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U.S. GOLD

Logo de la société U.S. GOLD
INFORMATIONS
Année de création1984
Année de fermeture1996
NationalitéAnglais
JEUX
1984
Bruce Lee
1985
Goonies, TheJeu Goonies, The
1988
Out RunJeu Out Run
1990
Murder
Gold of the Aztecs
1991
Out Run Europa
HISTOIRE

U.S. Gold était un distributeur britannique qui a jouer un rôle essentiel dans la circulation des jeux américains puis japonais sur les micros européens. À une époque où le marché est encore très morcelé entre Commodore 64, ZX Spectrum, Amstrad CPC, Atari ST et Amiga, U.S. Gold devient l’un des grands noms que l’on voit partout dans les magazines et dans les rayons.

L’histoire commence à Birmingham, autour de Geoff Brown et de sa femme Anne. Avant U.S. Gold, il y a CentreSoft, une société de distribution spécialisée dans les logiciels et les jeux importés. Geoff Brown comprend très vite qu’il existe une demande forte pour les productions américaines, souvent plus ambitieuses ou mieux présentées que beaucoup de titres britanniques du début des années 80. L’idée d’U.S. Gold est donc simple et efficace : acheter les droits de jeux venus des États-Unis et les publier au Royaume-Uni puis en Europe.

Le nom lui-même est un programme. “U.S.” pour l’origine américaine des jeux, “Gold” pour donner à l’ensemble une image de qualité, de prestige, presque de label premium. Dans les publicités, U.S. Gold ne se présente pas comme un petit éditeur de plus, mais comme une porte d’entrée vers le meilleur du jeu vidéo américain. Le pari fonctionne, notamment grâce à un titre qui va lancer la machine : Beach Head.

Développé par Access Software, Beach Head devient l’un des premiers grands succès d’U.S. Gold. Le jeu propose une succession de séquences d’action autour d’un débarquement militaire, avec une mise en scène très efficace pour l’époque. Sur Commodore 64, puis sur d’autres micros, il impressionne par son rythme et sa variété. U.S. Gold tient là exactement ce qu’il cherchait : un jeu américain fort, facile à promouvoir, capable de donner du poids à son nouveau label.

Le succès se poursuit avec Raid Over Moscow, toujours signé Access Software, puis avec Beach Head II. Raid Over Moscow profite même d’une polémique liée à son contexte de guerre froide, preuve que le jeu vidéo commence déjà à sortir du simple cadre du loisir pour toucher des sujets plus sensibles. Pour U.S. Gold, cette visibilité est précieuse. L’éditeur devient rapidement l’un des acteurs majeurs du marché britannique.

U.S. Gold publie ensuite de nombreux titres américains en Europe, notamment issus d’Access Software, Epyx, Datasoft, Synapse, Accolade, SSI ou MicroProse. Dans les ludothèques 8 bits, son logo se retrouve associé à des jeux comme Impossible Mission, Bruce Lee, Summer Games, Winter Games, World Games, Spy vs. Spy, Leaderboard, Gauntlet ou encore The Dam Busters. Le catalogue est vaste, parfois très fort, parfois plus opportuniste, mais il donne à U.S. Gold une présence énorme.

L’une des forces de l’éditeur est de comprendre très tôt l’importance du marketing. Les publicités U.S. Gold sont nombreuses, visibles, souvent pleine page, avec une vraie volonté d’occuper le terrain. Dans les magazines anglais, puis européens, le nom apparaît sans cesse. L’éditeur vend autant une promesse qu’un jeu : celle de ramener à la maison des titres venus d’ailleurs, souvent déjà réputés sur Commodore 64 ou Atari 8 bits.

Mais cette stratégie pose aussi un problème technique. Les jeux américains ne sont pas toujours pensés pour les machines les plus populaires en Europe, notamment le ZX Spectrum ou l’Amstrad CPC. U.S. Gold doit donc faire adapter ses jeux sur plusieurs supports, souvent dans des délais serrés. Pour cela, l’éditeur travaille avec de nombreux studios externes, comme Ocean, Probe, Tiertex, Creative Materials, Software Creations, Arc Developments ou d’autres équipes spécialisées dans les conversions.

C’est là que naît une partie de la réputation contrastée d’U.S. Gold. L’éditeur a publié des jeux importants, parfois excellents, mais aussi beaucoup de conversions inégales. Certaines adaptations sont solides et permettent réellement aux joueurs européens de découvrir des titres qu’ils n’auraient pas eus autrement. D’autres sont lourdes, lentes, mutilées ou trop ambitieuses pour les machines visées. Avec U.S. Gold, le logo sur la boîte pouvait annoncer un grand nom, mais pas toujours garantir un grand jeu.

La fin des années 80 marque un autre tournant avec l’accord signé avec Capcom. U.S. Gold récupère les droits d’adaptation micro de plusieurs bornes d’arcade japonaises et publie des conversions de titres comme Street Fighter, 1943: The Battle of Midway, Black Tiger, Tiger Road, Bionic Commando, Forgotten Worlds, Ghouls ’n Ghosts ou Strider. Sur le papier, c’est énorme. Capcom est l’un des rois de l’arcade, et U.S. Gold devient le relais européen de ses hits sur micros.

Dans les faits, ces conversions Capcom vont beaucoup diviser. Certaines sont honnêtes, d’autres franchement frustrantes. Bionic Commando garde une bonne réputation sur plusieurs supports, mais Strider ou Street Fighter montrent aussi les limites du système. Transformer une borne nerveuse, colorée et rapide en jeu compatible avec un Spectrum, un CPC, un C64, un Atari ST ou un Amiga n’a rien d’évident. Parfois, la jaquette vendait l’arcade ; la disquette livrait une version rabotée au couteau.

U.S. Gold utilise aussi plusieurs labels pour organiser son catalogue. On retrouve notamment GO!, lancé à la fin des années 80, mais aussi Kixx, dédié aux rééditions à petit prix. Ce dernier label sera très présent dans les rayons et permettra à de nombreux joueurs de découvrir d’anciens titres à moindre coût. Là encore, U.S. Gold montre son sens du commerce : exploiter les droits, rééditer les succès, occuper le marché le plus longtemps possible.

Au début des années 90, U.S. Gold reste très actif, mais le paysage change. Les micros 8 bits déclinent, l’Amiga et l’Atari ST vieillissent, les consoles prennent de plus en plus d’importance, et le PC devient un terrain majeur. L’éditeur continue de publier des titres variés, parfois sous licence, parfois issus de studios externes, mais son identité devient moins nette. Ce qui faisait sa force au milieu des années 80, l’importation et la conversion de titres américains ou arcade, devient moins distinctif dans un marché plus internationalisé.

La société s’inscrit aussi dans l’ensemble CentreGold, qui regroupe plusieurs activités autour de la distribution et de l’édition. En 1996, CentreGold est racheté par Eidos Interactive. Ce rachat entraîne la disparition progressive d’U.S. Gold comme label actif. Le nom, pourtant omniprésent pendant plus d’une décennie, s’efface alors assez vite du paysage.

L’héritage d’U.S. Gold est donc ambivalent, mais important. D’un côté, l’éditeur a permis à des joueurs européens de découvrir des jeux américains majeurs, puis des licences arcade japonaises très attendues. Sans lui, des titres comme Beach Head, Raid Over Moscow, Impossible Mission, Summer Games, Bruce Lee ou plusieurs conversions Capcom n’auraient pas eu la même visibilité en Europe. De l’autre, son nom reste aussi associé à cette époque des adaptations parfois trop rapides, où la licence comptait davantage que la finition.

U.S. Gold n’a pas été un éditeur d’auteur, ni un studio à l’identité créative forte. Il a surtout été un formidable passeur. Un passeur entre les États-Unis et l’Europe, entre l’arcade japonaise et les micros familiaux, entre les grands noms de la jaquette et les machines parfois incapables de suivre la promesse. C’est ce rôle qui rend son histoire intéressante. U.S. Gold n’a pas toujours livré de l’or, malgré son nom, mais il a incontestablement fait circuler une partie essentielle du jeu vidéo des années 80 et du début des années 90.

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