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THE EDGE

Logo de la société THE EDGE
INFORMATIONS
NationalitéAnglais
JEUX
1989
Snoopy & The PeanutsJeu Snoopy & The Peanuts
HISTOIRE

The Edge est un éditeur britannique actif surtout durant la seconde moitié des années 80 et le début des années 90. La société est liée à Tim Langdell, déjà présent auparavant avec Softek, et s’inscrit dans cette micro-édition anglaise très dense, faite de petites structures, de labels changeants, de licences récupérées et de jeux publiés sur un grand nombre de machines.

À l’époque, The Edge n’a pas l’aura d’un Ocean, d’un U.S. Gold ou d’un Domark. Son catalogue est plus réduit, plus irrégulier, mais il possède une certaine variété. On y trouve des adaptations de bandes dessinées ou de personnages connus, des conversions arcade, des jeux d’action et quelques titres plus difficiles à classer. La société vise essentiellement les micros populaires : ZX Spectrum, Commodore 64, Amstrad CPC, Atari ST et Amiga.

L’un des premiers titres visibles du catalogue est Garfield: Big Fat Hairy Deal, publié en 1987. Le jeu adapte le célèbre chat de Jim Davis, avec Garfield lancé à la recherche d’Arlene. Il sort sur plusieurs supports, dont Amiga, Atari ST, Commodore 64, Amstrad CPC et ZX Spectrum. Comme souvent avec les jeux sous licence de cette période, l’intérêt commercial vient d’abord du nom sur la boîte. Le joueur reconnaît Garfield, son univers, Odie, Jon, Arlene, et espère retrouver un peu de l’humour du comic strip dans un jeu de plates-formes et d’exploration.

The Edge poursuit cette veine avec Garfield: Winter’s Tail. Le jeu reprend le personnage dans une aventure plus saisonnière, avec plusieurs séquences et une approche assez typique des adaptations micro de la fin des années 80. Garfield n’est pas un héros naturel de jeu vidéo : son humour repose sur la paresse, les lasagnes et les sarcasmes, pas vraiment sur l’action. Toute la difficulté consiste donc à transformer un personnage statique et comique en protagoniste jouable.

Snoopy and Peanuts, sorti en 1989, suit une logique proche. Là encore, The Edge s’appuie sur une licence de bande dessinée très connue, cette fois autour de Snoopy, Charlie Brown et l’univers de Charles M. Schulz. Le jeu appartient à cette époque où les éditeurs cherchaient à adapter à peu près tout ce qui possédait une reconnaissance immédiate en kiosque, à la télévision ou en librairie. Le résultat peut sembler modeste, mais il raconte bien le fonctionnement du marché : une licence familière, une boîte attirante, puis un jeu chargé de traduire tant bien que mal cet univers sur micro.

The Edge publie aussi Darius+, adaptation micro du shoot’em up de Taito. Le signe “+” indique déjà une forme d’adaptation plutôt qu’une simple reproduction de la borne. Le jeu original était célèbre pour son écran très large, ses poissons mécaniques géants et sa progression à embranchements. Sur Amiga ou Atari ST, il faut forcément réduire cette démesure, mais le nom reste prestigieux. Darius+ montre l’autre facette de The Edge : non plus la bande dessinée, mais la conversion arcade japonaise, avec toute la difficulté de faire tenir une borne ambitieuse dans les limites des machines domestiques.

The Punisher s’inscrit dans le même goût pour les licences fortes. Le personnage Marvel, brutal, urbain, armé jusqu’aux dents, semble plus facilement adaptable en jeu d’action qu’un Garfield ou un Snoopy. Mais là encore, l’époque impose ses contraintes : peu de mémoire, peu de couleurs selon les supports, des animations limitées, et une nécessité de simplifier l’univers original pour le transformer en séquences jouables. The Edge exploite surtout la force du nom et l’imaginaire immédiat du justicier.

Le catalogue comprend aussi des titres moins célèbres comme Tonic Tile, Warlock, High Steel ou Fallen Angel selon les marchés et les attributions. Ces jeux n’ont pas laissé la même trace que les licences Garfield, Snoopy ou Darius, mais ils participent à l’image d’un éditeur opportuniste au sens classique du terme : publier ce qui peut exister commercialement dans les rayons micro, sans forcément construire une identité très cohérente autour d’un genre précis.

Warlock, notamment, appartient à cette production plus obscure, où le titre, l’illustration et l’ambiance comptent parfois autant que la notoriété réelle du jeu. Beaucoup de petits éditeurs britanniques fonctionnaient ainsi : quelques licences pour attirer le regard, quelques jeux d’action ou de réflexion pour remplir le catalogue, et une présence plus visible dans les pages de magazines que dans la mémoire longue des joueurs.

The Edge se distingue donc moins par une grande ligne artistique que par son positionnement dans la micro-édition britannique de son temps. La société navigue entre adaptations de comics, jeux d’arcade, titres originaux et productions commandées. Ce n’est pas un studio culte au sens d’un Bitmap Brothers ou d’un Sensible Software, mais plutôt un éditeur de catalogue, cherchant à placer des jeux sur un maximum de machines et à profiter de licences reconnaissables.

Le nom The Edge prendra plus tard une autre coloration, beaucoup moins liée aux jeux eux-mêmes qu’aux conflits de marque autour du mot “Edge”. Tim Langdell et Edge Games deviendront célèbres pour des litiges touchant l’utilisation de ce terme, notamment dans les années 2000. Cette histoire a fini par éclipser une partie du passé micro de la société, au point que le nom évoque parfois davantage les querelles juridiques que les jeux sortis dans les années 80.

Pour la période qui nous intéresse, The Edge reste pourtant une petite pièce du puzzle 8/16 bits britannique. Garfield: Big Fat Hairy Deal, Garfield: Winter’s Tail, Snoopy and Peanuts, Darius+, The Punisher, Tonic Tile ou Warlock composent un catalogue court, irrégulier, mais révélateur d’un marché où les licences circulaient vite et où chaque machine devait recevoir sa version.

The Edge n’a donc pas laissé l’empreinte d’un grand éditeur, mais son parcours est intéressant pour ce qu’il raconte : une micro-industrie britannique pleine de labels secondaires, de jeux sous licence, de conversions parfois ambitieuses et de noms que l’on croisait dans les magazines sans toujours les retenir. Une petite enseigne de bord de route dans le grand trafic des années 80, avec Garfield, Snoopy, Darius et le Punisher qui se retrouvent bizarrement dans la même vitrine.

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