la Vallière.
Magré les doutes, il n'est pas impliqué dans le meurtre de la Vallière
Témoin clé
18
James Pellton
Agent du MI5
– Identifie Philippe de la Vallière – Confirme son appartenance au 2e Bureau – Connaissance des réseaux d’espionnage – Témoignage fiable et précis
Établit clairement le statut d’agent secret de la victime.
Expert
19
CAROLIN MURPHY
– Indique le départ du savant vers 23h25 avec une femme allemande, puis retour de celle-ci seule. – Son observation d’un comportement nerveux et de recherches actives de la victime confirme un rendez-vous manqué. – Le “sportsman” qu’elle mentionne pourrait correspondre à un agent ou complice.
témoin clé pour établir la timeline et identifier les interactions critiques de la soirée.
Témoin clé
20
Roberto Martini
Témoin temporel
– Voit Philippe de la Vallière entre 23h et 23h10 – Situe précisément ses déplacements – Confirme sa sortie du théâtre – Dernier contact avant le drame
Permet de dater l’arrivée de la Vallière dans la cabine de Turning.
Témoin
21
Mme Jacobson
Témoin du bal
- Présence au bal avant 23h – Danse en Colombine avec un homme déguisé en Pierrot – Costume correspondant à celui de Kempfer – Témoignage indirect via son mari
Permet d’identifier Kempfer au bal masqué.
Témoin
22
Otto Kempfer (retrouvé assassiné)
Victime secondaire
- Possède message “GEHEIM” + code “BENEDICTE” – Quitte le bal vers 23h – Présent dans la cabine de Turning – Corps retrouvé avec arme – Mise en scène de suicide
A été assassiné puis maquillé en suicide.
Victime
23
Maurice Durand
Surveillant des soutes
– Quitte son poste temporairement – Croise le faux aveugle – Retrouvé assommé – A probablement surpris une activité suspecte
Neutralisé par Allison, permettant l’accès à la soute.
– A découvert le corps de Kempfer dans l’entrepôt frigorifique à 5h – Précise que les lieux sont fermés entre 23h et 5h donc le corps a été déposé cette tranche horaire. – Indique que les mains étaient attachées avec un cordon de rideau vert olive (arme du crime) - Cette couleur correspond à la couleur de la cabine de Karl Altman.
Témoin clé pour la scène de crime, confirmant la dissimulation du corps et le possible coupable.
Témoin clé
26
Paul Delarose
Pressing
– Confirme l’intense activité liée au bal masqué. – La victime n’était pas déguisée, la rendant plus vulnérable. – Les nombreux costumes rendent difficile l’identification des individus.
Témoin soulignant que le bal a pu servir de couverture parfaite pour les opérations clandestines.
Témoin
27
Charlot
Personnage mystère
– Passager clandestin
Personnage secondaire à portée humoristique
Hors affaire
28
RAY BOULINAT
Chanteur
- Fait partie de l'orchestre – Confirme la présence toute la soirée de Célestine Turning et Ernest Deveaux
Permet de conforter l'alibi de la nièce de Turning et de Deveaux
Témoin
29
Michel Dumont
Suspect secondaire
– Possède une douille – Passage par le stand de tir – Manipulation d’armes possible – Aucun lien direct avec les victimes
Suspect plausible mais non impliqué dans les meurtres.
Fausse piste
30
Commissaire Villers
Autorité à bord
– Donne accès aux zones interdites (“SESAME”) – Mentionne tensions à bord (racket, jalousies) – Confirme présence d’étrangers (allemands, américains) – Met en évidence un contexte troublé
Fournit le cadre global et permet l’avancée de l’enquête.
Autorité
31
Jenny Reeves
Témoin auditif
– Entend un coup de feu vers 23h20–1h – Cabine située au-dessus des zones frigorifiques – Confirme un événement violent nocturne – Témoignage recoupé avec la mort de Kempfer
Confirme le moment du tir ayant coûté la vie à Kempfer.
Témoin clé
32
Commandant Charvet
Commandant du navire
– Déroutement du navire pour un SOS fictif – Mobilisation de l’équipage – Absence de contact réel avec le bateau en détresse – Témoignage recoupé avec la TSF
Confirme la diversion orchestrée pour lancer l’opération X22.
Témoin clé
33
Marie Vincenot
Personnel d’accueil
– Gestion des cabines et des passagers – Signale des changements de cabines fréquents – Mentionne des bagages volumineux – Donne une vision globale des flux à bord
Fournit un contexte logistique mais sans lien direct avec les crimes.
Contexte
34
M. Jacobson
Témoin jaloux
– Observe un industriel allemand quitter le bal – Départ vers 23h suivi par sa femme – Perd leur trace dans la foule – Témoignage biaisé par jalousie
Confirme des déplacements suspects mais identification incertaine.
Témoin partiel
35
Mlle Moreau
Infirmière
– Soigne Greta Von Baumann en état de choc – Mentionne une surdité soudaine – Entend “il est mort” répété – Présence à 23h30 confirmée
Confirme l’implication directe de Greta après le meurtre de Kempfer.
Témoin clé
36
Dupuis (Officier TSF)
Expert radio
– Intercepte un SOS incohérent – Message provenant d’une position erronée (leurre) – Reçoit un message de la police américaine – Identifie un individu dangereux : John Wade
Confirme le faux SOS et révèle la présence de John Wade.
Preuve clé
37
Alan Turning
Cible principale
– Transporte un microfilm secret (Plan machine ENIGMA) – A été assommé – Retrouvé caché dans une caisse en soute – Victime d’une tentative d’enlèvement
Savant visé par l’opération X22 fromentée par des agents nazis.
Victime
38
Capitaine Kappock
Trafic d’alcool
– Stock de whisky caché – Projet de revente aux USA – Colère liée à la substitution des caisses – Activité illégale sans lien avec l’affaire principale
Impliqué dans une intrigue secondaire sans rapport avec les meurtres.
Intrigue annexe
39
Pierre Astrom
Témoin auditif
– Entend un homme dire “je vais le tuer” – Comprend la langue (suédois) – Situe la scène vers 23h – Colère dirigée vers une cible précise
Confirme une intention meurtrière peu avant les faits (probablement Kempfer).
Témoin
40
Le Photographe
Témoin involontaire
– Photo râtées mais révélant un sous-marin proche – Boutique vandalisée – Fait l'objet d'un chantage par le marin Mimile Lecreux
Apporte la preuve visuelle de la présence du sous-marin allemand.
Preuve clé
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE MINISTÈRE DE LA MARINE
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SERVICE DES ENQUÊTES MARITIMES
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N° 1938/ATL/042
AFFAIRE DE LA VALLIÈRE
OBJET : INCIDENTS SURVENUS À BORD DU PAQUEBOT « BOURGOGNE » Ligne : Le Havre → New York
Date des faits : Nuit du 16 au 17 avril 1938
PROCÈS-VERBAL °°°°°°°°°°°°°°°°
NOUS, soussigné, officier enquêteur mandaté par les autorités maritimes, rapportons les faits suivants, établis à partir des témoignages recueillis, des constatations effectuées à bord et des éléments matériels en notre possession.
Vu les articles 75 et suivants du Code de Procédure Pénale.
Avons procédé à une enquête préliminaire à bord du paquebot « Bourgogne » sur la traversée Atlantique Le Havre – New York, suite aux circonstances particulières du décès de l'aviateur français, monsieur Philippe de La Vallière.
Les résultats et conclusions de cette enquête sont consignés ci-dessous.
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Le paquebot « Bourgogne » a appareillé du port du Havre le mercredi 13 avril 1938 à destination de New York. La traversée s’est déroulée sans incident majeur durant les trois premiers jours, hormis des faits de chantage imputables au marin dénommé Lecreux, visant plusieurs commerçants embarqués.
Dans la nuit du 16 au 17 avril 1938, une succession d’événements graves survient à bord, révélant l’existence d’activités criminelles et d’une opération d’espionnage internationale impliquant plusieurs passagers.
Parmi les passagers figurent le scientifique Alan TURNING et sa nièce Célestine. Le premier se rend aux États-Unis afin de mettre ses compétences de mathématicien au service des autorités américaines, dans un contexte international tendu. Il est établi que ces deux personnes ont passé la nuit des faits au bal du bord, leur présence étant confirmée par le chef d’orchestre. Leur alibi est donc considéré comme solide.
Les investigations révèlent l’existence d’une opération clandestine menée par les services secrets allemands, dénommée « X22 », visant à enlever Alan TURNING durant la traversée afin de le transférer à bord d’un sous-marin naviguant près du paquebot. Il apparaîtra que TURNING transporte des informations sensibles sur microfilm à destination des américains.
Un agent infiltré à bord du nom d'Otto KEMPFER, assisté d’une complice identifiée comme Greta VON BAUMAN, alias agent X13 était chargé de cette opération.
Il est également établi qu’un agent britannique du MI5 assurait la protection de TURNING à bord.
Par ailleurs, se trouvait à bord Philippe de la VALLIÈRE, pilote français de renom, engagé dans une tentative de record de traversée de l’Atlantique Nord et qui apparait être aussi un agent des services secrets français. Son avion faisait l’objet de tentatives de sabotage orchestrées par un individu connu sous le nom de John WADE, alias ALLISON, agissant pour le compte d’intérêts concurrents.
Un autre individu nommé Ben SLIMANE est également signalé pour des activités suspectes liées à un réseau de traite humaine.
Le matin du 17 avril, vers 5 heure du matin le corps de Philippe DE LA VALLIÈRE est découvert. Le médecin légiste de l'équipage, le docteur Bonnard est aussitôt appelé et fait les constatations d'usages. La mort remonterait à plus de 7h. Des trâces autours du coup indiquent que la victime a été étranglée, sans doute à l'aide d'une cordelette et portait une contusion sur le côté du crâne. Un meurtrier et d'eventuel complices étaient à bord. Cela nous conduisit à inspecter méthodiquement l'ensemble du paquebot, les cabines des passagers bien sûr mais aussi des officiers et personnels de bord, les différentes commodités du navires, ainsi que les soutes du navire pour y faire quelques découvertes. Nous avons ainsi rassemblé plusieurs indices matériels (voir liste en annexe) et procéder aux interrogatoires en bonne et due forme.
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Les éléments recueillis permettent d’établir la chronologie des faits suivants :
À 23h00, KEMPFER descend dans les soutes situées pont D afin de préparer l’enlèvement de TURNING. Il dissimule au passage un costume sous un escalier à proximité de l’office d’étage, en présence des employés DURANT et GRANET.
À 23h10, Philippe DE LA VALLIÈRE se rend vers son avion et surprend un individu se faisant passer pour aveugle en train de le saboter. Il est alors assommé et ligoté. L’agresseur prend la fuite mais est intercepté par DURANT, qui le reconduit vers un ascenseur.
KEMPFER, témoin de la scène, neutralise DURANT afin de préserver le secret de l’opération, puis retourne auprès DE LA VALLIÈRE. Ce dernier ayant repris connaissance, KEMPFER l’étrangle pour éviter toute identification et dissimule le corps dans une réserve.
Aux environs de 23h30, Greta VON BAUMAN parvient à conduire Alan TURNING, affaibli (probablement sous l’effet d’alcool ou de stupéfiants), jusqu’aux soutes. Ne trouvant pas KEMPFER sur place, elle assomme TURNING pour s’assurer de son immobilité, le place dans une caisse, puis remonte à la recherche de son complice.
Les deux agents se retrouvent et, constatant le retard pris, décident de regagner la cabine de VON BAUMAN afin d’y récupérer des indices compromettants.
C’est à ce moment qu’ils sont interceptés par l’agent du MI5 chargé de la protection de TURNING. Celui-ci abat KEMPFER d’un coup de feu à bout portant. Il tente ensuite de neutraliser VON BAUMAN mais la manque. Cette dernière prend la fuite et trouve refuge à l’infirmerie, où elle simule une crise de surdité afin de détourner les soupçons.
L’heure du tir est estimée à 00h20. Contrairement aux premières déclarations, le coup de feu entendu depuis la cabine 422 provient en réalité de la cabine 425, l’isolation du navire rendant improbable toute propagation sonore depuis les ponts inférieurs.
À noter qu’à 00h15, un photographe présent à bord réalise des clichés d’essai sur le pont et capture accidentellement l’image du sous-marin en attente à proximité du paquebot, sans en mesurer l’importance.
QUESTIONS DU CONCOURS "MEURTRES SUR L'ATLANTIQUE"
- Qui a écrit la "lettre" de menace ? "MIMILE" LECREUX
- Comment pouvez-vous le prouver ? 1/ Le journal découpé qui a servi pour composer la lettre de menace 2/ La liasse de billets sous son lit 3/ Les menaces durent depuis deux traversées, cela ne pouvait être qu'un membre de l'équipage
- Qui est la "star la plus brillante" ? L'avion de l'aviateur DE LA VALLIÈRE "LE SIRIUS"
- La lettre adressée à Ingrid présente 2 invraisemblances. Lesquelles ? 1/ "Chère Ingrid" alors qu'elle se fait appeler "Gréta" 2/ Un message écrit à l'encre sympathique entre les lignes
- Comment s'appelle la machine qu'on voit sur le micro-film ? ENIGMA
- Liste du programme Basic dont l'organigramme est fourni.
10 MEMORY 25000
20 LOAD "CODE.BIN"
30 INPUT "CODE"; C$
40 J = 0
50 FOR I = 30000 TO 31990
60 J = J + 1
70 IF J > LEN(C$) THEN J = 1
80 K = PEEK(I) - ASC(MID$(C$,J,1)) + 60
90 IF K > 32 AND K < 122 THEN PRINT CHR$(K); ELSE PRINT ".";
100 NEXT I
RUN
PRESS PLAY THEN ANY KEY !
LOADING CODE.BIN BLOCK 1
CODE ? BENEDICTE
- Quel est le sens du radio-télégramme ? Qu'il faut saboter l'avion "LE SIRIUS"
- À quelle heure est-il arrivé ? 13h54
- À qui appartient le portefeuille trouvé ? John WADE, qui se fait appeler William ALLISON
- Que représente la photo déchirée ? Un sous-marin U234
- Le pistolet en photo a-t-il été utilisé ? Oui pour tirer 2 coups mais pas pour les meurtres
- Qui a tué l'aviateur de la Vallière ? Klempfer OTTO
- À quel endroit ? Et pourquoi ? 1/ Cabine 672 d'Alan TURNING. 2/ Le meurtre de DE LA VALLIÈRE n'était pas la mission de Klempfer. En sortant du théâtre, la victime a pris l'ascenseur pour rejoindre sa cabine. Après avoir appuyé sur le bouton G, il est descendu par erreur au pont H. Sa cabine se trouvant juste au-dessus de celle d'Alan TURNING, il est entré dans cette chambre en pensant rejoindre la sienne. Il y a surpris Klempfer en train de chercher les documents du scientifique. Ce dernier l'a supprimé afin de ne laisser aucun témoin.
- Quelle preuve en avez-vous ? 1/ Témoignage de Georges COURRAIS : « Il avait les mains attachées par un cordon de rideau vert olive », justement la couleur de cette cabine. 2/ Rapport de service à la mer du 16 au 17 avril 1938 : 22h10 ronde pont B, signalement d'un nouveau problème sur l'ascenseur avant.
- À quelle heure ? Comment le savez-vous ? 1/ Avant 23h, probablement vers 22h45. 2/ Le médecin indique que le corps fut découvert à 5h00 et que la mort remontait à sept heures auparavant. Les témoignages de Georges COURRAIS, Maurice DURAND et Marthe GRENET le confirment.
- Quel est le nom du deuxième cadavre ? Klempfer OTTO.
- Comment est-il mort ? Et pourquoi ? Selon le docteur BONNARD, il a succombé à un tir. L'os occipital a été broyé et la balle n'est pas ressortie.
- Que trouve-t-on sur lui ? Un mot contenant une liste de noms féminins ainsi qu'une carte de visite.
- Où est le savant Turning ? Dans la soute du pont J, enfermé dans une caisse près de l'avion « LE SIRIUS ».
- Pourquoi est-il là ? Il a été kidnappé et attend d'être transbordé vers le sous-marin U234.
- Qu'y a-t-il dans les ascenseurs ? 1/ Ascenseur arrière : une carte de visite d'Altman et une douille de 7.65. 2/ Ascenseur avant : un mégot de Marlboro.
- Que se passe-t-il chaque soir à 23h pendant la traversée ? 1/ On retire une heure lors du changement de fuseau horaire. 2/ Marthe GRANET retrouve Maurice DURAND sous l'escalier de l'office d'étage du pont J.
- Où se trouvent les occupants absents de leur cabine ? Pont A cabine 1326 : Pamela Carrington, chez le coiffeur au pont E. Pont J cabine 425 : Greta Von Bauman, à l'hôpital du pont G. Pont H cabine 672 : Alan Turning, enfermé dans une caisse près du « SIRIUS » au pont J. Pont G cabine 772 : Philippe de la Vallière, décédé, corps en chambre mortuaire du pont G. Pont F cabine 854 : Otto Kempfer, décédé, corps dans l'entrepôt frigorifique du pont M.
- Qui a écrit le mot trouvé sur le gardien de soute ? Marthe GRANET.
- Quel est le mot de passe permettant de fouiller tout le bateau ? SESAME.
- Qui est l'agent X13 ? Gréta VON BAUMAN.
- Que signifie CQD dans cet appel ? Appel de détresse.
- Quel est le défaut de l'ascenseur avant ? Il descend d'un pont plus bas que celui demandé.
- Et pour finir... Quel est l'âge du Capitaine ? 26 ans, 35 ans, 44 ans, etc. Toutes les combinaisons à deux chiffres dont la somme donne 8, sauf le 17.
REVIEW
Cobra Soft, 1985
Malgré ses couleurs un peu flashy, ses sons stridents, Meurtres sur l'Atlantique est une réussite sur Amstrad [CPC]
Comme beaucoup, c’est sur Amstrad CPC que j’ai découvert Meurtres sur l’Atlantique, une version qui reste encore aujourd’hui celle qui m’est la plus familière. Techniquement, elle se distingue surtout par une palette de couleurs plus vives, presque criardes, surtout lorsqu’on la compare à la sobriété du Thomson MO5. Un choix visuel qui peut surprendre, mais qui participe aussi à son identité.
Pour le reste, rien ne vient bouleverser l’expérience. Le déroulement de l’enquête, la structure du jeu, les interactions : tout demeure fidèle à l’esprit original. On retrouve cette même exigence, cette même rigueur dans la progression, sans concession.
Et malgré ses imperfections, difficile de ne pas y être attaché. Peut-être par habitude, sans doute par nostalgie, mais aussi parce qu’elle incarne parfaitement cette époque où l’essentiel ne passait pas par la technique, mais par ce que le jeu parvenait à faire naître dans l’imagination du joueur.
Pour lancer le jeu avec l'émulateur Amstrad CPC taper : RUN "JEU" (Faire SHIFT + 2 pour le ")
Inimaginable une version Oric a été développée en Homebrew !
Plus inattendue, la version Oric mérite également que l’on s’y attarde. Comme évoqué précédemment, le projet d’adaptation initié par Cobra Soft n’avait jamais abouti, faute de demande suffisante, et aucune version officielle n’avait vu le jour à l’époque.
Il faudra attendre de nombreuses années pour qu’une version homebrew, développée par Dominique Pessan, vienne combler ce manque. Une réalisation qui tient presque de la prouesse technique, tant la machine ne semblait pas, à l’origine, destinée à accueillir un jeu de cette envergure.
Et pourtant, le résultat est là. Les graphismes, d’une finesse remarquable pour l’Oric, parviennent à restituer l’essentiel de l’atmosphère sans trahir l’esprit du jeu. Les choix de couleurs et de composition témoignent d’une véritable maîtrise de la machine. Côté sonore, le travail est tout aussi impressionnant, apportant une dimension supplémentaire à une expérience qui en était initialement dépourvue.
Au-delà de la simple adaptation, cette version apparaît comme une véritable relecture, respectueuse mais enrichie, qui prouve qu’avec suffisamment de passion et de savoir-faire, même les machines les plus modestes peuvent encore surprendre.
EN VRAC
LANCEMENT DU JEU SOUS DCMOTO
Sur MO5, - Insérer la cassette .k7 dans l’émulateur, - Taper : RUN" (Touche SHIFT + 2 pour le caractère " )
La version cassette nécessite d’avancer ou rembobiner la cassette via l'émulateur afin d’afficher les témoignages. C’est fastidieux, je vous conseille donc la version disquette sur TO8D identique à celle MO5 mais bien plus pratique.
Sur TO7/70, - Insérer la cassette .k7, - Taper : 2
Sur TO8D / TO9, - Insérer la disquette .fd, - Taper : D puis J pour le Jeu et T pour le Test
LES COMMANDES
Touche V : Voir le lieu Touche R : Regarder le personnage Touche F : Fouiller Touche O : Ouvrir Touche A : Action ou Autopsie Touche I : Interroger Touche * : Appel ascenseur puis touche de l’étage désiré Touche P : Faire défiler les personnages
Point important il est possible de sauvegarder sa partie avec la touche #
REFERENCES
- CNJV - Une grand merci à son président Bertrand Brocard