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AMSTRAD

AMSTRAD
INFORMATIONS
Année de création1968
Année de fermeture2011
NationalitéAnglais
JEUX
HISTOIRE

Amstrad est une société britannique fondée en 1968 par Alan Sugar. Avant d’entrer dans l’informatique, l’entreprise se fait connaître dans l’électronique grand public, notamment avec du matériel hi-fi bon marché. Cette culture du produit accessible, vendu en grande distribution et pensé pour le grand public, va devenir essentielle lorsque la société se lance dans les micro-ordinateurs.

Au début des années 80, le marché informatique familial est en pleine explosion. Le ZX Spectrum, le Commodore 64, le BBC Micro, l’Oric ou le Thomson occupent déjà le terrain, mais beaucoup de machines demandent encore au client d’acheter séparément un écran, un lecteur de cassette ou des accessoires. Amstrad va comprendre qu’il existe une autre voie : vendre un ordinateur complet, prêt à brancher, avec son moniteur et son lecteur intégré.

Le premier grand succès est l’Amstrad CPC 464, lancé en 1984. Le sigle CPC signifie Colour Personal Computer. La machine intègre un clavier, un lecteur de cassette et est vendue avec un moniteur monochrome ou couleur. C’est un choix décisif. Pas besoin de monopoliser la télévision familiale, pas besoin de chercher un magnétophone compatible : tout est dans la boîte. Pour les parents, c’est rassurant. Pour les enfants, c’est un ordinateur qui fonctionne presque immédiatement.

Techniquement, le CPC 464 n’est pas la machine la plus révolutionnaire de son époque, mais il est très bien pensé. Son processeur Z80, ses modes graphiques, son son sur trois voies et son BASIC intégré en font un micro solide, agréable à utiliser et suffisamment polyvalent pour jouer, programmer ou travailler. Son clavier est meilleur que celui de beaucoup de concurrents, et l’ensemble donne une impression de sérieux très importante pour le public familial.

En France, le CPC 464 connaît un succès considérable. Il arrive au bon moment, avec un prix compétitif, une distribution efficace et une offre complète. Là où certains micros semblent encore réservés aux passionnés, l’Amstrad donne l’impression d’un vrai poste informatique domestique. On peut lancer un jeu, taper un programme en BASIC, écrire un texte ou apprendre l’informatique sans se sentir immédiatement perdu.

La ludothèque du CPC va rapidement devenir très riche. Les éditeurs français, britanniques et espagnols le soutiennent massivement. Loriciel, Ubi Soft, Infogrames, Ocean, US Gold, Gremlin, Dinamic, Elite, Hewson ou Cobra Soft publient sur la machine. En France, le CPC devient l’un des micros les plus présents dans les chambres d’enfants et les bureaux familiaux. Beaucoup de joueurs découvrent les adaptations arcade, les jeux d’aventure, les productions françaises et les listings de magazines sur cet écran vert ou couleur devenu familier.

En 1985, Amstrad sort le CPC 664, équipé cette fois d’un lecteur de disquettes 3 pouces intégré. La machine est rapidement remplacée par le CPC 6128, qui devient l’autre grand modèle de la gamme. Avec ses 128 Ko de mémoire et son lecteur de disquettes, le 6128 paraît plus sérieux, plus rapide, plus confortable. Pour beaucoup d’utilisateurs, c’est le meilleur équilibre de la famille CPC.

Le choix du format de disquette 3 pouces reste particulier. Plus robuste que la cassette et plus pratique au quotidien, il est aussi moins standard que les disquettes 3,5 pouces qui s’imposeront ailleurs. Mais à l’époque, l’intégration compte beaucoup. Le lecteur est là, dans la machine, prêt à l’emploi, et cela suffit à faire du CPC 6128 un micro très populaire, notamment en France.

Amstrad ne se limite pas au marché familial ludique. En 1985, la société lance le PCW, un ordinateur orienté traitement de texte. Là encore, la logique est simple : vendre un ensemble complet, comprenant l’unité centrale, l’écran, le clavier, le lecteur de disquettes, l’imprimante et le logiciel LocoScript. Le PCW n’est pas pensé pour impressionner les joueurs, mais pour remplacer la machine à écrire dans les foyers, les bureaux et les petites entreprises.

Le succès du PCW est immense au Royaume-Uni et important dans plusieurs pays européens. Pour un prix raisonnable, l’utilisateur dispose d’une solution complète de traitement de texte. C’est très Amstrad dans l’esprit : pas le plus luxueux, pas le plus ouvert, mais efficace, abordable, immédiatement utile. Beaucoup de personnes découvrent l’informatique professionnelle légère grâce à ce type de machine.

En 1986, Amstrad frappe encore avec le PC1512, un compatible IBM PC vendu à un prix très agressif. À cette époque, le PC est encore souvent perçu comme une machine professionnelle coûteuse. Amstrad casse les prix et propose un ensemble complet avec écran, clavier, souris et logiciels. Le PC1512 rencontre un très grand succès et contribue à démocratiser le compatible PC en Europe.

Avec le PC1512 puis le PC1640, Amstrad montre une nouvelle fois sa force commerciale. La société n’invente pas une architecture, mais elle sait la rendre accessible. Elle comprend que le public ne veut pas seulement une fiche technique, mais une solution complète, claire, bien distribuée et proposée au bon prix. Cette méthode avait fonctionné avec le CPC ; elle fonctionne aussi avec le PC.

La même année, Amstrad rachète Sinclair Research et récupère les droits sur les machines ZX Spectrum. L’opération permet à Alan Sugar de reprendre une marque mythique de l’informatique britannique, mais aussi de prolonger la vie commerciale du Spectrum avec des modèles comme les ZX Spectrum +2 et +3. Ces machines reprennent l’esprit Amstrad : clavier plus sérieux, lecteur intégré, présentation plus robuste. Les puristes peuvent discuter les choix, mais commercialement, l’idée est cohérente.

À la fin des années 80, la gamme CPC tente d’évoluer avec les CPC Plus, notamment les 464 Plus et 6128 Plus. Les machines apportent de meilleures capacités graphiques, des sprites matériels, une palette plus riche et un design plus moderne. Sur le papier, l’amélioration est réelle. Mais le marché a déjà changé. L’Amiga, l’Atari ST, les consoles 16 bits et les compatibles PC rendent la position des 8 bits beaucoup plus fragile.

La tentative la plus visible de cette période est la GX4000, lancée en 1990. Il s’agit d’une console dérivée de l’architecture CPC Plus, pensée pour attaquer le marché des consoles de salon. L’idée arrive trop tard et avec trop peu d’arguments. Face à la Mega Drive, à la Super Nintendo qui se profile, et même aux 8 bits déjà bien installées, la GX4000 ne peut pas vraiment lutter. Peu de jeux, image floue, technologie encore trop proche du CPC : l’échec est rapide.

Cet échec symbolise la difficulté d’Amstrad à entrer dans les années 90 du jeu vidéo. La société avait excellé dans l’ordinateur complet, familial, abordable, vendu au bon moment. Mais le marché devient plus spécialisé. Les joueurs veulent des consoles puissantes ou des micros 16 bits. Les familles s’orientent de plus en plus vers le PC. Le modèle CPC, si efficace quelques années plus tôt, arrive en fin de cycle.

Amstrad continuera dans l’informatique et l’électronique, mais son grand moment micro appartient surtout aux années 1984-1990. C’est là que la société aura le plus marqué les foyers, avec le CPC 464, le CPC 6128, le PCW et les premiers compatibles PC à prix accessible. Son rôle n’est pas celui d’un constructeur visionnaire comme Apple, ni celui d’un champion technique comme Commodore avec l’Amiga. Amstrad est d’abord le constructeur qui a su vendre l’informatique comme un produit complet et abordable.

L’héritage d’Amstrad est particulièrement fort en France. Pour toute une génération, le bruit du lecteur de cassette, le claquement du lecteur 3 pouces, l’écran monochrome vert, les commandes BASIC, les jaquettes Ocean ou Loriciel et les listings de magazines font partie de la mémoire informatique. Le CPC n’était pas toujours le plus puissant, mais il était là, disponible, solide, familial, et suffisamment ouvert pour faire naître des joueurs, des bidouilleurs et de futurs programmeurs.

Amstrad a donc marqué l’informatique non par une révolution technique, mais par une révolution commerciale très concrète : mettre un micro complet dans un carton, à un prix acceptable, et le rendre désirable pour les familles. Dans les années 80, cela a suffi à changer beaucoup de choses.

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