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EMERALD SOFTWARE

Logo de la société EMERALD SOFTWARE
INFORMATIONS
Année de création1988
Année de fermeture1991
NationalitéIrlandais
JEUX
1989
Vigilante
Running ManJeu Running Man
HISTOIRE

Emerald Software est une petite société irlandaise fondée en 1988 à Waterford par David Martin, figure de Martech, et Mike Dixon, ancien d’EMI. Le studio est installé dans une grande maison géorgienne de Wilkin Street, baptisée Washington Lodge, un cadre assez atypique pour une équipe de développement de jeux vidéo. Pendant quelques années, Emerald va tenter d’exister sur Amiga, Atari ST, PC, Commodore 64, ZX Spectrum et Amstrad CPC.

La société se forme surtout autour de jeunes programmeurs et graphistes, souvent issus du Waterford Regional Technical College. À son sommet, Emerald emploie une vingtaine de personnes, dont dix-sept programmeurs et cinq graphistes. Pour une structure aussi courte dans le temps, c’est déjà une petite machine de production. L’objectif est clair : développer vite, sur plusieurs supports, pour répondre aux commandes des éditeurs britanniques.

Le premier titre vraiment associé au studio est Phantom Fighter, publié en 1988 par Martech. Le jeu reprend l’imaginaire des films de kung-fu et des fantômes chinois, avec une ambiance assez originale pour l’époque. Ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais il montre qu’Emerald n’est pas seulement un simple atelier de portage. Le studio peut aussi produire un titre avec une identité propre, même modeste.

Très vite, Emerald est sollicité pour des conversions et adaptations. On retrouve son nom derrière Vigilante, adaptation micro du beat’em up d’Irem, publiée par U.S. Gold. Comme souvent avec ce type de conversion, le défi consiste à faire entrer une borne d’arcade nerveuse dans des machines beaucoup plus limitées. Selon les versions, le résultat reste inégal, mais le travail illustre bien la place d’Emerald : un studio technique chargé de traduire l’arcade sur les micros européens.

Le studio travaille aussi sur The Running Man, adaptation du film avec Arnold Schwarzenegger, publiée par Grandslam. Là encore, le nom sur la boîte attire forcément l’œil. Le jeu cherche à reprendre l’idée d’une émission meurtrière où le héros doit survivre à des chasseurs lancés à ses trousses. Sur micro, le résultat reste assez raide, mais l’habillage est ambitieux pour l’époque. L’introduction de la version Amiga, avec voix digitalisée, musique et séquences issues du film, occupait presque une disquette entière et servait parfois de démonstration dans les boutiques.

Emerald participe également à des titres comme The Deep, If It Moves, Shoot It!, Fallen Angel, Treasure Trap ou encore Michael Jackson’s Moonwalker. Le catalogue montre une équipe capable de passer d’un genre à l’autre, mais aussi très dépendante des commandes extérieures. Arcade, film, action, exploration : Emerald travaille beaucoup, mais sans vraiment avoir le temps de construire une identité forte.

Techniquement, le studio semble pourtant bien organisé. Les versions Amiga et Atari ST sont développées avec des outils internes, avec une logique de portage pensée pour passer d’une machine 68000 à l’autre. Les développements ZX Spectrum et Amstrad CPC reposent eux aussi sur des environnements croisés permettant de travailler plus vite depuis PC. Cette organisation explique pourquoi Emerald pouvait répondre à des projets multi-supports, même avec une équipe relativement jeune.

Mais cette capacité technique ne suffit pas à stabiliser la société. Emerald vit dans un marché très exigeant, où les commandes doivent sortir vite, où les conversions sont jugées durement, et où les retards peuvent coûter très cher. Les problèmes de planning s’accumulent, les résultats commerciaux ne suivent pas toujours, et le studio ferme finalement ses portes en 1991, après seulement trois années d’existence.

Avec le recul, Emerald Software donne l’impression d’un studio prometteur mais fragile, typique de la fin des années 80. Il avait des programmeurs capables, une vraie organisation technique et quelques projets visibles, mais il est resté enfermé dans un rôle de prestataire pour des éditeurs plus connus. Phantom Fighter, Vigilante, The Running Man ou Treasure Trap résument bien son parcours : des jeux parfois intéressants, souvent inégaux, et une ambition freinée par les contraintes du marché.

Emerald Software n’a donc pas laissé un grand classique derrière lui, mais son histoire reste intéressante parce qu’elle raconte une facette moins connue du jeu vidéo européen : celle d’un studio irlandais formé très vite, techniquement sérieux, lancé dans les conversions micro et les licences de cinéma, puis disparu avant d’avoir vraiment pu imposer sa propre voix.

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