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MIRROR SOFT

Logo de la société MIRROR SOFT
INFORMATIONS
Année de création1983
Année de fermeture1992
NationalitéAnglais
JEUX
1987
Dungeon MasterJeu Dungeon Master
1990
Brat
HISTOIRE

Mirrorsoft est une société britannique d’édition et de distribution de logiciels fondée en 1983 par Jim Mackonochie, au sein du groupe de presse Mirror Group Newspapers. Son histoire est donc liée dès le départ au monde des médias, bien plus qu’à celui des petits studios de programmeurs. Lorsque le groupe passe ensuite sous le contrôle de Robert Maxwell, Mirrorsoft devient l’une des nombreuses branches de son empire.

Au départ, la société ne se limite pas au jeu vidéo. Elle publie aussi des logiciels éducatifs et professionnels, dans l’idée assez typique des années 80 où l’ordinateur familial doit servir à jouer, apprendre, écrire, calculer et travailler. Mais le marché des jeux sur micro explose rapidement, et Mirrorsoft va progressivement y prendre une place importante, surtout sur ZX Spectrum, Commodore 64, Amstrad CPC, Atari ST, Amiga et PC.

La société se fait remarquer avec plusieurs titres et accords d’édition. Elle publie notamment des productions venues d’autres studios, distribue en Europe des jeux américains, et accompagne la montée des machines 16 bits. Mirrorsoft n’est pas toujours le développeur des jeux qui portent son nom, mais il joue un rôle essentiel de passeur, de financeur et de distributeur.

Parmi les titres associés à Mirrorsoft, on retrouve Defender of the Crown, développé par Cinemaware et publié par Mirrorsoft en Europe. Le jeu devient l’une des grandes vitrines de l’Amiga, avec ses écrans médiévaux somptueux, ses joutes, ses sièges et sa mise en scène très cinématographique. Pour Mirrorsoft, c’est exactement le type de titre capable de donner du prestige à un catalogue : beau, ambitieux, immédiatement vendeur.

Mirrorsoft est aussi lié à Spectrum HoloByte, sa société sœur américaine. Ce lien va jouer un rôle crucial dans l’une des affaires les plus célèbres de l’histoire du jeu vidéo : Tetris. Mirrorsoft obtient des droits de publication pour les versions micro en Occident, tandis que les droits consoles et bornes vont devenir l’objet d’une bataille juridique et commerciale très confuse. L’histoire impliquera notamment Spectrum HoloByte, Atari Games, Nintendo, Robert Maxwell et les autorités soviétiques. Tetris dépasse alors largement le simple cadre d’un jeu de réflexion : il devient un dossier international.

Dans les années 80, Mirrorsoft développe aussi plusieurs labels. Le plus connu reste Image Works, lancé en 1988 pour publier des jeux plus orientés micro 16 bits, arcade, action et licences. Sous ce label sortent notamment Speedball, Xenon 2: Megablast, Cadaver, Bombuzal, Interphase, First Samurai, Mega Lo Mania ou encore des adaptations comme Back to the Future Part II, Predator 2 et Teenage Mutant Hero Turtles. Image Works devient presque une marque à part entière pour les joueurs Amiga et Atari ST.

Le lien avec les Bitmap Brothers est particulièrement important. Mirrorsoft, puis Image Works, publient plusieurs de leurs premiers grands jeux. Speedball, Xenon 2 ou Cadaver donnent au label une image très moderne, métallique, presque branchée. Avant la création de Renegade Software, les Bitmap Brothers trouvent chez Mirrorsoft une vitrine efficace pour imposer leur style.

Mirrorsoft possède aussi d’autres structures ou labels, comme Mirror Image pour certaines rééditions à prix réduit, ou Arena Entertainment, davantage utilisé aux États-Unis, notamment sur consoles Sega. L’ensemble donne une image d’éditeur assez tentaculaire, capable de publier du logiciel éducatif, du jeu micro haut de gamme, de la licence, de la réédition budget et du jeu console selon les marchés.

La société rachète également Personal Software Services, souvent abrégé PSS, un éditeur britannique spécialisé dans les jeux de stratégie et de guerre. Ce rachat renforce le catalogue de Mirrorsoft avec une branche plus sérieuse, plus tactique, loin des jeux d’action publiés sous Image Works. Là encore, Mirrorsoft fonctionne comme un groupe d’édition plus que comme un studio unique.

Ce modèle fonctionne tant que le groupe Maxwell tient debout. Mais tout s’effondre brutalement en novembre 1991, lorsque Robert Maxwell disparaît en mer au large des Canaries. Son corps est retrouvé peu après, et la mort du magnat révèle la fragilité de son empire. Les dettes, les montages financiers et les irrégularités autour des fonds de pension provoquent une crise majeure.

Mirrorsoft est directement touché. À la fin de l’année 1991, le groupe Maxwell est placé sous administration judiciaire. Pour Mirrorsoft, le choc est immédiat : les ventes sont bloquées, les opérations courantes passent sous contrôle des administrateurs, et plusieurs projets en cours se retrouvent brutalement menacés. Des titres comme First Samurai, Mega Lo Mania ou Teenage Mutant Hero Turtles: The Coin-Op sont encore dans l’actualité, mais l’entreprise n’a plus la stabilité nécessaire pour continuer.

La fermeture suit rapidement. La plupart des employés sont licenciés à la fin de 1991, tandis qu’une petite équipe reste encore quelque temps pour gérer la liquidation. Mirrorsoft ferme définitivement ses portes en 1992. Une partie de ses actifs sera ensuite récupérée par Acclaim Entertainment, tandis que certains labels ou catalogues connaîtront des vies plus dispersées.

L’histoire de Mirrorsoft est donc assez particulière. Ce n’est pas un studio de création avec une identité artistique unique, mais un éditeur très important dans la circulation des jeux sur micros européens. Son nom est associé à des titres majeurs, à des labels forts, à l’affaire Tetris, aux Bitmap Brothers, à Cinemaware, à PSS et à toute une partie de la culture Amiga / Atari ST de la fin des années 80.

Mirrorsoft aura finalement disparu moins à cause de ses jeux que de l’effondrement de l’empire auquel il appartenait. C’est ce qui rend sa trajectoire si brutale. La société publiait encore des titres visibles, possédait des labels solides et occupait une vraie place dans le paysage britannique, mais la chute de Maxwell a tout emporté. Un éditeur happé non par un mauvais jeu, mais par le naufrage d’un groupe de presse.

Dans la mémoire des joueurs, Mirrorsoft reste donc un nom un peu particulier : moins flamboyant qu’Ocean, moins identifié qu’U.S. Gold, mais présent derrière de nombreux jeux importants. Entre Defender of the Crown, Tetris, Speedball, Xenon 2, Cadaver, Mega Lo Mania et les labels Image Works ou PSS, la société a compté bien davantage que sa disparition rapide ne le laisse croire.

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