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André Bescond

Portrait de André Bescond
FICHE
PrénomAndré
NomBESCOND
NationalitéFrançais
LUDOGRAPHIE
1986
VroomCompositeurJeu Vroom
1990
Maupiti IslandCompositeurJeu Maupiti Island
Black SectCompositeurJeu Black Sect
1992
Vroom DatadiskCompositeur
1993
Vroom Multi-playerCompositeur
BIOGRAPHIE

André Bescond est un compositeur et pianiste français, surtout connu des joueurs pour son travail auprès de Lankhor. Son nom apparaît dans une période très particulière du jeu vidéo français, celle où de petites équipes parvenaient à donner une vraie personnalité sonore à des jeux pourtant limités par les machines, les formats et la mémoire disponible.

Chez Lankhor, André Bescond participe à plusieurs titres importants ou singuliers du catalogue. On l’associe notamment à Maupiti Island, Vroom, Outzone, G.Nius ou encore Black Sect. Ces jeux n’appartiennent pas tous au même genre, ce qui rend son parcours intéressant : aventure policière, course automobile, action ou ambiance plus sombre, il accompagne des univers très différents sans rester enfermé dans une seule couleur musicale.

Son travail sur Maupiti Island est sans doute celui qui marque le plus les joueurs d’aventure. Le jeu de Lankhor repose énormément sur son atmosphère : une île, une enquête, des personnages, des voix digitalisées, des silences, une tension douce mais constante. Dans ce cadre, la musique ne sert pas seulement à remplir l’espace. Elle participe à l’ambiance générale, à cette impression de polar insulaire, un peu étrange, un peu mélancolique, où chaque écran semble cacher quelque chose.

Avec Vroom, le registre change complètement. On passe de l’aventure lente et mystérieuse à la course automobile nerveuse. Le jeu de Daniel Macré devient l’un des grands succès de Lankhor, salué pour sa vitesse et ses sensations. Dans un titre de ce type, la musique doit accompagner l’énergie, donner du rythme, mais sans prendre toute la place. Elle devient un moteur discret, une rampe de lancement avant que le joueur ne se concentre sur la piste.

Outzone, G.Nius et Black Sect montrent d’autres facettes de cette collaboration avec Lankhor. Tous ces titres n’ont pas eu la même réception, et Black Sect reste même l’un des jeux les plus discutés du catalogue, souvent critiqué pour sa difficulté et son approche parfois rugueuse. Mais ils témoignent d’une époque où la musique devait s’adapter à des projets très variés, parfois ambitieux, parfois imparfaits, toujours contraints par une production encore artisanale.

André Bescond n’est pas devenu une figure médiatique du jeu vidéo comme certains compositeurs japonais ou britanniques de la même période. Son nom reste plus discret, attaché à quelques génériques, à quelques écrans de présentation, à quelques souvenirs sonores de joueurs Atari ST, Amiga ou PC. Mais cette discrétion correspond aussi à l’histoire du jeu vidéo français de l’époque, où beaucoup de créateurs travaillaient dans l’ombre des studios, sans toujours bénéficier d’une grande mise en avant.

Son intérêt tient donc à cette place modeste mais réelle dans l’identité de Lankhor. Les jeux du studio sont souvent évoqués pour leur synthèse vocale, leurs enquêtes, leurs graphismes ou leurs idées de gameplay, mais leur ambiance sonore fait aussi partie du souvenir. Dans Maupiti Island comme dans Vroom, la musique accompagne cette petite signature française : moins spectaculaire que l’arcade japonaise, moins démonstrative que certaines productions Amiga britanniques, mais capable de créer un climat.

André Bescond reste ainsi l’un de ces compositeurs que l’on cite moins souvent que les grands noms internationaux, mais dont le travail a accompagné des jeux très importants pour la micro-informatique française. Quelques notes, quelques thèmes, une présence discrète derrière Lankhor : assez pour laisser une trace chez ceux qui ont connu ces titres à l’époque, entre enquête à Maupiti, moteurs de Vroom et ombres plus rugueuses de Black Sect.

INTERVIEW
    • Bonjour André, tu es compositeur-musicien et on te connait dans le monde du jeux vidéo pour avoir fait les musiques du catalogue Lankhor. Comment es-tu arrivée dans le monde de l’informatique et à composer des musiques pour des jeux vidéo ?
    • J’ai toujours fait beaucoup de musique. J’ai bossé en informatique, sur des gros système à faire du Cobol. On était pote avec Jean-Luc, on avait fait de la musique ensemble. Lui était clavier.
    • Tu as composé les musiques de nombreux jeux de Lankhor dont G.Nius, Outzone, Troubadour, Rody et Mastico, quelles sont tes influences ?
    • Troubadour c’était un copain, Olivier, qui l’avait programmé. Je suis d’origine Bretonne et la musique Celtique a influencé le thème musical.
      Sinon mes influences était : classique, rock, jazz rock, jazz , musiques traditionelles. La guitare et le piano.
    • Comment s’est passé le processus créatif sur Maupiti Island ?
    • Je me souviens que Jean-Luc voulait faire jouer du piano dans le jeu. Il avait créé un sampler avec un séquenceur, un logiciel fait maison, c’était un peu ça la performance. On a créé les samples, Je crois que Jean luc avait samplé son piano droit, les autres sons venaient de l'EMU EMAX que j'avais à l'époque On composait directement sur un clavier maitre type LK 88 sans sons, qui envoyait du midi. On travaillait dans le logiciel de Jean-Luc pour séquencer les musiques.

      Au-delà du piano, la musique s'appuis sur la jungle, avec un côté très rythmique, avec des cris de singes, d'oiseaux, de percu brésiliennes ce qui permettait de d'essayer de palier à qualité moyenne des enceintes de l'ATARI.

      Maintenant si tu connectes ça sur des vrais enceintes, tu récupères les basses ...
    • Et pour la musique d’introduction aux notes très jazzy ?
    • A cette époque, je découvrais le jazz, Je faisais tout à l’oreille. Depuis j’ai pris des cours d’harmonie.
    • As-tu été limité dans tes compositions ?
    • C’étaient des disquettes 512 ko ou 1mo. Je ne me souviens pas avoir été limité. Une fois la place prise par la banque de sons, après le code midi ne prend pas beaucoup de place.
    • Le jeu aura mis deux ans de développement et pour les musiques ?
    • Oui cela a mis deux ans, mais quelques semaines pour les musiques, je ne me souviens plus exactement. A l’époque je travaillais à temps partiel, 3/5.
    • Pour les sons tu les samplais toi-même ?
    • Jean-Luc a samplé le piano, et moi le reste. J’avais samplé les percus, la contrebasse, des cuivres. La contrebasse sonnait pas mal à partir de l'EMAX.
    • Et les bruitages ?
    • Beaucoup d’ambiance jungle : oiseaux, bruit de singes…
    • Sur quelle machine et quel logiciel travaillais-tu ?
    • Sur Atari ST, ensuite tout était transposé sur Amiga et PC.
    • Maupiti est aussi connu pour proposer une synthèse vocale, as-tu participé à son processus créatif ?
    • Non pas sur la synthèse vocale.
    • Et concernant Vroom ?
    • Seulement la musique d’introduction. A l’écoute cela sonne faux. La 3ème note est fausse[rire].
    • Et pour Black Sect ?
    • J’ai dû faire la musique, mais en écoutant les transcriptions mp3 çà ne sonnent pas bien.
    • Est-ce qu’on t'interpelle en te parlant des musiques de Maupiiti ?
    • Ça arrive des messages, qu’on me parle de Maupiti.

      J'ai réécouté récemment la musique de Maupiti et j’ai trouvé cela pas mal.

      Ca un coté kitch, amusant. Il y a beaucoup de musique, 40 thème et 15 thème de piano. Jean-Luc avait créé quelques séquences piano.
    • Un projet sur les musiques de Maupiti ?
    • Peut-être en septembre je ferai une playlist des musiques sur mon compte youtube.
    • Possedes-tu des fichiers de musiques inédites ou document de cette époque ?
    • J’ai pas mal de fichiers de musiques : Manoir de Mortevielle. Maupiti, Black Sect en .ym, mp3 et midi. Je te les envois si besoin.
    • As-tu travaillé sur Sukiya, la suite annulée de Maupiti Island ?
    • Oui, j'avais fait un générique, malheureusement disparu !!
    • Que fais-tu maintenant ?
    • Je prépare un album piano et pas mal d'autres choses. à mon rythme.
      Sur le thème "musical Stories"
      Je fini la musique d'un documentaire. J'ai fait 2 courts métrages.
      Pour composer des parties piano, de manière instinctive, je joue des deux mains, en enregistrant dans cubase. Des fois, je ralentis pour réfléchir, je suis hors time. Je trouve un bon accord, ensuite je remets en rythme, et quand ca me plait, j’écris la partition dans sibélius, maintenant dorico. Et ça fait une compo.
VIDEOS
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