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VIRGIN GAMES

Logo de la société VIRGIN GAMES
INFORMATIONS
Année de création1986
NationalitéAnglais
JEUX
1990
Super Off Road
1992
Terminator
Sensible Soccer
Lure of the Temptress
Dune II : Battle for ArrakisJeu Dune II : Battle for Arrakis
DuneJeu Dune
1993
Hand of Fate
Cannon Fodder
1994
Lands of Lore - The Throne of Chaos
Heart of the Alien
Beneath a Steel Sky
1996
Resident Evil
Chevaliers de Baphomet, LesJeu Chevaliers de Baphomet, Les
1997
Lands of Lore II - Guardians of Destiny
Boucliers de Quetzalcoatl, LesJeu Boucliers de Quetzalcoatl, Les
Blade RunnerJeu Blade Runner
1998
Resident Evil 2
1999
Dino Crisis
HISTOIRE

Virgin Games est l’une des branches les plus intéressantes du groupe Virgin dans les années 80 et 90. Comme souvent avec Richard Branson, l’idée de départ consiste à occuper un secteur en pleine croissance avant que le marché ne soit totalement verrouillé. Après la musique, les magasins, la vidéo ou l’édition, le jeu vidéo devient naturellement un nouveau terrain à explorer.

La société est créée en 1983 sous le nom Virgin Games. À ses débuts, elle fonctionne beaucoup avec des développeurs externes et des productions destinées aux micros britanniques de l’époque : ZX Spectrum, Commodore 64, Amstrad CPC, puis plus tard Atari ST et Amiga. On y retrouve des titres comme Falcon Patrol, Sorcery, Dan Dare: Pilot of the Future ou encore des adaptations de jeux de société sous le label Leisure Genius, comme Monopoly, Scrabble ou Cluedo.

Dan Dare reste l’un des premiers jeux vraiment marquants de cette période. Tiré du célèbre héros de bande dessinée britannique, il montre déjà la volonté de Virgin Games d’exploiter des licences connues tout en restant ancré dans le marché micro anglais. Ce n’est pas encore le Virgin spectaculaire des années 90, mais on voit déjà se dessiner une stratégie : publier des jeux accessibles, identifiables, avec des noms capables de parler au public.

Un tournant important arrive en 1987 lorsque Virgin rachète Mastertronic, célèbre éditeur britannique de jeux à petit prix. L’opération donne naissance à Virgin Mastertronic en 1988. Ce rapprochement change l’échelle de la société. Mastertronic n’apporte pas seulement un catalogue et une expérience de distribution : il est aussi lié à Sega, dont il distribue la Master System au Royaume-Uni. Grâce à cette position, Virgin Mastertronic joue un rôle important dans l’implantation de Sega en Europe.

Cette période est particulière, car Virgin Mastertronic se retrouve à la fois dans le logiciel, l’édition, la distribution et le matériel. Pendant quelques années, la société accompagne la montée de Sega sur le marché européen, avant que Sega ne reprenne directement le contrôle de sa distribution au début des années 90. Virgin conserve alors une activité d’édition de jeux, qui reprend le nom Virgin Games, puis devient Virgin Interactive Entertainment en 1993.

Le début des années 90 marque l’âge d’or de Virgin dans le jeu vidéo. La société travaille avec de nombreux studios et devient un éditeur très visible sur micro, PC et consoles. Son nom apparaît sur des titres importants comme Dune II, développé par Westwood Studios, qui pose les bases du jeu de stratégie en temps réel moderne. Virgin rachète d’ailleurs Westwood en 1992, ce qui lui permet de s’appuyer sur l’un des studios américains les plus créatifs de la période.

Avec Westwood, Virgin publie aussi The Legend of Kyrandia, Lands of Lore, puis plus tard Command & Conquer. Ce lien avec Westwood est essentiel : il donne à Virgin Interactive une crédibilité forte sur PC, notamment dans l’aventure, le jeu de rôle et la stratégie. Là où Virgin Games était encore très britannique et micro dans les années 80, Virgin Interactive devient au milieu des années 90 un acteur international.

La société se distingue aussi par ses liens avec Hollywood et les grandes licences. Virgin Interactive publie ou développe plusieurs jeux Disney très marquants, comme Aladdin sur Mega Drive, The Lion King, The Jungle Book ou encore Global Gladiators. Ces jeux résument bien l’ambition de Virgin à cette époque : rapprocher le jeu vidéo de l’animation, du cinéma et du divertissement grand public.

Aladdin reste probablement l’un des meilleurs exemples de cette réussite. Grâce à l’implication de talents issus de l’animation et au travail de David Perry et de son équipe, le jeu impressionne par sa fluidité, ses couleurs et son respect de l’univers Disney. Sur Mega Drive, il devient l’un des titres les plus emblématiques de la console. Virgin montre alors qu’un jeu sous licence peut être autre chose qu’un produit vite fabriqué pour accompagner un film.

Virgin Interactive accompagne aussi l’émergence de Shiny Entertainment avec Earthworm Jim. Là encore, on retrouve cette volonté de miser sur une identité forte, très visuelle, presque cartoon. Le ver en combinaison spatiale, les animations délirantes, l’humour absurde et le rythme nerveux donnent au jeu une personnalité immédiate. Pour Virgin, c’est une nouvelle preuve qu’un éditeur peut marquer les joueurs en s’appuyant sur des studios très créatifs.

Le catalogue Virgin des années 90 devient alors très large. On y trouve de la stratégie avec Dune II et Command & Conquer, de l’aventure avec The 7th Guest, du jeu d’action sous licence avec RoboCop Versus The Terminator, du Disney, du jeu de plates-formes, du PC, de la Mega Drive, de la Super Nintendo et plus tard de la PlayStation. Cette diversité donne à Virgin Interactive une vraie présence dans les rayons, même si tous les jeux ne se valent pas.

Comme beaucoup d’éditeurs des années 90, Virgin Interactive grossit vite, se rapproche des grands groupes médias et subit les transformations du marché. La société passe notamment sous le contrôle de Blockbuster et Viacom, avant d’être rachetée par Titus Interactive en 1999. Ce rachat marque le début d’une période plus confuse. Le nom Virgin disparaît progressivement, remplacé par Avalon Interactive, tandis que les différentes branches sont revendues, fermées ou absorbées.

L’histoire de Virgin Games puis Virgin Interactive est donc celle d’une montée en puissance très rapide. D’abord éditeur britannique de jeux micro, puis distributeur majeur grâce à Mastertronic et Sega, la société devient dans les années 90 un acteur international capable de travailler avec Westwood, Disney, Shiny ou Trilobyte. Peu d’éditeurs européens auront réussi à couvrir autant de terrains en si peu de temps.

Virgin Games n’a pas toujours eu une identité aussi cohérente qu’un Ocean ou un Psygnosis. Son catalogue peut sembler très éclaté, parfois opportuniste, parfois brillant. Mais c’est justement ce qui le rend intéressant. Virgin a traversé plusieurs âges du jeu vidéo : les micros 8 bits, l’arrivée des 16 bits, la guerre Sega/Nintendo, l’explosion du PC, les licences cinéma, le CD-ROM et les débuts du multimédia.

De Dan Dare à Dune II, de Aladdin à Earthworm Jim, de The 7th Guest à Command & Conquer, Virgin Games raconte une époque où le jeu vidéo devenait une industrie de spectacle. La société n’a pas survécu comme grand nom indépendant, mais elle a accompagné certaines des mutations les plus importantes des années 80 et 90. Une trajectoire très Virgin, en somme : rapide, ambitieuse, parfois désordonnée, mais rarement ennuyeuse.

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