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Jack Tramiel

Portrait de Jack Tramiel
FICHE
PrénomJack
NomTRAMIEL
NationalitéAmericain
LUDOGRAPHIE
BIOGRAPHIE

Jack Tramiel est l’une des grandes figures de la micro-informatique grand public. Fondateur de Commodore, puis patron d’Atari Corporation, il a profondément marqué les années 70 et 80 par une idée simple : rendre l’ordinateur accessible au plus grand nombre, quitte à mener une guerre des prix impitoyable.

Né en Pologne sous le nom Idek Tramielski, il survit à la Seconde Guerre mondiale et aux camps nazis avant d’émigrer aux États-Unis. Il s’engage dans l’armée américaine, apprend à réparer du matériel de bureau, puis se lance dans la réparation et la vente de machines à écrire. C’est de cette activité que naît Commodore, d’abord spécialisée dans les machines de bureau, puis dans les calculatrices électroniques.

La trajectoire de Commodore change lorsque la société rachète MOS Technology, fabricant du processeur 6502. Ce rachat donne à Commodore un avantage décisif : contrôler une partie essentielle de sa chaîne de production. Sous l’impulsion de Chuck Peddle, la société lance le PET, l’un des premiers micro-ordinateurs personnels importants, puis le VIC-20, machine plus familiale et moins chère.

Le grand coup arrive en 1982 avec le Commodore 64. Puissant pour son prix, doté d’un excellent processeur sonore SID et de bonnes capacités graphiques, il devient l’un des ordinateurs personnels les plus vendus au monde. Tramiel impose alors sa formule : produire en masse, contrôler les coûts, casser les prix et faire entrer l’informatique dans les foyers.

Sa phrase la plus célèbre résume cette stratégie : vendre des ordinateurs “pour les masses, pas pour les classes”. Derrière la formule, il y a une politique commerciale très agressive. Lorsque Texas Instruments attaque le marché des micros, Tramiel répond par une guerre des prix qui fait exploser les ventes, mais réduit aussi fortement les marges. Cette logique finit par inquiéter le conseil d’administration de Commodore.

Début 1984, après des tensions avec Irving Gould et le conseil d’administration, Jack Tramiel quitte Commodore. Son départ surprend l’industrie, car l’entreprise est alors au sommet de sa réussite commerciale. Il fonde rapidement Tramel Technology Ltd., avec l’idée de développer un nouvel ordinateur capable de concurrencer les machines japonaises et Commodore lui-même.

La même année, Warner Communications cherche à se débarrasser de la division grand public d’Atari, en grande difficulté après le krach du jeu vidéo américain. Tramiel rachète cette branche en juillet 1984. Atari Games, la partie arcade, reste séparée, tandis que la nouvelle société devient Atari Corporation.

Chez Atari, Tramiel applique immédiatement ses méthodes. Il réduit massivement les effectifs, coupe les projets jugés inutiles, baisse les coûts et installe ses fils à des postes importants. L’objectif est clair : transformer Atari en constructeur d’ordinateurs personnels compétitifs, capables de rivaliser avec Commodore, Apple et IBM sur le terrain du prix.

Cette stratégie donne naissance à l’Atari ST, lancé en 1985. La machine repose sur un processeur Motorola 68000, dispose d’une interface graphique GEM et se vend à un prix agressif. Elle devient rapidement une concurrente directe de l’Amiga de Commodore, surtout en Europe, où l’Atari ST rencontre un très bon accueil, notamment auprès des musiciens grâce à ses ports MIDI intégrés.

Le duel Atari ST contre Amiga prend alors une dimension presque personnelle. D’un côté, Commodore, l’ancienne société de Tramiel, qui a racheté Amiga. De l’autre, Atari, que Tramiel vient de reprendre pour revenir dans la bataille. Cette rivalité donnera l’une des grandes oppositions de la micro-informatique 16 bits.

Atari Corporation tentera ensuite de prolonger son activité avec l’Atari 7800, l’Atari Lynx, l’Atari Portfolio ou encore la Jaguar. Ces machines auront des fortunes diverses, mais aucune ne retrouvera l’impact commercial du Commodore 64 ou la place prise par l’Atari ST en Europe. Tramiel se retire progressivement des affaires dans les années 90, avant la fusion d’Atari avec JTS en 1996.

Jack Tramiel meurt en 2012. Son parcours reste celui d’un survivant devenu industriel, d’un homme d’affaires dur, souvent redouté, mais central dans la démocratisation de la micro-informatique. Avec Commodore, il a permis à des millions de foyers de découvrir l’ordinateur personnel. Avec Atari, il a relancé une marque en plein déclin et donné à l’Europe l’une de ses machines 16 bits les plus populaires : L'Atari ST.

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