Andrew Braybrook est un programmeur britannique principalement associé à Graftgold et au Commodore 64. Son nom reste lié à plusieurs titres majeurs des années 80, notamment Paradroid et Uridium, deux jeux qui ont contribué à installer Graftgold parmi les studios les plus respectés de la scène micro britannique.
Avant le jeu vidéo professionnel, Braybrook travaille dans la programmation de logiciels de comptabilité chez GEC Marconi, en COBOL. Sur son temps libre, il code des jeux en BASIC sur ZX80, ZX81 et Dragon 32. Sa rencontre avec Steve Turner, avec qui il joue aussi de la basse dans un groupe de rock, va changer la suite de son parcours. Turner fonde la société qui deviendra Graftgold et invite Braybrook à le rejoindre en 1983.
Ses premiers travaux professionnels passent par le Dragon 32, mais c’est sur Commodore 64 qu’il va vraiment se faire connaître. En 1985, il signe Gribbly’s Day Out, publié par Hewson Consultants. Le jeu possède déjà une personnalité graphique forte, plus colorée et plus souple que beaucoup de productions de l’époque. Mais le grand tournant arrive la même année avec Paradroid.
Paradroid, sorti en 1985 sur Commodore 64, place le joueur dans un vaisseau envahi par des robots hostiles. L’idée principale est brillante : le joueur peut tenter de prendre le contrôle des autres robots en les piratant via un mini-jeu. Chaque robot possède ses propres caractéristiques, ce qui transforme l’action en jeu de stratégie légère, d’infiltration et de prise de risque.
Le jeu impressionne aussi par sa réalisation. Les graphismes en relief métallique, le scrolling, la lisibilité des salles et l’intelligence apparente des ennemis donnent à Paradroid une identité très forte. Le jeu devient l’un des classiques du Commodore 64 et reste souvent cité parmi les meilleurs titres de la machine.
En 1986, Braybrook confirme avec Uridium, toujours chez Graftgold et publié par Hewson. Le joueur pilote le Manta, un petit vaisseau lancé à grande vitesse au-dessus d’immenses cuirassés spatiaux. Le jeu se distingue par son scrolling horizontal très fluide, ses surfaces métalliques, sa vitesse et ses demi-tours spectaculaires.
Uridium est l’un des grands jeux d’action du Commodore 64. Son concept paraît simple, mais sa précision, sa nervosité et sa réalisation en font une démonstration technique. Là où beaucoup de shoot’em up se contentent d’un défilement classique, Uridium donne vraiment l’impression de raser la coque d’un gigantesque vaisseau, entre tirs, obstacles et changements de direction au ras du métal.
La même année, Braybrook développe aussi Alleykat, un jeu de course et de tir futuriste, puis reçoit le prix du meilleur programmeur de l’année aux Golden Joystick Awards. Cette reconnaissance confirme sa place parmi les grands noms de la programmation 8 bits britannique.
En 1987, il signe Morpheus, publié par Rainbird. Le jeu mélange shoot’em up, gestion d’énergie, amélioration de vaisseau et progression plus complexe que ses productions précédentes. L’accueil commercial sera moins fort que pour Paradroid ou Uridium, mais le titre montre l’envie de Braybrook de ne pas répéter indéfiniment la même formule.
À la fin des années 80, Graftgold quitte progressivement l’orbite de Hewson et travaille avec d’autres éditeurs, notamment Telecomsoft, Virgin, Ocean ou Renegade. Braybrook participe alors au passage vers les machines 16 bits. Il programme notamment les versions Amiga et Atari ST de Rainbow Islands, adaptation très appréciée de l’arcade Taito.
Il revient ensuite à ses propres classiques avec Paradroid 90 sur Amiga et Atari ST, puis Uridium 2 sur Amiga en 1993. Ces suites tentent d’adapter l’esprit des originaux à des machines plus puissantes, avec davantage de couleurs, de détails et d’ampleur, tout en conservant la précision qui faisait la force des versions Commodore 64.
Braybrook travaille aussi sur Fire and Ice, jeu de plates-formes développé par Graftgold et publié au début des années 90. Le titre, très coloré, plus accessible et plus cartoon que ses anciens jeux C64, montre une autre facette du studio, mieux adaptée à l’Amiga, à l’Atari ST et aux consoles.
Andrew Braybrook reste chez Graftgold jusqu’à la disparition du studio à la fin des années 90. Après cette période, il quitte le jeu vidéo commercial et poursuit sa carrière dans le développement logiciel. Son nom reste surtout attaché à une époque où un programmeur pouvait encore imprimer très fortement sa personnalité dans un jeu complet.
Avec Paradroid et Uridium, Andrew Braybrook a laissé deux références majeures du Commodore 64. Ses jeux se reconnaissent par leur précision, leur exigence technique et leur capacité à bâtir une vraie mécanique autour d’une idée simple mais forte.